‹ L'éducation des nègres aux États-UnisChapitre 34 sur 126 · ARR PR RER · texte numérisé non relu

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se contentent de refuser catégoriquement aux nègres l’'égalité politique.

Les lois semblent accorder aux blancs et aux nègres des

droits égaux au point de vue politique. Mais l'application de ces lois comporte une part d'arbitraire qui permet aux

blancs d’exclure les noirs de leurs droits. Ainsi, dans quelques États du Sud, on a fait passer une loi enlevant aux illettrés le droit de vote. Cette loi semble raisonnable dans sa teneur, mais elle n’est pas toujours appliquée avec impartialité. (4)

(1) J. A. Hobson,;-The Negro Problem in the United States. Nine-

teenth Century, octobre 1903. « La question du droit de vote a pris un.

üouvel aspect, par suite dés agissements des gouvernéments de nombreux Etats pendant ces dernières années: Beaucoup de blancs honorables ont senti qu’il était dégradant d’avoir recours à la force ou à une fraude éhontée pour maintenir la suprématie de la race, et ils ont coimencé à chercher des moyens légaux pour arriver au même but. Ces moyens, ils disent ouvertement les avoir trouvés dans des Amendements à la Constitution, par lesquels le titre d'électeur n'est conféré que sous diverses conditions. Dans plusieurs cas, lé paiement d’un impôt de capitation est nécessaire. Mais les mesures les plus efficaces sont celles qui éxigent une certaine instruction, l'électeur devant pouvoir lire n'importe quelle partie de la Constitution, ou la comprendre lorsqu'elle lui est lue,“t en donner une interprétation raisonnable. L'exemple, ainsi donnié dans l'État de Mississipi, a été suivi en Louisiane, dans les Carolines, et en réalité dans tous les États où les noirs représentent une grande partie de la population totale. Dans plusieurs États, à la garantie de l'instruction, a été ajoutée «la clause du grand père », qui dispense des deux conditions précédentes les descendants des hommes qui votaient avant la guerre. Bien que ces conditions ne parlent pas expressément d’une distinction de couleur, elles servent toutes à admettre les blancs et à exclure les noirs, ou l’on se sert d’elles dans ce but. La «clause du grand père », naturellement, ne peut pas avoir d'autre signification, et, d'autre part, personne ne prétend sérieusement que la garantie de l'instruction soit appliquée impartialement aux deux races. Le résultat réel de ces moyens d’exclusiou légaux peut se mesurer dans la Caroline du Sud par ce fait que, sur 120,000 hommes adultes noirs, seulement 6,000 environ sont inscrits comme électeurs. Il y a quelque huitmillions de nègres dans les États du Sud et dans les Etats méridionaux du Centre; dans deux États, la Caroline du Sud et le Mississipi, ils sont en majorité dans cer-

On raconte qu’un nègre, professeur dans un collège, s’est vu refuser la qualité de lettré par un fonctionnaire, sous prétexte qu'il n’expliquait pas d’une façon satisfaisante un passage proposé de la Constitution.

Tels sont les sentiments du peuple américain à l'égard du nègre. Il est facile de se faire dès lors une idée du milieu dans lequel le noir doit vivre, et par conséquent on voit combien il est difficile d'établir pour lui! un programme d'éducation.

De nombreuses théories d'éducation ont été émises tant par les ennemis que par les partisans du nègre; elles diffèrent suivant le rôle que l’on désire voir jouer aux noirs dans la société; mais en somme on peut les ramener à trois groupes distincts :

Les uns estiment que le nègre restera et doit rester tou- Jours un être inférieur; par conséquent, il faut ne lui accorder qu'une éducation sommaire, avec la seule idée de diminuer par là les inconvénients qu’une race trop arriérée peut créer à une société civilisée qui la comprend dans son sein.

D'autres jugent qu'il faut relever tout à fait les nègres, et proposent de leur donner les moyens de se développer, en les rendant susceptibles d'acquérir de la richesse; ils disent que l'éducation industrielle sera pour les noirs un moyen de salut.

D'autres enfin estiment que la solution du problème sera due à la création d’une élite nègre, douée d’une éducation

tains districts; cependant l'infraction au Quinzième Amendement — ou le façon de le tourner — est si puissante que nulle part les nègres ne sont élus Gans aucune des Assemblées législatives ; nulle part ils ne possèdent aucun pouvoir politique réel. Dans quelques rares villes, occupées surtout par les Nordistes, par exemple, Jacksonville en Floride, on compte quelques nègres dans le Conseil municipal, mais je n'ai pu trouver aucun autre cas où les nègres eussent quelque puissance électorale réelle, »

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