‹ L'édit de CallisteChapitre 9 sur 252 · FONDEMENTS DE LA DOCTRINE DANS L EVANGILE · texte numérisé non relu

FONDEMENTS DE LA DOCTRINE DANS L EVANGILE

A qui veut bien lire les Évangiles comme des documents historiques dignes de foi, rédigés pour l'instruction des fidèles par des témoins de la vie du Christ, ou du moins, sous les yeux de ces témoins eux-mêmes, par des hommes sincères qui les avaient vus et entendus, la doctrine de la rémission des péchés apparaît divinement révélée. Elle ressort principalement de trois textes évangéliques, deux de saint Matthieu et un de saint Jean, c'est-à-dire précisément des deux évangélistes qui furent au nombre des apôtres du Seigneur; saint Matthieu nous montre l'institution pénitentielle annoncée par une première parole du Christ à saint

Pierre, puis par une seconde parole au collège apostolique; saint Jean nous la montre consommée par une parole du Christ aux siens après sa résurrection.

Nous sommes à Césarée de Philippe, où la renommée des miracles de Jésus l'a précédé. Lui-même s'enquiert, auprès des disciples, des divers courants d'opinion touchant sa personne1. « Que dit-on du Fils de l'homme? » — Les disciples répondent : « Les uns disent que c'est Jean-Baptiste, d'autres Élie, d'autres Jérémie ou quelqu'un des prophètes. — Et vous, que dites- vous de moi? — Pierre, prenant la parole, dit : Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant. — Jésus répond : Bienheureux es-tu, Simon, fils de Jean; car ce n'est pas la chair ni le sang qui te Fa révélé, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux; ce que tu lieras sur terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur terre sera délié dans les cieux. »

Tel est notre premier document.

Et voici le second2. A quelque temps de là, Jésus s'entretient avec ses disciples du mystère du salut et des desseins miséricordieux de la divine Providence à l'égard de tous les pécheurs. « Supposez, dit-il, qu'un homme ait cent brebis et que l'une d'entre elles vienne à se perdre ; ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de celle qui s'est perdue? Et s'il réussit à la retrouver, en vérité, je vous le dis, il se réjouit pour cette brebis plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf autres qui n'étaient pas perdues. Ainsi n'est-ce pas la volonté de votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits périsse. » On vient d'entendre le principe général; le Seigneur en va poursuivre l'application : « Si votre frère pèche contre vous, allez, reprenez-le entre vous et lui seul. S'il vous écoute, vous avez gagné votre frère. S'il ne vous écoute pas, prenez avec vous un ou deux autres, afin que toute cause se décide sur la parole de deux ou trois témoins. S'il ne les

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