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L'édition de plain-chant de Ratisbonne

La première édition de cette étude, rapidement enlevée, portait en sous-titre : Lettre a M. l'aube Donnblly. Je dirai pourquoi.

Dans le numéro de février 1879 de la Lijra Ecclesiastica de Dublin, M. Donnclly, rédacteur en chef de cette Revue, après avoir publié le décret du Synode de Maynootli qui adoptait pour le chant liturgique des églises d'Irlande les livres choraux édités récemment à Ratisbonnc, recommandait lui-même ces livres à ses lecteurs.

Il s'appuyait sur quelques pièces émanant de Rome, placées en tète de ces ouvrages. L'une d'elles dit qu'ils reproduisent le chant grégorien toujours conservé par l'Eglise romaine : Confine/ cantum Gregoriànum queni semper Ecclesia Romana retinuit (14 avril 1871). Un décret du 20 janvier de la même année, inséré également dans le Graduel, avait déjà affirmé que ce livre représentait le chant original de saint Grégoire, genuinum cantum Gre~ gorianum.

Le Synode do Maynooth dit à son tour : « Ili nempe libri •i S"10 Dno Pio IX plurhnum eommendantur c<> quod in eis ad normam vetcrum manusi riplorumEcclesia' Romanae, verus et genuinus canins Gregoriarnis tradatur. »

Une telle affirmation émanant d'une si haute autorité et formulée d'une manière si catégorique pouvait naturellement être acceptée sans examen par beaucoup de personnes. C'est pourquoi j'offris h M. l'abbé Donnelly, par l'intermédiaire d'un de ses amis, un article destiné à éclairer une si grave question. Il le refusa sans vouloir le lire. Le lecteur appréciera ce procédé.

Je crus alors devoir dans l'intérêt de la vérité rendre publiques mes observations, et je les consignai dans une brochure qui porta justement pour litre : Lettre a M. l'abbé Donnelly.

Le rédacteur de la Lijra Ecclesiastica a fait, dans son numéro du 1" août 1879, une réponse qu'il est inutile de reproduire puisqu'elle ne discute aucun des points Iraités dans mon travail.

M. Donnelly s'étonne à plusieurs reprises que cette Lettre lui ait été adressée. La raison en est cependant bien simple. En recommandant par un article les livres de Ratisbonne, il a cité des documents qui contiennent une thèse fort contestable. Je lui présente un examen de ces propositions ; il le refuse. Je le public, et M. Donnelly est surpris de voir cette publication mise à son adresse!...

Un seul passage de sa réponse semble aborder la question ; le voici :

« Une élégante petite brochure.... nous est arrivée,

venant nous ne savons d'où et nous a Tort surpris. Elle est écrite dans un esprit hostile à l'édition ot'fieiclle du Graduel romain, et les arguments qu'on y trouve font preuve de grandes recherches et d'une grande connaissance du sujet. Dans tout cela il n'y a rien d'étonnant, puisque l'usage de (elle édition n'est pas rendu obligatoire mais seulement fortement recommandé par le Saint-Siège (enixo opère commendamus), il est permis à tous, dans l'intérêt de la science, de le critiquer et de le comparer (salua auctoritate) avec d'autres éditions qui prétendent renfermer la véritable interprétation des anciens manuscrits et de la tradition. Quoique les arguments qu'on fait valoir soient très plausibles, et qu'un certain nombre soient assez forls, ils ne sont pas irréfutables1, el beaucoup d'entre eux ont déjà trouvé une réponse dans 1' « Offener Brief » de M. Ilaberl2. D'ailleurs ils ne sont pas tout a fait nouveaux". »

Cela dit, pour toute réponse à nos arguments. M. Donnelly se croit autorisé à réimprimer le décret de Maynooth en laveur de l'édition de Ratisbonne, toujours avec son fondement inexact, et pense être sorti victorieusement du déliât; car ce n'est certes pas lui qui a affirmé cette thèse, il s'est borné à reproduire des documents qui la contiennent!...

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