‹ L'éducation des classes moyennes et dirigeantes en AngleterreChapitre 24 sur 109 · EDUCATION PHYSIQUE · texte numérisé non relu

EDUCATION PHYSIQUE

vite, les parents se mettent en travers des jeux : ils craignent que, dans leurs évolutions trop libres et leurs ébats trop joyeux, les enfants ne s'égratignent un peu ou ne fripent leurs beaux vêtements '. Le moyen d'inaugurer des jeux, qui ne vont jamais sans quelques risques, quand les mères tremblent au moindre Ijond de leurs jeunes faons! Les éducateurs français le savent trop bien : ils redoutent les effets des craintes maternelles, les reprocbes, les scènes, et ils s'abstiennent prudemment ^ « Je n'ai jamais remarqué, a dit un Anglais, que les jeunes Français fussent naturellement timides (sauf dans la conversation) ; ce sont leurs maîtres qui sont timides pour eux ^ » Le R. P. du Lac, recteur de Saint Mary's Collège, à Cantorbéry ^, décrivant aux jeunes Français, ses élèves, toutes les beautés, tous les avantages du cricket, mais aussi les dangers, les accidents, ajoute : « C'est de la nécessité de veiller attentivement pour éviter la boule ou pour la recevoir à propos, c'est de l'énergie dont il faut faire preuve contre le danger que nait la force de caractère... — Alors pourquoi défendre le cricket? — Précisément

1. Il n"y a pas longtemps encore que l'on défendait aux eafants de jouer sur les pelouses des jardins publics, des parcs, comme au lycée Michelet ; les promenades publiques sont en France parées, comme trop souvent les enfants sont habillés, pour la montre.

2. La terreur des mères françaises pénètre jusqu'au régiment: elle paralyse même des officiers de cavalerie. J'ai vu, pendant mon volontariat, un capitaine instructeur qui n'osait pas faire galoper nos précieuses personnes à travers champs, de peur des chutes et des « réclamations des familles »!

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