‹ L'édition de plain-chant de RatisbonneChapitre 2 sur 20 · Lesquels · texte numérisé non relu

Lesquels

2. Lesquels, s'il vous plaît? Non- serions heureux de les connaître.

3. Lors même qu'ils nu seraient pas tout 'i fait nouveaux, seraienl-ils pour cela moins fondés .'

Nous reconnaissons volontiers", avec M. Donnelly, que cette édition est recommandée par Rome; mais cette recommandation, comme M. Donnelly devra lui-même l'avouer, repose sur un faux exposé. Et voilà pourquoi nous ne nous croyons eu aucune façon obligé de répondre au désir exprimé dans les décrets de la Sacrée Congrégation. Nous garderons les éditions que nous possédions déjà, d'autant mieux qu'elles sont infiniment préférables à celle de Ratisbonne.

Laissons donc pour le moment en paix M. l'abbé Donnelly, et adressons-nous à tous ceux qu'intéresse la cause sainte du chant liturgique1.

1. Peu «le temps ;i près la première édition de pelle Étude, .1 paru une brochure intitulée : Que faut-il penser des nouveaux livres de chant liturgique (l<- Ratisbonne ? — Réponse u cette question par l'abbé Th. N., curé d'A.-J., in-S°, Rennes, imprimerie H. Vatar, 18711.

Les lecteur* auront deviné sous ces initiales un des plus ardents et des plu^ érudits défenseurs du chant sacré. La forme vive de sa polémique ne les empêchera pas, nous en sommes sur, de rendre hommage à la solidité de son argumentation. L'ouvrage de M. Th. N., qui nous l'ail l'honneur de nous citer, réparait aussi aujourd'hui augmente du double, ce qui prouve combien des livres trop vantes prêtent le liane à la critique.

Parmi les diverses éditions de chant romain publiées dans ces dernières années, il n'en est certainement aucune qui ait été entourée d'aussi nombreuses et d'aussi persistantes recommandations que celle de M. Pustet, de Ratisbonne.

Les autres éditeurs avaient simplement soumis leurs livres an Saint-Siège, qui. en déeernant des éloges, encourageait tous les travaux dès lors que l'on y retrouvait le (haut usité dans l'Eglise.

Pour l'édition de .M. Pustet, les choses ne se sont pa passées ainsi. Depuis moins de dix ans, onze brefs, ou décrète de la Sacrée Congrégation des Rite- lui ont été accordés. appuyant, louant, recommandant les volumes sortis successivement des presses de cet éditeur. Les revues, les journaux, les prospectus ont annoncé à l'envi l'événemeni qui venait fie se produire dans le monde catholique.

Une découverte merveilleuse avait été faite; le chant de saint Grégoire, le vrai cette fois, était retrouvé; une édition originaire de Rome, provenant par conséquent de la source la plus pure du chant ecclésiastique, était réimprimée à Ratisbonne; édition «authentique, officielle, laite d'après les manuscrits les plus anciens, revisée par une Commission de savants musiciens sous la direction de la Sacrée Congrégation des Rite- » et offerte à l'adhésion et à l'adoption de l'univers.

Ces affirmations ont été admises par plusieurs sans contrôle.

Toutefois, l'éditeur ayant cru pouvoir couvrir sa propriété par de telles déclarations, les esprits impartiaux et indépendants qu'anime l'intérêt plus élevé de la vérité et le maintien d'une tradition tant de fois séculaire ont de leur côté le droit d'apprécier la valeur de l'œuvre proposée.

Est-ce à dire qu'en taisant cet examen on s'attaque à l'autorité ecclésiastique et que l'on cherche à diminuer le respect qui lui est dû? Non évidemment. Elle reste entièrement en dehors de ces discussions, et tout homme de bonne foi peut aisément le comprendre.

Le plain-chant est une partie de la liturgie, et, à ce titre, soumis aux décisions de la Sacrée Congrégation des Rites. Si donc la plus haute autorité liturgique nous prescrivait une édition de plain-chant (ce qu'elle ne fera certainement jamais pour celle-ci), nous devrions nous soumettre à sa dérision, et l'auteur de cette Étude s'y rangerait avec un dévouement filial.

Mais la situation est bien autre. Quand il est dit que les livres de Ratisbonne « contiennent le chant même de saint Grégoire toujours conservé par l'Eglise romaine », c'est une question purement scientifique qui se présente à nous; question défait, sujette à discussion, et sur laquelle on peut exprimer un avis différent, sans porter le moins du monde atteinte à l'autorité.

Je parlerai successivement du Graduel et du Vespéral qui sont les deux principaux des livres de chant publiés à Ratisbonne.

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