‹ L'édition de plain-chant de RatisbonneChapitre 19 sur 20 · DO · texte numérisé non relu

DO

« Nous n'examinerons pas, dis-je, ces deux questions (pourtant, il parait plus qu'important de les examiner, puisque l'édition Pustet est approuvée comme renfermant verum et genuinum cantum Gregorianum, et qu'elle diffère de toutes les autres!...) Quand nous avons adopté le « bréviaire romain, nous n'avons pas discuté sur ce que « pouvait offrir de remarquable le bréviaire gallican, « quant à la disposition et au choix des prières, des « hymnes, des leçons, etc. Il nous a suffi de savoir qu'en « adoptant le bréviaire romain, nous suivions les désirs du « Souverain Pontife et nous nous attachions plus étroitea ment, par cette unité de prières, à la Ste Eglise Romaine, « notre mère {Catalogue, 1879, p. 16). »

Permettez, Monsieur l'éditeur, votre correspondant supposé renverse tout à fait les termes de la question.

Il ne s'agit pas de savoir ce que feraient de vrais catholiques, si le S. Père déclarait qu'il faut adopter l'édition de Ratisbonne : nous l'avons déjà dit.

Mais qu'aurait fait à son tour votre casuiste, si les choses s'étaient passées, pour le bréviaire, comme il veut qu'elles se passent pour votre chant?

Rome, en pressant les évèques de reprendre la liturgie romaine qui est celle de l'antiquité et de laquelle s'étaient complètement écartés les livres dits gallicans, avait toute raison. Elle nous ramenait aux sources de la liturgie.

Supposez la situation retournée.

Une édition nouvelle du bréviaire et du missel de Paris, composés en 1756, est publiée : un bref du Souverain Pon-

concossions dictées ici à M. Pustet, et qu'il accepte si innocemment. En se taisant écrire ces paroles, M. Pustet ne sVst pas même aperçu que dans la brochure d'où elles sont tirées, elles se rapportent à l'édition de Reims et Cambrai, et nullement à celle de Ratisbonne, comme on devrait le croire d'après son Catalogue.

tife déclare que c'est là l'ancien, le vrai romain, verum et genuinum Romanuml... Tous ceux qui savent un peu d'histoire s'en étonnent. Quelques uns osent réclamer. Ils démontrent que le texte proposé a été arrangé par le P. Vigier, les préfaces composées par Mésenguy, les hymnes par Coffin, etc., que tout cela est récent de forme et s'écarte du texte ancien, dont les types existent heureusement encore partout.

Alors onze décrets successifs viennent appuyer la première déclaration, et l'éditeur nous invite à courber la tête, sans plus articuler un mot!...

Voyons, de bonne foi, pareil procédé serait-il acceptable?

Eh bien, c'est le vôtre.

Voilà pourquoi nous nous croyons en droit de vous combattre, comptant encore sur la justice de notre cause et la sagesse traditionnelle du Siège Apostolique.

Non, cette édition ne sera pas plus longtemps proclamée le type du chant grégorien. Nous ne pouvons pas croire que Rome, gardienne des antiques traditions, veuille ensevelir dans les livres de Ratisbonne l'œuvre de S. Grégoire, quand elle a en main tous les éléments nécessaires pour la conserver.

Elle en appellera à de nouvelles recherches, à de nouvelles confrontations, à une édition, en un mot, faite, non plus par des musiciens seulement, mais par des hommes spéciaux qui sachent l'histoire, la théorie et la pratique du plain-chant.

Alors Ratisbonne aura vécu, et S. Grégoire revivra!

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