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LES ENNEMIS A COMBATTRE : LES CAMARADES, ETC

Le gros de notre t&che terminé, il reste & passer rapidement en revue les dangers secondaires qui menacent le travail de rélndiant. Il est clair qu'il doit choisir avec soin les camarades à fréquenter. Autour de lui il rencontrera, sous des figures amies, les plus sûrs ennemis de son avenir. D'abord un certain nombre de jeunes gens riches qui, non stimulés par le souci de l'existence et g&tés par les habitudes molles de la maison, passent sottement leur adolescence à préparer la nullité de l'Age mûr, et qui, contraints de s'avouer qu'ils sont bien un peu méprisables, pour cacher ce mépris intime, se moquent des habitudes laborieuses des travailleurs. Mais il est une autre espèce plus redoutable et qui déj& exerce ses ravages au collège, ce sont les pessimistes par faiblesse, les découragés d'avant le combat. Comme tous les impuissants, ils sont extrêmement envieux, hypocritement et bassement jaloux. Ce vilain état d'esprit fait d'eux des prosélytes d'un nouveau genre, des prosélytes patients, persévérants : leur but semble être de décourager les bonnes volontés : ils exercent une action déprimante de tous les instants. A

l'aflût de toutes les défaillances, ils finissent par acquérir une influence funeste. Conscients de leur faiblesse et du triste avenir qui les attend, ils ont plaisir à empêcher les autres de faire elTort.

D'autres sont simplement des paresseux qui exhorteront, qui solliciteront leur camarade de ne rien faire; ils essaieront de l'entraîner à la brasserie, ils lui faciliteront les occasions de débauche. Les étudiants français sont bien supérieurs sous certains rapports aux étudiants allemands enfermés soigneusement dans des sociétés qui leur enlèvent toute initiative, toute indépendance et les amènent à boire avec excès '. Us sont plus sobres et disposent davantage d'eux-mêmes. Mais ils s'exagèrent fort pour la plupart l'étendue de leur liberté. Quoique abandonnés dans une grande ville, leur esclavage est très dur, et ils le portent partout avec eux : c'est que la cause en est en eux. La vanité si grande vers la vingtième année les soumet docilement à l'opinion publique, c'est-à-dire à l'opinion des camarades, et principalement des pires vauriens, qui ont généralement l'autorité que donnent l'audace, une allure décidée, sûre d'elle-même, un ton péremptoire et des termes violents pour flétrir la conduite droite et estimable. Ils ont presque toujours l'ensemble des qualités qui en imposent aux volontés faibles, et ils donnent le ton à tous ceux qui les approchent. Cette autorité s'accroît de la force que donnent les prosélytes déjà convertis, qui acceptent aveuglément comme une vie de plaisir, comme la vie par excellence de l'étudiant, la vie la plus fatigante, la plus vide, la plus sotte qu'il soit

(1) Gf : Th. de Wyzewa. La vie et les mœurs en Allemagne : Revue des Deux Mondes, 15 mars, lxi* année.

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