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pussent venir se reposer, en profitant peut-être, en même temps, d'un enseignement. | j « Je découvris dans la ville une vieille remise de pompe k ‘à incendie, qui pouvait servir à mon dessein. Ce n'était pas là un local très confortable, mais l'on pouvait s’en 4 contenter au commencement. Maintenant nous avons des 4 h appartements plus favorables. J'ai envoyé un jeune FR: garcon inviter toutes les femmes qui voudraient venir ; pour une après-midi dans mon local. Je n'avais rien dit à personne sur ce que j'avais l'intention de faire, parce que je ne savais de quelle manière on répondrail à mon invitation. Elles vinrent, cependant, dès le premier jour; et : le nombre des visiteuses augmenta bientôt. Souvent nous Res | avons près de cent femmes maintenant à nos raeetings, et ï ces femmes ont fait quelquefois dix milles ou plus pour venir ici. | «Nous avons aujourd'hui deux salles, avec des meubles | très simples. Nous possédons un fourneau de cuisine et ne quelques plats à notre service; en un mot, notre matériel i] estsuffisant pour que nous puissions donner des entretiens sur la cuisine, et obliger en même temps les femmes à mettre en pratique notre enseignement. Nous possédons aussi une pièce, munie de tout le matériel d'une chambre à coucher. Nous donnons aux femmes des leçons pour faire les lits, et nous leur enseignons à arranger comme il faut une chambre à coucher. Il y a trop de’ gens encore, dans les habitations des campagnes, qui ne se donnent pas la peine d’avoir des draps et un oreiller. Ils se glissent entre les couvertures misérables qu'ils possèdent, sans quitter leurs vêtements. J'ai fait mettre au milieu d'une chambre une baignoire de zinc, pour leur montrer comment on peut suspendre un rideau de calicot à un cerceau, ou dans un coin de la chambre, de telle sorte que Les habitants de la maison puissent se baigner, n’y eût-il qu'une
pièce. Quelquefois nous leur montrons à couper et à
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confectionner des vêtements pour elles-mêmes et leurs enfants; nous leur donnons aussi des leçons de couture Nous leur enseignons à découper des gravures dans les journaux, à leur faire de petits cadres, et grâce à ces menus objets, à donner un air coquet à leur intérieur. Ce n’est encore là qu’un petit nombre des choses que nous faisons aux meetings pour les mères... »
Fonds Slater. — Beaucoup d'écoles professionnelles sont aidées par des églises et des sociétés de bienfaisance, dont la plus importante est l’« American Missionary Association ».
Parmi les secours individuels, le principal vient de la fondation «Slater», dont nous avons déjà parlé. En 1882, Mr.John F.Slater donna un million de dollars pour «élever la population des États du Sud nouvellement émancipée et sa postérité, en leur donnant lesigrâces de l'éducation chrétienne ». La plus grande liberté était laissée aux administrateurs de ce legs, et en 1883, ils résoiurent qu'ils accorderaient leur protection aux écoles qui étaient les plus capables de préparer les jeunes gens et les jeunes filles noirs à devenir utiles à leur race, et qu'ils rechercheraient soigneusement, pour les faire participer de préférence à ce don, les écoles qui enseignent les métiers et les autres occupations manuelles susceptibles de rendre les jeunes gens noirs capables &@e gagner leur vie et de devenir d’utiles citoyens.
Voici la liste des institutions aidées en 1886-87 par le don « Slater » :
Atlanta University, Atlanta, Georgie.
Beavfort Normal School, Beaufort, Caroline du Sud,
Benedict Institute, Columbia, Caroline du Sud.
Central Tennessee College, Nashville, Tennessee.
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Claflin University, Orangeburg, Caroline du Sud. Clark University, Atlanta, Géorgie.
Fisk University, Nashville, Tennessee.
Gilbert Seminary, Baldwin, Louisiane.
Hampton Institute, Hampton, Virginie.
Hartshorn Memorial Institute, Richmond, Virginie. Howard University, Washington, Distriet de Colombie. Jackson Collège, Jackson, Mississipi.
Kentucky Normal University, Louisville, Kentucky. Leonard Medical School, Raleigh, Caroline du Nord.
‘ Leland University, Nouvelle-Orléans, Louisiane. Moore St. Industrial School. Richmond, Virginie. Mt. Albion State Normal School, Franklinton, Caroline
du Nord.
Mt. Hermon Female Seminary, Clinton, Mississipi. New-Orleans University, Nouvelle-Orléans, Louisiane. Paul Quinn College, Waco, Texas.
Paine Institute, Augusta, Géorgie.
Philander Smith College, Little Rock, Arkansas. Roger Williams University, Nashville, Tennessee. Rust University, Holly Springs, Mississipi.
Scotia Seminary, Concord, Caroline du Nord.
Shaw University, Raleigh, Caroline du Nord.
Slater Industrial School, Knoxville, Tennessee. Spelman Female Seminary, Atlanta, Géorgie.
Lemoyne Institute, Memphis, Tennessee.
Lewis Normal Institute, Macon, Géorgie.
Lincoln Normal University, Marion, Géorgie.
Livingston College, Salisbury, Caroline du Nord. Meharry Medical College, Nashville, Tennessee. State Normal School, Huntsville, Alabama.
State Normal School, Tuskegee, Alabama.
Straight Universily, Nouvelle-Orléans, Louisiane. Talladega College, Talladega, Alabama.
Tillotson Institute, Austin, Texas.
Tougaloo University, Tougaloo, Mississipi.
Voici le rapport que fit en 1890 M. Haygood, Agent général du fonds Slater : « Un résultat important de l’œuvre de Slater (et il est difficile de dire son importance et son étendue) est celui-ci: l'enseignement industriel introduit et protégé par le «Slater Fund » a fait à la cause de l’éducation nègre plus d'amis parmi les hommes blancs du Sud que tous les discours et ouvrages réunis. »
En 1891, le Docteur Haygood écrit son dernier rapport dont voici une partie: « Dans le développement de son éducation, le nègre vient d'arriver à la ligne critique, dont moins que tout autre il se rend compte. Jusqu'ici, par suite de l'éducation, le développement de ses besoins à été trop rapide par rapport au développement des moyens qu'il avait de les satisfaire. Chez la plupart il en résulte du mécontentement, pour beaucoup des malheurs, chez d'autres une sorte de désespoir, pour un certain nombre de la perversité. Sur ces points, je n'ai pas l'ombre d'un doute, car j'ai étudié longuement et minutieusement ce sujet particulier. Un garçon de charrue qui gagne par an de 100 à 150 dollars, en plus du logement et de la nourriture, en a assez pour satisfaire à ses besoins ordinaires; ce garçon, après être allé six ans à l'école, non seulement a le désir, mais a besoin de 300 à 500 dollars par année; ses besoins ont augmenté, mais sa capacité de gagner de l'argent n’a pas crû dans les mêmes proportions.
«Cet état de choses provient d'une loi universelle naturelle à l'humanité et, en particulier, au nègre américain. qui est maintenant, el non par sa faute ou son choix, dans sa crise de développement. Il n'est donc pas surprenant que beaucoup de nègres, qui n'ont reçu qu’une instruction incomplète, tournent mal et essayent de se procurer de l'argent par de mauvais moyens. Dans ces questions, la faiblesse du noir montre qu'il est le frère de ses voisins blancs. Les prisons contiennent assez de blancs
à moitié instruits pour prouver que la vertu n’est pas acquise par l'étude des rudiments. Dans toutes les races, ilest vrai qu'avec des connaissances nouvelles ‘viennent aussi de nouvelles tentations; la force d'y résister arrive seulementen dernier lieu, quand elle vient. Dans tout ceci, un homme de bon sens ne trouve pas d'arguments contre l'éducation des nègres, mais une démonstration du besoin, pour eux et pour la race blanche, de plus d'instruction et d'une instruction meilleure. |
« Rien dans ces rapports n'est un argument contre les écoles supérieures pour les nègres qui en sont capables ; cela veut dire, à ce qu'il me semble, que la plupart des élèves noirs n'ont pas besoin de passer par le collège ordinaire. » |
Le simple programme du travail industriel effectué dans les différentes écoles n’indique pas toujours son but ou la façon dont il est exécuté. Dans un certain nombre d'institulions, l’enseignement désigné sous le nom de manuel a plutôl un but d'éducation; il n'a pas pour objet de produire immédiatement ou.dans un avenir prochain des bénéfices pécuniaires, Dans d'autres établissements, cet enseignementserapproche de l'ancien système d'apprentissage, tandis que peu d’instilutions plus riches donnent un complet enseignement technique des méliers divers, et préparent ainsi un ouvrier intelligent et habile, qui non seulement reçoit une parfaite instruction technique du métier qu'il a choisi, mais aussi un enseignement intellectuel développé.
En dépit des rapports encourageants des 98 écoles industrielles, le chiffre des jeunes nègres qui viennent dans de telles institutions est nécessairement petit ; il est insignifiant comparativement au nombre d’enfants noirs qui ont besoin d'instruction. Il est très clair que pour étendre cette œuvre à la nation tout entière, l’'enseignément industriel sous plusieurs formes devrait former une partie des cours des écoles communales.
« L'Allanta Conférence » de 1902, après avoir soigneusement étudié les conditions des écoles professionnelles, à formulé certaines conclusions concernant l'efficacité présente de ces écoles. Ces conclusions peuvent se diviser en deux groupes : les défauts et les qualités. Les critiques opposées aux écoles professionnelles se résument ainsi AL
« 1° Leur travail a trop coûté.
« Le revenu total des écoles professionnelles était de $ 1,514,793. Ce revenu est celui de toutes les écoles qui donnent l’enseignement industriel dans n'importe quelle branche. Sur cette somme, $ 628,379 ou 41 0/0 allaient à Hampton et à Tuskegee. En tout, peut-être 1 million de dollars environ s'appliquaient réellement à l'enseignement industriel, et le reste au travail académique et pédagogique. On peut évaluer à environ 5 à 16 millions de dollars le coût de l’enseignement industriel des nègres pendant ces vingt dernières années.
« Le revenu total, y compris les dons et donations pour les écoles aidées par le «Slater Fund », était en 1899-1900 :
HADIDLO NE nu 5 426.331 939 élèves Spelman.:,.". 32.561 DORE HUSREPOCRERE: 202.042 1.180 — Gamer ne 37.000 108 — SD A te 21.185 B1l — Montgomery. . 15.000 ts Mie LOSal00 meer 15.000 436 —
« Même en admettant qu'une formation manuelle élémen-
(1) The Negro Artisan, pp. 19-83, Atlanta Universily Publications, no 7, 1902.
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taire ne soit pas très coûteuse, et que l'apprentissage de la couture el de la cuisine ne demande pas beaucoup de frais, il est clair que l’enseignement des métiers et la direction des écoles de travail nécessitent des dépenses considérables. L'école de Tuskegee coûte autant d’entretien pendant un an que toutes les œuvres du Sud de la « Freedmen’s Aïd and Southern Education Society », avec leurs quarante-trois écoles, leurs 413 professeurs, et leurs 10,146 élèves. L'école de Hampton, elle aussi, reçut en. 1900 des subsides égaux à ceux qui furent affectés au maintien de tout Le système scolaire de l'État de Virginie. 4 Ces faits ne sont pas un argument sérieux contre l'éducaà | tion industrielle, mais ils soulèvent la question de savoir ji si les frais qu’elle exige ne sont pas plus exorbitants qu'il n’est nécessaire. Les plus grosses sommes dépensées sont consacrées à acheter les oulils, les machines, les matières premières dont les étudiants ont besoin, et à leur STE fournir du travail (pour payer leurs frais d'études). En ce | 4 qui touchela première source de dépenses, ilest douteux que +5 l'on puisse réaliser aucune économie. L'organisation des He industries modernes devient de plus en plus compliquée et haou coûteuse, et si l'on veut donner à l'étudiant une bonne formation, conforme aux meilleures méthodes, il faut | qu'il apprenne à manier et à employer les machines per- | fectionnées. Il doit y avoir aussi, dans tout enseignement | de métiers, une consommation considérable de matières premières, dont on ne saurait tirer aucun parti, une fois qu'elles. ont fait leur usage. On avait d'abord cru que l’école industrielle pourrait vendre ses produits, et de cette ma-
nière subvenir partiellement, sinon entièrement, à son
ail. propre entretien. On à dû reconnaitre qu'on se trompait.
C'est dans la troisième source de dépenses, à savoir la fourniture de l'ouvrage aux élèves, que serait peut-être la
plus grande matière à économies. Le système de plusieurs écoles est de ne pas demander à l'élève un prix de pen-
né tr
sion, et de lui permettre de payer lui-même son éducation professionnelle, en lui accordant pour cela des gages comme salaire du travail fait par Lui dans les ateliers. De fait, dans une école,on a prouvé qu'une somme moyenne de & 100, gagnée de cette manière par l'élève, nécessitait plus de $ 300 de frais. Conséquemment (comme nous l'avons noté déjà), on insiste moins aujourd'hui que jadis sur les avantages de celte manière de donner l'éducation professionnelle dans les écoles. H faut espérer que ce système disparaitra complètement dans l'avenir. Il avait, sans aucun doute, une valeur appréciable pour la formation morale de l'élève, mais ce mérite était plus que contrebalancé par la perte de temps el d'énergie dont le jeune noir devait prendre son parli,en étant obligé à la fois d'apprendre un métier difficile et de gagner sa vie. Si l'élève, en effet, dans cette concéption des choses, réussit à bien apprendre son métier, les bénéfices qu'il réalise ne sont qu'une charité déguisée ; s'il gagne véritablement sa vie, le temps et l'énergie lui feront défaut pour acquérir une connaissance sérieuse de son métier dans un temps “aisonnable. Une école professionnelle doit ressembler aux autres écoles. Si l'élève, ou, à son défaut, les parents, doivent être obligés de payer les frais de son éducation, des bourses peuvent être accordées aux élèves les plus capables et les plus mérilants, qui ne pourraient subvenir aux dépenses de leur formation. Les autres seraient obligés de gagner par leur travail, avant d'entrer à l'école, la somme nécessaire à leur éducation professionnelle ; mails, pendant le séjour dans l'établissement, tout le temps el toute l'énergie des élèves doivent être consacrés à l’'apprenlissage du métier et à l'étude des questions relatives audit métier. Toute tentative pour agir d'une manière plus généreuse envers les élèves est une expérience dangereuse, qui doit nécessiter de erands sacrifices de temps,
d'énergie, ou d'argent,
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«2 Les programmes d’études n'ont pas été différenciés.
« La plupart des diplômés des écoles professionnelles en trent dans l’enseignement: cela revient à dire que des cours pédagogiques occupent nécessairement une place importante dans le « curriculum ». Dans beaucoup d'écoles, cependant, on essaye de former en même temps des instituteurs et des artisans. Cela semble une erreur. Les instituteurs doivent recevoir une formation spéciale à des maitres, et suivre les cours normaux élémentaires de formation manuelle, tandis que des cours différents doivent ètre consacrés aux futurs ouvriers. | |
«Si le besoin de charpentiers se fait sentir, il est bon d'enseigner aux hommes le métier de charpentier. Si l’on réclame des instituteurs, il est bon de former les hommes à la situation d’instituteur. Mais c’est un procédé mauvais el criminel que de préparer des hômmes à l'état de charpentier, et de les mettre ensuite dans l’enseignement, et Cest une grossière absurdité de donner aux hommes l'éducation spéciale à des instituteurs, et ensuite de leur refuser les moyens de vivre, à moins qu’ils ne se fassent charpentiers. | ;
«3° On insiste, plus que de raison, sur le- côté pratique.
« Les écoles professionnelles doivent se garder d'insister à l'excès sur le côté pratique du travail. Toute formation
véritable de la tête ou des mains est pratique en ce sens:
qu'elle peut trouver son application dans la vie. Mais le meilleur enseignement s'élève au-dessus du souci simplement pratique en ce qu'il cherche à s'appliquer, non pas seulement au genre de vie actuel, mais à une conception plus large et plus grande de la vie, qui aujourd'hui peutêtre n'existe qu'en théorie, mais peut se réaliser demain, grâce au concours d'hommes honnêtes et munis d'une éducation éclairée. Dans une grande partie de # enseignement que l'on appelle à tort industriel, il reste encore
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aujourd'hui quelques vestiges qui nous remettent involontairement en mémoire Dotheboys Hall et M. Squeers,
« L'idéal de l'éducation, que l’on apprenne aux hommes à enseigner, ou à conduire la charrue, à tisser ou à écrire, ne doit pas être rabaissé au niveau d'un sordide ulilitarisme. L'éducation doit toujours avoir en vue un idéal noble et grand, el n'oublier jamais qu'elle a affaire à des âmes humaines et non pas à des dollars.
« Notre système actuel comporte un certain degré d’indifférence pour le côté artistique de l'industrie, L'art industriel est une ligne d’études des plus importantes, et d’ailleurs, particulièrement appropriée au tempérament esthétique du nègre. Cependant la doctrine de l’art pour l'art n'a eu que peu de place dans la plupart des écoles industrielles.
«4° Souvent on ne tient pas compte du changement des conditions industrielles.
« Les ouvriers journaliers, les petites boutiques, et les industries du foyer cèdent maintenant le terrain aux grandes entreprises el sont chassés du camp industriel, par le système des fabriques et des machines. Le fait autour duquel tout gravite dans le monde du travail est la naissance et le développement des Syndicats de Travail. Les cours d’études, dans un grand nombre d'écoles, ne tiennent pas suffisamment compte de ces modifications de la situation, et continuent à préparer les ouvriers à des conditions économiques qui maintenant tombent en désuétude. Les ouvriers qui sortent des Institutions sont parliculièrement ignorants, en ce qui concerne l'étendue et la signification du grand mouvement industriel.
Avantages des écoles professionnelles.
« Nousétudions maintenant les avantages des écoles industrielles, et nous les ramenons à cinq principaux :
« [. — Développement intellectuel des nègres.
« Le premier résultat de ces écoles, comme de toute fon-
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