DE L'INSTRUCTION DES PETITES FILLES
L'on pourra recevoir au monastère des petites filles pour les instruire en la crainte de Dieu durant plusieurs années, et non pour un an seulement, parce que cela ne suffit pas pour les former dans les bonnes mœurs, selon les règles du christianisme.
On n'en prendra point que de celles que leurs parents auront intention qu'on instruise de la sorte, et qu'ils offriront à Dieu dans l'indifférence pour être religieuses, ou du monde, selon qu'il plaira à Dieu d'en disposer.
Les petites filles seront dans un département séparé des religieuses, avec une maîtresse pour les instruire en la vertu, à laquelle on donnera des aides pour leur apprendre à lire, à écrire, à travailler en linge et à d'autres ouvrages utiles, et non de ceux qui ne servent qu'à la vanité.
Elles porteront le petit habit, à quoi néanmoins on ne les obligera pas d'abord si elles y ont de la répugnance, attendant que l'accoutumance et la vue de leurs compagnes leur fasse désirer; que, si quelqu'une demeure arrêtée à ne le vouloir point, on la fera habiller à la façon du monde, mais non pas de soie et sans aucun passement, afin que les autres ne lui portent pas envie.
de celui qui écrit confirme et achève l'éloquence. J'ai du citer tout ce morceau, autrefois célèbre. 11 est classique dans l'histoire d'Arnauld exilé. » (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. V, p. 300.)
1. « Les Constitutions du monastère de Port-Royal du Saint- Sacrement, qui sont le fruit des instructions de M. de Saint-Cyran, furent écrites par la mère Agnès (lors de la fondation de l'Institut du Saint-Sacrement, en 1647), après avoir été longtemps pratiquées. Elles ont été imprimées pour la première fois en 1666. (Mémoires de Lancelot, t. I, p. 423.)