‹ L'Education de la conscienceChapitre 38 sur 43 · Dubois P.: L Education de i<oi-mênie. P. 66; 2""^ édit · texte numérisé non relu

Dubois P.: L Education de i<oi-mênie. P. 66; 2""^ édit

Le inilieu social comine cause des maladies tnorales.

Au point de vue social, nous nous heurtons aujourd'hui à deux causes principales de désorganisation lente et progressive des conscience: V anarchie des doctrines, et la licence des mœurs.

Le temps n'est plus, en effet, où toute science se soumettait à 1 Eglise, où la réyétation était tenue pour plus sûre que Tévidence, où les incrédiûes passaient pour les criminels de la pensée, où l'Etat lui-même, par ses rigueurs contre eux, maintenait intacts les dogmes, et attestait la nécessité de l'orthodoxie.

« Uancienne unité des esprits s'est rom- » pue en une anarchie de doctrines. Et si » l'anarchie n'excluait pas toute définition » commune à ses éléments divers, on pour- >: rait dire que le caractère essentiel de la » pensée moderne est la révolte de l'intel- » ligence contre le divin. Non seulement le ^> christianisme est nié, mais toute hypothèse >; d'un être suprême, fût-il « le grand archi-

» tecte de rimivers. » Et c'est au nom de la » science que d'autres conceptions de l'hom- » me, de la destinée, du devoir, du bonheur » se succèdent. Les institutions des peuples y.' modernes sont nées de la discorde entre » les intelligences, l'ont reconnue légitime » sous le nom de libertés, et par ces libertés » les perpétuent. Il n'y a plus un seul pou- » voir à qui une confiance universelle s'en » remette pour établir, pai' son opinion, le » vrai sur quoi que ce soit. Idées philoso- » phiques, sociales, littéraires, tout reste livré » à l'examen d'un chacun. Et il n'est pas » une de ces plaideuses qui n'obtieune lau- » dicnce du monde. Le théâtre leur donne sa >/ sonorité, les arts leur font écho, la presse » leur assure les débats de chaque jour, et » les introduit jusqu'au foyer. Entre cette » multitude de systèmes qui s'accusent les » uns les autres d'erreur et tous somment, » au nom de la vérité certaine, la raison hu- » maine d accepter leurs hypothèses contra- » dictoires, la raison de chacun est obligée » de se faire un avis elle-même (1). »

1. Lamy E.: La femme de demain. Paris, Perrin et C'^; 1906, e'"'^ édit.

En ce qui concerne particulièrement la morale, nous avons assisté, depuis vingt ans environ, à réclosion journalière d'un nouveau système explicatif des faits de conscience. La plupart de ces systèmes « mort-nés » s'accordent à démolir le fondement de la morale traditionnelle; mais Vœuvred' édification les trouve tous impuissants. Le seul résultat tangible, et éminemment déplorable, auquel ils aient abouti, peut se cai'actérlser d'un mot: le bouleversement des consciences. On ne vit pas impunément dans une atmosphère saturée de scepticisme; les consciences les mieux organisées, à moins dune réaction vigoureuse et incessante, s'3' exaspèrent ou s'y blasent, deviennent laxes ou scrupuleuses. Celles-ci, en désespoir de cause, et pour échapper au doute lancinant qui les pénètre de toutes parts, se rejettent avec une sorte d âpre té sur leui's convictions les plus chères, croient avec fièvre, et multiplient non pas précisément leurs raisons de croire, mais leurs croyances elles-mêmes, sans discernement, comme si l'étendue de leur foi devait en garantir la profondem\ Le plus grand nombre ne réagit pas contre lëpidémie du doute. Ainsi quun poison violent, mais

dont on nabsorberait chaque jour qu'une petite dose, celui-ci s'infiltre inconsciemment dans leur conscience, et en dissout goutte à goutte les énergies latentes, jusqu'au jour où, la dissolution accomplie, la conscience fait décidément place à l'inconscience, ou la sérénité dame à une inquiétude mortelle.

Plus que tous les autres, les jeunes gens de cette génération, à raison même de leur jeunesse, sont exposés à ce double danger. Et cela se comprend de reste. Nous avons sans doute observé que la science morale ne garantit la conduite qu'autant qu'elle cesse d'être purement cérébrale pour devenir ex- {>érimentale, et, en descendant du cerveau dans le cœur, capte à son profit toutes les forces psychiques individuelles. Cependant il n'en demeure pas moins que l'idée par ellemême incline à l'acte correspondant, aussi longtemps qu'un ol^stacle n'intervient pas. D'où la nécessité pour un jeune homme consciencieux d'entretenir en soi des idées conformes aux actes qu'il veut produire. Mais si, au lieu d'entretenir ces idées, il se laisse influencer par le doute; si, faute de réflexion, où d'une reaction soutenue, il abandonne son idéal moral à l'action dégradante du scepti-

cisme ambiant, sa conscience en subira immédiatement les conséquences. Car la conscience n'est autre que r idéal moral organisé d'une façon vivante par les individus qui le servent. Ajoutons à cela que l'obstacle à la réalisation de l'idée existe pour ainsi dire chez le jeune homme à 1 état permanent, s'il est vrai que la faiblesse de son vouloir s'augmente de la spontanéité et de la violence de ses passions, et nous comprendrons sans peine que l'anarchie doctrinale soit à l'heure présente une des causes principales de la dissolution des consciences individuelles.

La licence des mœurs n'est pas moins funeste. A coup sûr les mœurs d un peuple sont le reflet des docti'uies qu'on lui prêche; mais plus encore que les doctrines, elles pèsent efficacement sur l'organisation des consciences, ou leur désorganisation. Or, qui oserait soutenir que, de nos jours, les mœurs ne se sont point relâchées, et qu'il ne s'est pas accompli, au point de vue de la conduite, une révolution analogue à celle que nous avons constatée dans la pensée? Le fait est que rancienne organisation morale de la société est en train de disparaître en même temps que l'unité doctrinale. Daus certains

pays, la notion de justice s'est profondément altérée, à ce point que le vol, à la seule condition d'être légal, n'est plus réputé une injustice. La tj'^rannie des consciences s'y déploie activement au nom même de la liberté. Les personnes les plus libérées de certaines affirmations dogmatiques mettent d'autant plus d'acharnement à rendre les autres esclaves de leurs négations. Le mariage n'est plus respecté; on lui préfère Famour libre, ou on s'en dégage par le divorce. Et là où il est encore en honneur, on le détourne de son but, en sacrifiant à des jouissances qui le ravalent, les sacrifices qu'il comporte et font sa grandeur. Partant, plus de famille, plus d'autorité. Les criminels eux-mêmes sont déclarés irresponsables, et déjà on. voit poindre le jour où, le vice et la vertu étant confondus, l'homme vertueux perdra tous ses droits à l'estime de ses semblables, s'il ne devient pas l'objet de leur risée ou de leur compassion. Ce tableau des mœurs publiques de notre génération n est point une charge. Qu'on lise plutôt les journaux, les revues, les romans, les théâtres, les salons, où ces idées sont exploitées avec rage, et qui trouvent, pai' milliers, des lecteurs, ou des

auditeurs complaisants. Jusque dans le meilleur monde, celui « des honnêtes gens », les idées nouvelles sont eu faveur, et l'on y mène la vie en conséquence. Le flirt y est admis comme un sport de haute élégance, et parfois l'amour vénal comme une nécessité. C'est un préjugé courant qu un jeune homme, sous peine d'être ridicule, ne peut arriver intact au mariage, et qu'il doit connaître la vie avant de s'y engager. Les femmes elles-mêmes admettent ce préjugé qui est cependant pour elles une grossière injure. J'ai entendu un jour une jeune fille de famille très honorable, et par ailleurs très chrétienne, m' avouer ingénument qu'elle n'oserait pas prétendre à la main d'un jeune homme chaste, comme s'il était prouvé qu'actuellement il nen existe plus.

A quoi n'est pas exposée la conscience des jeunes gens qui vivent dans un pareil milieu social, voient tout ce qui s'y passe, lisent tout ce qui s'y publie, et entendent tout ce qui s'y dit? Elle court un danger perpétuel de désorganisation. Parallèlement à Tanalvse doctrinale qui énerve et obscurcit leur intelligence, la licence des mœurs, en flattant leurs passions, anémie leur volonté. Où donc trouver un remède à un pareil état de choses?

L'étude et V expérience morale comme remèdes.

Le remède existe, mais encore faut-il avoir le courage de le prendre. Je parlerai sous peu des remèdes surnaturels qui sont à la disposition de toute conscience chrétienne; mais, du point de vue psychologique auquel nous nous sommes placés jusqu'ici, je dois signaler ceux qui s'imposent aux consciences d'^élite en particulier.

L'étude des questions religieuses est un des principaux; car, par 1 étude, un jeune homme affermit ses convictions, et réagit contre l'anarchie ambiante des doctrines. Il substitue au doute qui paralyse, la certitude qui décuple l'action. Mais pourquoi l'étude, en matière religieuse, est-elle si nécessaire? La foi du charbonnier n'est-elle pas préférable à tout?

L'idéal serait peut-être que, pour aller à Dieu d'une façon raisonnable, nous puissions toujours nous contenter des « chemins des simples ». Ce sont d'ailleurs les plus fréquentés, et il est remarquable que, parmi les

L'éducation de la Conscience. i6

adultes, non seulement les « charbonniers », mais les savants eux-mêmes et les philosophes les préfèrent. Cependant nous vivons dans un temps où la « simplicité de la Foi » est fortement mise à l'épreuve, et où il est bon, avant de s'y fixer définitivement, d'avoir parcouru au préalable les « chemins des forts », ceux de l'étude et de la science, qui, s'ils ne mènent pas à la Foi, conduisent du moins à la certitude préalable du fait de la révélation, et donc à la crédibilité des vérités révélées.

Que faire alors? Bien connaître l'objet de notre Foi, et fortifier en même temps nos raisons de croire.

Deux moyens sui-tout sont pour cela à notre disposition: l'un que j'appellerai objectif, ei qui consiste à nous mettre au courant de toutes les preuves, y compris les preuves historiques et sociales, que l'Eglise apporte avec elle de la divinité de sa mission. Ce ne sont pas les ouvrages qui manquent sur celte question. Au surplus nous avons aujourd'hui des cercles d'étude et d'apologétique où nos jeunes gens peuvent se renseigner à volonté. Enfin, lorsqu'un doute effleure leur esprit, qu'ils ne le laissent pas y pénétrer et s'y

installer. Qu'ils interrogent qui de droit, leur directeur, ou quelque autre prêtre compétent, sans retard. D'un mot, peut-être, il les délivrera. Ses conseils en tous cas aideront à leur délivrance.

Un jeune homme destiné à vivre dans le monde sceptique d'aujourd'hui est tenu en conscience de se garantir d'avance contre le désarroi intellectuel, qui résulte du conflit des doctrmes. C'est le plus souvent parce qu'il n'a pas la moindre idée des objections courantes à l'endroit de sa religion qu'un chrétien se laisse impressionner et désarmer par elles. Au contraire, si, en les entendant, il a l'impression du « déjà vu », elles passeront sur sa conscience sans la troubler, ni l'entamer. Ce résultat personnel est fort appréciable. Mais il se doublera vite dun résultat social. Car rien non plus n'impressionne le monde qui doute comme l'exemple d'un homme intelligent qui croit, et conforme sa vie à ses croyances.

Et ceci m'amène à dire un mot du second moyen « subjectif » que nous avons dempêcher la désorganisation de aiotre conscience pai' l'effritement de nos convictions. Ce moyen consiste à faire un bloc de nos

croyances en les vivant, en donnant à noire science abstraite de la religion une valeur expérimentale. Que peut-on nous objecter, au nom de l'expérience, touchant le néant des vérités révélées, si, au contraire, ces vérités nous font vivre, si le fait d'y croire de toute notre âme, et d'agir en conséquence, nous rend plus maîtres de nos passions, plus justes et plus charitables envers les autres, plus hommes enfin? Le néant n a jamais rien fécondé.

Lorsqu'il s'agit de lutter contre la licence actuelle des mœurs, le remède senïble au premier abord plu^ difficile à trouver. Car comment réagir contre ces mille excitations à la sensualité qui nous entourent, contre cette infinité de choses qui nous affolent? Comment passer au milieu de tout ce désordre sans regarder et sans être atteints? A cela je répondrai que rien, absolument rien, ne nous force à nous livrer à ces excitations, à nous occuper d'elles. Ce ne sont pas elles qui rendent la lutte difficile, mais bien notre complicité.

Lorsque, pai* exemple, nous désirons nous rafraîchir, est-il absolument nécessaire de fréquenter les cafés où l'alcool et les joui.s-

sanccs sensuelles sont prodigués avec raffinement? Lorsque nous éprouvons le besoin d'entendre de bonne musique ou de jouir d'un beau spectacle, navons-nous à notre disposition que les cafés-ccncerts, et les music-halls où des filles «quelconques» ne pratiquent, en fait d'art, que celui de s'habiller « comme on ne se déshabille pas », et n'offrent à l'esprit pour tout régal que des couplets humoristiques, lascifs ou orduriers? Lorsque, disposant d'un peu de liberté, nous avons l'intention de lire, notre choix est-il donc limité à ces livres légers ou obscènes qui sont comme la sentine des images sensuelles? Je ne vois de remède à ces excitations à la débauche que dans l'abstention, dans le boycottage organisé. Toute l'industrie sensuelle s'est créée et s'est développée parce qu'elle a trouvé un écoulement facile; elle fera banqueroute dès que le marché lui sera fermé. Cessez, vous, les jeunes, d être les agents plus ou moins inconscients de cette industrie, et sa faillite sauvera votre conscience.

Mais la jeunesse est l'âge d'aimer. Où donc un jeune homme trouvera-t-il un emploi aux légitimes aspirations de son cœur sans rom-

pre pour autant l'équilibre de sa conscience? Le monde « où l'on s'amuse » estime qu'eu attendant l'heure du mariage, les jeunes gens sont en droit de demander à l'amour vénal, ou aux flirts, une compensation au vide de leur cœur. Ne faut-il pas que jeunesse se passe?

Puisque la question est posée, essayons de la résoudre. Si le mariage n'était qu'un contrat de jouissance, je comprendrais à la; rigueur qu'un ejune homme s'y préparât par l'entraînement des sens, encore que la chasteté soit, même à ce point de vue très étroit, la meilleure préparation. Mais le mariage n'est-il donc que cela? Le cœur, l'esprit, n'y doivejit-ils pas prendre autant et plus de part que la chair? A côté du droit à la jouissance, ne comporte-t-il pas de nombreux et sérieux devoirs, comme la fidélité à T épouse, et la création d'une famille? Or, pour accomplir ces devoirs, une conscience fortement organisée est requise. Je me demande, dans ces conditions, comment des parents et des jeunes gens chrétiens peuvent passer avec tant de légèreté sur ce qu'ils appellent des « fautes de jeunesse », en réalité sur les ferments les plus actifs de décomposition morale.

Mais, objecte-t-on, il faut être de son temps ; nos mœurs actuelles, sur ce chapitre, ne sont pas si farouches; pourquoi et surtout comment réagir contre un pareil courant? Un jour, en ouvrant son cours de morale, un professeur de Sorbonne, partisan déclaré de la morale sociologique, ou de la physique des mœurs, fit cette hypothèse: « Supposez, » dit-il, que sur les berges de la Seine vien- » nent se grouper quelques Hottentots. Une » rixe ne tarde pas à s'élever entre eux. Les » plus forts jettent les autres dans le fleuve. » Quel jugement porterons-nous sur leur » conduite? Nous dirons tout simplement » que ce sont des mœurs de Hottentots! » J'en dirai autant de la conduite des parents qui, victimes de la contagion sociale, jettent leurs enfants dans le fleuve d'immoralité qui traverse en tous sens la société actuelle: ce sont là des mœurs de Hottentots. \ auraitil donc quelque mérite, lorsqu'on se flatte d'être civilisés, à revenir aux mœurs des sauvages? Sophismes que tout cela. Au-dessus du fait, il y a le droit; au-dessus des mœurs, il y a la loi. C'est à vous, jeunes gens, de corriger les faits en fonction du droit; de réformer les mœurs conformément

à la loi. Aux préjugés stupides qui courent le monde et désorganisent votre conscience, substituez les idées morales dont dépend son organisation.

Faites en sorte que ces idées captent toutes vos forces psychiques, et les fassent servir à la réalisation de l'idéal chrétien. Créez en vous de ces synthèses mentales où vos passions les plus fortes, vos sentiments les plus élevés s'associent aux pensées les plus nobles et leur communiquent en énergie ce qu'ils reçoivent d'elles en lumière. Ditesvous bien, par exemple, que la pureté absolue et sans exception, dès le commencement, est non seulement la meilleure, mais, à proprement parler, la seule condition digne de l'homme, et de beaucoup la plus facile pour le jeune homme normal. L'expérience 1 atteste hautement. Vouloir ou ne pas vouloir ^ tout est là.

« Voulons-nous être le coursier qui se lais- » se exciter et harceler par un cavalier sau- » vage, ou voulons-nous être le cavalier qui » tient les rênes d'une main sûre, qui dompte » son cheval avec vigueur? Voulons-nous » nous laisser pousser comme un navire sans » gouvernail s m une mer sans rivage, ou

>/ voulons-nous être le pilote qui dirige son » navire et le conduit au but?... Nous avons >> une volonté. Je ne suis pas le seul à avoir » fait r expérience qu'une volonté vaillante » et joyeuse, unie à une foi sérieuse, à la » certitude du succès, surmonte des obstacles » en apparence insurmontables. Il est vrai :^ que la volonté n'est pas une de ces forces » naturelles qui puisse être utilisée suivant » des lois fixées d'avance; c est bien plutôt la » seule force dont nous ayons la libre dispo- » sition et quoique de temps à autre, elle » puisse dévier, par le fait d'influences ex- » térieures, elle n'en demeure pas moins sou- » mise à nbtre direction. C est la volonté qui V se charge d'étaJjlir riiarmonie dont nous » avons parlé, entre les mobiles qui nous >. font agir et l'action elle-même. Elle est » l'élément qui donne de la consistance à » notre vie. Lorsque la volonté est mise en » activité au bon moment, et clans la bonne » direction, il n'est pas d'obstacle dans l'en- » tourage, pas de vice héréditaire, si lourd » soit-il, quelle ne puisse surmonter. Mieux >•: nous comprendrons et excuserons les fai- >: blesses des autres par leurs ascendants et » leur entourage, moins nous serons tentés

> de nous servir de ces excuses pour nous- >' mêmes (1). »

Songeons aux conséquences personnelles^ familiales et sociales de la sensualité. Le corps s'use, le cœur se blase, l'esprit s'étiole. Avec un corps usé, on ne fonde pas une famille saine. Un cœur Masé ne peut se contenter d'un cœur pur. Un esprit étiolé ne saurait travailler au progrès social. Au contraire la pureté décuple les énergies individuelles. Elle conserve au corps sa vigueur physique, et assure pour plus tard à la société des générations vigoureuses. Tout en dilatant le cœur, elle en prévient le gispillage. Elle est l'ennemie jurée de l'amour libre et du divorce, parce qu'elle rend le cœur libre, en rarrachant à l'esclavage des sens. Elle féconde le travail de l'esprit, et assure au véritable progrès social, à la civilisation intellectuelle, son essor. De pareilles conséquences, si nous y réfléchissons sérieusement, ne peuvent manquer d'éveiller en nous des sentiments de crainte, de dignité humaine, de justice et de charité, qui seront comme autant de ressorts de notre volonté.

Page 1