‹ L'éducation des nègres aux États-UnisChapitre 60 sur 126 · EE RS · texte numérisé non relu

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dation scolaire a été intellectuel plutôt qu'économique. Les: nègres ont appris à penser. Les écoles ont dirigé l'attention des noirs vers le problème concret de la lutte pour la vie, et ont imprimé en eux avec plus de force cette vérité, que le travail est honorable. Get état d’esprit n’a pas amené pour eux une grande augmentation dans le nombre des carrières et ne leur a pas donné beaucoup plus d'adresse technique; cependant, on ne peut douter qu'un avenir prochain ne prouve les immenses améliorations dues aux écoles professionnelles.

«IL. — Les écoles professionnelles ont commencé la coordination du travail intellectuel et du travail manuel dans l'œuvre de l'éducation. |

« Nous n'avons pas encore atteint de résultats très satisfaisants avec ce nouveau plan d'exécution, mais ies écoles professionnelles pour les nègres ont répondu à un besoin sérieux en faisant comprendre la nécessité d'une formation simultanée de l'esprit et du corps; elles ont, d'une certaine manière, fait partager ces idées à la nation

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tout entière. |

«III — Les écoles professionnelles ont atteint, par leur action, les districts ruraux. |

« Les écoles des missions et les écoles du Freedmen's Bureau étaient à l’origine des établissements destinés aux villes et aux bourgs et exerçaient plutôt leur action sur un petit nombre de privilégiés. Les écoles professionnelles se sont proposées comme but spécial d'agir sur les districts négligés des campagnes, et d'atteindre la classe des travailleurs agricoles.

«IY.— Les écoles professionnelles ont amélioré la situation économique des intérieurs nègres.

« Le premier bienfait dela formation industrielle fut d'enseigner aux jeunes filles la couture et la cuisine, et Îes résultats de celte formation sont déjà visibles dans les meilleures maisons nègres des villes.

« V.— Les écoles professionnelles ont amené l'union des races et des partis sur un point.

« Cette union est un progrès. L'attitude des États du Sud envers le nègre n'est pas celle que les gens les mieux pensants du Nord, ou d’entre les noirs, pouvaient désirer. L’attitude du nègre envers les États du Sud, et des États du Nord envers le nègre, n’est pas celle que la majorité des habitants du Sud voudraient voir se réaliser. C’est néanmoins, parmi ces différences d'opinions et cette àpreté des controverses, un présage très important de concorde, que sur un point, Nord et Sud, race blanche et race noire puissent se rencontrer et s'unir : ce terrain commun n'est autre que l’école élémentaire, l'enscignement manuel et commercial pour les jeunes noirs. Cela ne veut pas dire que le problème de la race noire puisse être résolu sur cette base, mais cela signifie sans aucun doute, que la solution peut être dès maintenant entreprise sous de si favorables auspices. Les nègres pourront demander et demanderont l’enseignement universitaire et libéral. Tous les hommes d'esprit juste peuvent exiger et exigeront l'égalité des droits pour tous les Américains, quelle que soit leur couleur, et les habitants du Sud peuvent exiger et exigeront des sauvegardes contre l'ignorance et le crime. Tous seront heureusement d'accord pour reconnaitre l'importance dela formation industrielle. Et ce n’est pas là un petit progrès réalisé depuis janvier 1863. »

Cette longue étude de « L’Atlanta Conférence » a excellemment résumé les pensées des éducateurs les plus impartiaux sur l'éducation professionnelle des nègres. Elle est un peu en désaccord avec l’engouement général et l’enthousiasme que l'on affiche volontiers pour cette partie de l’enseignement. Les résultats n'ont pas été, en effet, en rapport avec les efforts tentés: on a dépensé plus de $5,000,000, et il est sorti des écoles professionnelles un mil-

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lier seulement d'ouvriers; deux mille élèves environ sé sont lancés dans d’autres carrières que celles auxquelles

on aurait voulu les voir se destiner. Ils devenaient insti-

tuteurs, quand la majorité des blancs du Sud et même du Nord aurait désiré les voir ouvriers. L'opinion commune aux États-Unis est que le nègre avait été avant la guerre un esclave plus ou moins habile pour servir ses maitres, et qu'il faut aujourd’hui faire de lui un artisan expérimenté, pour qu'il travaille le mieux possible aux intérêts des blancs. C’est dans ce but inconsciemment égoïste que l'on à organisé pour le nègre des écoles professionnelles. Nous sommes encore dans la période d'essais ; siles résultats oblenus ne sont pas fort satisfaisants, on peut cependant espérer mieux de l'avenir. Mais il ne faut pas se dissimuler que le gros inconvénient n’est pas dans une mauvaise organisation desécoles professionnelles elles-mêmes : il est dans le préjugé de race, dans cette crise économique que traverse l’ouvrier blanc et qui le porte à regarder le nègre comme un rival. Étrange contradiction ! On voudrait, pour des raisons philanthropiques, sociales ou égoïstes, donner au nègre une éducation professionnelle, mais dans la pratique, on redoute que le nègre instruit ne devienne un adversaire de l’homme blanc. La véritable solution du problème ne serait que dans l'égalité réellement acceptée des deux races.

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