DU VOULOIR DANS L'ÉDUCATION
Nous avons jusqu'ici envisagé le problème de réducatioii de la conscience au point de vue intellectuel. De ce point de vue, nous avons constaté les ressources et les insuffisances de la science morale. Sans doute, le jeune homme qui a à cœur de devenir un homme de conscience, doit se rendre compte de la nature de ses obligations, et de leur valeur respective. Au surplus, il est nécessaire qu'il comprenne l'importance de l'adaptation de la loi morale générale à son tempérament particulier. L'analj^se de ce tempérament et de tous ses éléments psychologiques constitutifs, s'impose même à lui. Connaître, d'une pai^t, les exigences objectives de la loi, et, d'autre part, ses propres
exigences subjectives, ce sont là les deux aspect de la science morale dans l'organisation de la conscience. Nous avons déjà parlé du premier de ces aspects, en montrant ce qu'est la loi morale, et quel est son rôle dans l'éducation objective de la conscience morale. Sous peu, nous essaierons de mettre en lumière le second, eu traitant de 1 éducation subjective de la conscience.
Mais, ainsi que je lai fait remarquer à la fin du chapitre précédent, la science morale est impuissante à résoudre toute seule le problème de 1 éducation. Fût-on le mieux renseigné des philosophes en ce qui concerne les exigences de la loi morale, et le plus pénétrant des psychologues sur le chapitre de la connaissance de « soi-même », moralement parlant, on ne serait pas très avancé, si, à cette science morale complète, ne venait s'ajouter l'ar/mora/ lui-même, j'entends l'art qui consiste, par Tintermédiaire d'une volonté droite, et d'une sensibilité organisée en conséquence, à établir l'harmonie entre la loi et 1 individu, le droit et le fait. C est de cet art moral qu'il me reste à parler (i).