‹ L'éducation des nègres aux États-UnisChapitre 52 sur 126 · D 23242 é RCE f ru ; ). Po” pe Ÿ de D · texte numérisé non relu

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À Cette rivalité entre les blancs et les nègres sur la question du travail n'est nullement d'origine récente. Les rapports historiques montrent que, dès Les premiers temps de la colonisation, les ouvriers de race blanche protes-

taient amèrement contre l'introduction du travail des noirs. En 1837, le comité législatif du Maryland recevait des pélitions, ayant pour but d'obtenir l'interdiction pour les nègres libres de devenir artisans. Les gouvernements des États, tant du Nord que du Sud, étaient fréquemment pressés d'empêcher les nègres d'exercer des métiers. A Wilmington, dans la Caroline du Nord, en 1857, une bande d'ouvriers blancs détruisit la charpente d’une maison que des noirs étaient en train de construire, et menaça de démolir tous les édifices que les nègres élèveraient à l'avenir. Des désordres semblables eurent lieu dans d’autres États, et particulièrement dans ceux qui appartenaient à la zone de démarcation, et où la concurrence était la plus active.

Un comité, chargé d'étudier l'élat industriel des noirs, pour la Conférence Nègre de Hampton, en 1899, rapportait qu'à Washington, dans le District de Colombie, où les nègres se trouvent évidemment dans leur maximum de prospérité, on ne comptait que 500 ouvriers nègres, barbiers non compris. Il y avait environ 400 maçons, 75 charpentiers, 80 peintres, 15 plätriers, 400 mécaniciens, el une centaine d’autres ouvriers, occupés à divers travaux d'adresse. Il y faut ajouter un assez grand nombre de briquetiers. En règle générale, les nègres ne sont pas recus dans les Associations de Travail pour blancs, bien qu'il y ait certaines organisations, par exemple les Sociétés d'Imprimeurs et de Relieurs, qui comptent

un petit nombre de nègres parmi leurs membres. Cepen- EM EC"se É . s « è : SOS AEERE:

dant lesdits membres sont employés dans l'imprimerie ERP RE 1:47 PÉRSS HELS du Gouvernement, et se trouvent dans l'impossibilité d'ob- Hesse

tenir de l'ouvrage dans aucun journal ou dans aucune impri- HAE

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merie où travaillent des membres de l'Association, quand ils quittent le service du Gouvernement: Le rapport dit en outre que le travail des blancs est soumis à Washington à une organisation si sévère, que les travaux importants dirigés par des entrepreneurs sont exécutés sous le contrôle des Associations. Il en résulte que les ouvriers nègres se trouvent de plus en plus réduits aux travaux inférieurs (1). Une étude des questions ouvrières à Philadelphie met en lumière des faits intéressants sur l'exclusion des nègres dans. les diverses industries (2). En décem-

() John S. Durham, The Labour Unions and the Negro, Atlantic Monthly, vol. 81, p. 226, février 1898.

(2) John S. Durham, The Labour Uniohs and the Negro, Atlantic Monthly, vol. 81, pp. 228-229: « Deux frères, imprimeurs de leur état, vinrent à Philadelphie il y a quelques années pour y exercer leur métier. Rien dans leur physionomie ne dénotait leur origine africaine. L'un trouva de l’ouvrage dans ün grand établissement, où des blancs étaient employés, et l’autre obtint une place de compusiteur dans un journal publié par des nègres. Au bout de deux ou trois ans de fidèles services, le preiier de ces deux frères était devenu contremaitre de l'atelier où il travaillait. Alors, un de ses subordonnés apprit le sécret de son origine, et se hâta de communiquer cette nouvelle sensationnelle à ses camarades dé travail. Ces derniers nommèrent aussitôt une députation chargée de sommer le patron de renvoyer l’imprimeur de race noire, sans quoi, il aurait à se procurer un autre personnel. Le contremaître reconnut son origine, mais protesta qu'on n'avait pas le droit de lui faire aucun reproche à cause de sa race. Le patron dit alors : « Jé suis de votre «avis ét votre travail est parfaitement satisfaisant, De plus, je suis «indigné de cette sommation, que m'ont adressée ces gens, après «avoir travaillé jusqu’à ce jour en parfaite harmonie avec vous. Vous « êtes plus utile à mes affaires qu'aucun dés autres ; vous connaissez «les contrats que j'ai fait avec mes clients, et vous savez la grändeur «de la perte que j'éprouverais, si mon personnel me quittait ainsi, « tout à coup. Si vous pouvez me trouver une équipe de noirs, aussi « capables que vous, je laisserai les autres aller ét jé vous maintiendrai « dans votre situation actuelle. » Le contremaitre répondit: «Je ne « puis vous procurer le personnel que vous demandez. Mais je puis « vous suggérer un stratagème, grâce auquel je ne serai pas sans «ouvrage. J'ai un frère, qui a lés cheveux blonds ét ëst un imprimeur «dé premier ordre. Renvoyez-moi et prenez-le à ma place. Je pourrai

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bre 1859 ,il y avait 1,637 hommes et femmes, considérés comme ouvriers capables. Uu statisticien Quakér remarque: «Moins des deux tiers de ceux qui connaissent un métier exercent ledit métier. Quelques-uns suivent d’autres carrières qu'ils ont choisies, mais le plus grand nombre sont obligés de renoncer à leurs métiers à cause du préjugé toujours aussi vivace qui existe contre leur couleur. »

Toutes les Associations d'employés des chemins de fer, dans toute l'étendue des États-Unis, exeluent les noirs. Ainsi, aucune place n’est possible pour le nègre dans cette branche, sauf la situation infime de « porter » (garçons ou hommes d'équipe), dans laquelle les gages sont faibles, quelque lucratifs que soient les « pourboires », et où il n°y a aucune chance d'avancement, Il est vrai que lors de lorganisation à Chicago de « l'American Railway Union », on discuta beaucoup au sujet d’une clause proposée dans ‘les statuts, portant sur l'exclusion des nègres. Mr, Debs demanda qu'une telle loi ne fût pas acceptée, attendu que ce préjugé contre la race noire pourrait être considéré comme injuste par le grand public, et jeter de la défaveur sur l’organisalion. Cet argument prévalut ; la clause fut supprimée, mais elle demeure cependant à l'état de loi non écrite. Le même principe d'exclusion règne dans le service des tramways. En mars 1896, deux nègres furent employés comme wattmans sur une ligne à trolley de Philadelphie. Les employés blancs protestèrent immédiatement et quittèrent l'ouvrage. Le directeur de la ligne fut obligé de renvoyer les nègres pour que la circulation sur

«alors préndre la sienne. » Le plan fut adopté. Les deux frères changèrent de situation et l'harmonie régna dans l’atelier d'imprimerie, jusqu’à ce que l'identité du frère aux cheveux blonds fût reconnue. Le premier des deux frères abandonna la lutte de désespoir. Il quitta un jour ses amis et sa famille et entra dans un monde plus vaste. Il devint un blanc parmi les gens qui ne Ie connaissaient pas et il mène maiutenant une vie prospère, »

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cette ligne ne fût pas interrompue. Dans trois villes du Nord seulement, les employés de race blanche ont permis aux noirs de travailler avec eux aux tramways, et partout le nombre de nègres ainsi employés a été trop insignifiant pour qu'on en parlât. Le Comité des affaires et du travail, à la Conférence nègre de Hampton, a donné dans son rapport le résumé suivant sur la situation des ouvriers nègres : |

« Les Associations de Travail, dans les Élats situés sur la ligne de démarcation, ont généralement suivi une politique exélusiviste à l'égard de la race noire, et ont refusé de comprendre les artisans nègres dans leur projet d'organisation., De cette manière, ces derniers ont été forcés de chercher du travail dans leurs métiers respectifs, en dehors de l'Association, et de l’accepter aux salaires qu'ils ont pu trouver. On a persévéré dans cette politique sans interruption depuis la guerre civile.

« La raison généralement donnée par les Associations de gens de race blanche pour ne pas admettre les nègres dans leur sein, est exprimée par Mr. E. E. Clark, président des « Railway Conductors », et par un certain nombre d'autres. Mr. Clark dit : « Les nègres sont toujours disposés à travailler pour des gages que les blancs ne sauraient accepter et auxquels on ne pourrait d'ailleurs leur demander de consentir. » Quel argument extravagant ! On refuse d'admettre les noirs dans l'Association, on les force de chercher leur vie en dehors d'elle on leur refuse le bénéfice de la protection et de la discipline de ladite Association, et quand, pour vivre, ils sont forcés d'accepler de l'ouvrage aux condilions imposées par les patrons, les membres de l'Association s'écrient : « Non, nous ne rece- « vons pas le nègre dans notre société, parce qu'il est tou- «jours disposé à travailler pour un salaire que les blancs « ne peuvent accepter.» Il y a eu des exemples de tentatives faites par les ouvriers noirs pour s'organiser séparément.

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Mais généralement, quand ces organisations sont entrées en concurrence avec les Associations de blancs pour le même mélier, les Associations de noirs ont été incapables de résister à l'opposilion des patrons, à l'Association des ouvriers blancs, au préjugé de race, et elles se sont dissoutes. »

J'ai envoyé personnellement des lettres d'enquête aux directeurs des institutions industrielles et aux autres personnes intéressées à l'éducation des nègres, dans le but de connaitre l'utilité de leur formation manuelle. Les réponses émanent d'autorités compétentes, et cependant elles se contredisent souvent : Il ne faut pas attribuer ces contradictions uniquement aux préventions des correspondants : en réalité, l'avenir industriel du nègre diffère aujourd'hui suivant le pays ; ce qui est vrai à un endroit est faux dans la ville voisine. Nous croyons utile de donner ici un aperçu de ces réponses contradictoires, en reconnaissant que chacune d'elles exprime une vérité pour le pays qu'eile concerne. La question posée élait celle-ci : « Les diplômés nègres des écoles professionnelles trouvent-ils emploi dans les carrières demandant une cerlaine habileté, ou bien les Associations de Travail les réduisent-elles à des situations inférieures ? »

Texas. — Du Texas, nous avons reçu les réponses suivantes :

Galveston — « Les nègres munis d’une formation indus-

trielle trouvent de l'ouvrage évidemment,. mais cela est plus difficile pour eux que pour un blanc d'habileté égale. À mon avis, il y à utilité à donner une éducation industrielle aux nègres dans des écoles spéciales ; cette éduca- Uon leur fournit comme aux autres races le moyen de percer. »

Beaumont. — « Les gens qui ont suivi jusqu'au bout des cours spéciaux trouvent facilement des emplois, avec

des salaires raisonnables. Il est vrai qu'ils sont exclus des

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