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LA CONTAGION SOCIALE

Parmi les causes que Ton peut assigner aux maladies de la conscience, nous avons signalé le tempérament individuel. Mais il est également possible, avons-nous remarqué, d'y trouver un remède. On doit en dire autant du tempérament social, je veux parler du tempérament qui résulte eu nous des influences ataviques et ambiantes. Il n'est pas nécessaire en effet d être déterministe pour admettre la part de 1 hérédité et du milieu social dans notre constitution organique, et par là même son retentissement sur notre organisation morale. La liberté se concilie fort bien avec des dispositions innées ou acquises qui, à elles seules, nous l'avons montré, n^expliquent ni le fait de conscience.

ni les jugements et seatiments moraux qui raccompagnent. A moins de concevoir la liberté comme un absolu qui ne supporte pas de degrés, on comprend parfaitement que des dispositions organiques, et, par leur in- JU termédiaire, des dispositions intellectuelles ^ et morales, en favorisent ou en restreignent l'exercice. Cela n'a rien d'intimidant en par- \ ticulier pour celui qui admet, en s'autorisant de l'expérience des siècles et de sa propre expérience, que nous pouvons réagir à la longue, du moins indirectement, contre de telles dispositions, et trouver le remède au seiii même du mal. La question purement doctrinale perd enfin de son importance, lorsqu'on veut se donner la peine de considérer qu'en pratique, les plus farouches déterministes se conduisent et mènent les autres, tout comme s'ils croyaient à la, liberté. « L'éducation, déclare l'un d'eux, est fondée » tout entière sur l'idée du déterminisme;. >^ Elle a, en effet, toujours pour but de faire » accepter par le sujet des idées qui déter- >:^ mineront sa conduite ultérieure. Mal diri- >; uée, elle renforce les mobiles de la sen- » sibilité et rend Tindividu esclave de ses >^ passions; orientée dans le sens de Téthi-

» que, elle élève ces barrières morales qui, » s'interposant entre l'idée malsaine et l'acte, >; empêchent de faire le mal; elle développe >^ la conscience (1. » Voilà donc un déterministe qui croit au développement de la conscience.

Nous y ci'oyons aussi, tout en estimant que l'éducation est fondée sur la liberté. Mais nous faisons, en théorie et en pratique, la part au déterminisme comme à la liberté. Nous pensons que le tempérament déterminé d'un chacun, qu'on l'envisage dans ses notes individuantes, ou comme l'aboutissant logique de certains apports sociaux, impose à la liberté des limites; mais nous demeurons convaincus plus encore que la liberté est à même, en deçà ou au delà de ces limites, de tirer parti du tempérament.

Quelles sont donc à l'heure actuelle les causes sociales, héréditaires ou non, qui influencent le plus les consciences individuelles, et y déposent des germes de maladie morale? La réponse à cette question troublante nous permettra d'indiquer ensuite les remèdes.

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