Sim., ix, 18, 1-4. — 2. San., ix
HUITIEME Kl NEUVIÈME PAKAIîOLES DU PASTEUH. 93
•Ie montagne, dénudée : hypocrites et docteurs du mal. Nul fruit de vérité. Quelque espoir de pénitence, à condition qu'ils se hâtent.
3e montagne, couverte de ronces et d'épines : riches, hommes emharrassés dans les affaires du siècle. Salut très compromis. Pourtant, qu'ils se hâtent, et ils se sauveront.
ie montagne, couverte d'herbes plus ou moins desséchées : lâches et faux chrétiens, qui ont le nom du Seigneur sur les lèvres, non dans le cœur. Xi vivants ni morts, à la merci de la première persécution, ils peuvent pourtant vivre s'ils se convertissent promptement.
5'' montagne, verdoyante, à pentes raides : croyants entêtés et pleins d'amour-propre, voulant tout savoir et ne sachant rien. Leur amour-propre a éloigné d'eux l'intelligence des choses divines. Beaucoup sont perdus. D'autres se sauveront en s'humiliant.
6e montagne, ravinée, couverte d'une maigre végétation : rancuniers et médisants. Ce sont des fautes parfois légères et guérissantes ; parfois graves et laissant peu d'espoir pour le salut.
7e montagne, verdoyante et riante, couverte de troupeaux, peuplée d'oiseaux : cœurs simples et sans malice. Comblés des bénédictions divines.
8e montagne, sources nombreuses : apôtres et maîtres de la parole. Enseignent la parole du Seigneur en toute sainteté; seront réunis aux anges.
9e montagne, déserte, peuplée seulement de reptiles et d'animaux féroces : diacres prévaricateurs ; apostats endurcis ; perfides et méchantes langues. Leur foi demeure stérile. Pourtant, il reste une lueur d'espoir : qu'ils en profitent.
10e montagne, couverte d'ombrages, sous lesquels paissent des brebis : évèques et hospitaliers. Objet des prédilections divines, déjà leur place est avec les anges.
11e montagne, couverte d'arbres chargés de divers fruits : confesseurs, qui ont souffert volontiers pour le nom de Dieu et livré leurs âmes. Les fruits sont d'autant plus beaux que la confession a été plus généreuse. Purifiés de leurs fautes.
12e montagne, blanche : âmes simples qui ont toujours
ignoré le mal, comme des enfants. Ceux-là seront les plus grands de tous.
Ces nouveaux développements sur la tour, expressément rattachés parle Pasteur à ceux de la IIIe vision1, présentent avec eux une réelle correspondance d'ensemble, et quelques divergences de détail.
Ici encore, la tour représente l'Église 2. Nul n'y entre qu'en recevant le nom du Fils de Dieu, c'est-à-dire parle baptême". Mais nous ne voyons plus que la tour soit bâtie sur les eaux. On nous dit seulement qu'elle a pour fondement le Fils de Dieu4. À la fois maître, fondement, porte de cette tour, le Fils de Dieu règle et contient tout. Le symbolisme des pierres est ici beaucoup plus varié. Les unes sortent de l'abime 5, et ce ne sont plus, comme dans la IIIe vision, les martyrs : ce sont les justes de l'ancienne Loi6, évangélisés après leur mort par les apôtres et les docteurs de la Loi nouvelle, et passés par l'eau baptismale pour entrer dans le royaume de Dieu : car nul ne saurait y entrer sans avoir reçu, avec le sceau baptismal, le nom du Fils de Dieu. Les autres pierres sont empruntées aux flancs des douze montagnes. On ne voit pas qu'aucune montagne soit exceptée : à toutes on demande des matériaux pour la construction 7 ; mais parmi ces pierres diverses de forme, de couleur, de dureté, plusieurs, malgré une taille énergique, n'entreront dans la construction que pour en être bientôt rejetées8. Le symbolisme des pierres de con-