PRÉFACE
Je connais la conscienc dCun honnête homme, a écrit un philosophe, et favoue que c'est quelque chose d'horrible. Quiconque a tant soit peu vécu et s'est regardé vivre souscrira sans peine à cette pensée. Il n'est pas un saint qui ne l'eût laite sienne, et qui, sous une lorme ou sous une autre, ne l'ait exprimée. On peut même soutenir sans paradoxe que les exigences de la conscience d'un honnête homme, ou d'un chrétien augmentent avec la sainteté de sa vie. Et la raison en est fort simple. Entre l'idéal de vie auquel tend un saint de toute l'ardeur de sa foi et de sa charité, et la réalité qu'il essaye de mouler sur cet idéal, il se glisse parfois tant d'incohérences, d'ignorance, d'égoïsme, de petitesses, de vilenies, d'hypocrisie, de faiblesse, de découragement, que c'est à en pleurer. La conscience du saint est comme le microscope à l'aide duquel il aperçoit, grouillant
L'éducation de la Conscience. i