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travail des étudiants nègres des preuves convaincantes de leur facilité à s’assimiler la culture la plus élevée. Dans les écoles mixtes, on peut remarquer que les enfants nègres montrent les mêmes aptitudes que les enfants de race blanche. Des étudiants de couleur ont fréquenté des Universités du Nord, et ont laissé le souvenir de travaux louables et parfois brillants. Il n’est pas rare de voir des nègres passer des examens dans les Universités d'Europe, où leur présence ne donne lieu qu'à peu ou point de commentaires. On ne saurait nier davantage que la race nègre a produit des individus dont la capacité intellectuelle était au-dessus de la moyenne de la race blanche ; quelquesuns même peuvent rivaliser avec les blancs les plus brillants. Il aurait été certainement injuste de limiter l’instruction d'hommes si bien doués, et ainsi de restreindre leur utilité à la fois dans les travaux accomplis pour leur propre race et pour l'humanité en général,
De plus, on à prétendu que l'intelligence du nègre était radicalement différente de celle des races blanches, cette assertion ne peut être prouvée, Les infériorités intellec= tuelles qu’on lui attribue sont celles qui caractérisent les peuples à demi-sauvages, à certaines périodes de leur développement. Le nègre insiste en outre sur ce fait qu'il est devenu supérieur au sauvage irresponsable de la jungle africaine; que son état intellectuel présent est singulièrement déprécié par Les hommes de race blanche du Nord comme du Sud. Les habitants du Sud se vantent de connaitre les noirs parce qu'ils Les ont vus esclaves : ils ne se trouvent en contact qu'avec les plus ignorants, ceux qui accomplissent les besognes serviles. Ils ne rencontrent pas les nombreux nègres cultivés, et ils déclarent, par conséquent, que ceux-ci ne peuvent pas exister, Les nègres demandent aussi qu'il leur soit permis de recevoir la même instruction que les autres races, que les distinctions de caste basées sur la différence de couleur ne les privent
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pas des privilèges de l'instruction. On donne aux enfants des illettrés, des paysans misérables venus des steppes de la Russie Orientale ou des rives de la Méditerranée tous les avantages de l'instruction dans les écoles américaines. Ils parlent une autre langue ; leurs parents ont des coutumes et des convictions religieuses et politiques qui sont souvent étrangères à la civilisation américaine; ils ne paient point d'impôts, et pourtant, tout ceci ne fait pas obstacle à leur développement intellectuel. Au contraire, on fait tous les efforts possibles pour élever convenablement les enfants de ces étrangers, en vue de leurs nouveaux devoirs comme citoyens d’une république. Ces enfants ne sont pas forcés de fréquenter des écoles spéciales, et on ne parle pas de limiter leur instruction aux branches élémen-
‘Laires et à l'enseignement manuel: les jeunes gens les
plus intelligents sont encouragés à profiter de toutes les
occasions qui peuvent donnertaccès à une culture étendue. L’avancement est proporlionné aux seules capacités et ne connail pas d'autres restrictions. Ce sont là les privilèges que le nègre réclame ; il demande le droit à l’éducation libérale que lui, en tant qu’individu, est capable de recevoir (1; Comme toutes les autres races, les nègres
(1) Le Rev. Horace Bumstead, président de l'Université d'Atlanta, dans son article sur : La réelle valeur de l'éducation libérale pour le nègre, présente cet argument en faveur de la culture universitaire pour le noir en tant qu'individu: « Il y a un avantage réel à offrir simplement cette occasion de s'instruire à l'individu nègre d’une valeur exceptionnelle. Aussi longtemps qu'elle lui sera refusée, il demandera : « Pour quelles raisons limitez-vous mon développement? » Si nous lui répondons : « Parce que la masse de votre race n'est pas propre à recevoir l’enseignement universitaire », il pourra répliquer : « C’est un principe d'exclusion que vous n’appliquez pas à votre propre race; pourquoi l’appliqueriez-vous à la mienne? » Si nous lui disons : « Parce que nous doutons que vous soyez individuellement capable de la recevoir », il pourra répondre: « C’est là uue question qu'un essai loyal seul peut trancher, et je demande le privilège de mettre mes Capacités individuelles à l'épreuve. » Comment repousser en toute justice une telle requête? Si le demandeur
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possèdent des dons et des talents divers. Il faut que les Américains de race blanche abandonnent cette idée fausse que les nègres sont une masse homogène dont la puissance intellectuelle est représentée par les connaissances d’un laboureur. À
L'élite nègre est-elle assez nombreuse our légitimer des mesures générales? — La question précise est de savoir s’il Y à un assez grand nombre de nègres préparés au travail universitaire pour justifier leur admission dans les institutions de race blanche, ou l'établissement d'écoles destinées exclusivement à | : l'éducation libérale de la race noire. Un coup d'œil Jeté sur les rapports des universités les plus importantes détruira tous les doutes à ce sujet. Harvard, Yale, Michigan, Oberlin et d'autres institutions ont eu des diplômés noirs, et beaucoup d’entre eux ont été de brillants étudiants ; des nègres ont rempli leurs propres institutions du Sud, et des travaux louables ont été enregistrés à leur actif. Dès 1871, les Inspecteurs nommés par l'État de Géorgie pour suivre les examens de l’Université d'Atlanta, envoyèrent un rapport signé par l’ex-Gouverneur G. E. Brown, et dont on a extrait ce passage :
« Les épreuves sévères auxquelles les classes ont été soumises en algèbre, en géométrie, en latin, et en grec, démontrent sans aucun doute que grâce à un enseignement judicieux et à des études persévérantes, de nombreux membres de la race africaine peuvent atteindre un
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haut degré de culture intellectuelle. JIs ont donné la Le. ; EX a réellement des capacités exceptionnelles, il faut lui accorder aes rs facilités exceptionnelles. S'il ne possède pas de telles Capacités, lui F1 ouvrir la porte de l'éducation libérale à encore quelque valeur, car |
s'il ne la franchit Pas, la responsabilité est sienne toute entière, En
. Matière d'éducation, il 2'y à pas de principe plus juste ou plus sage que celui-ci : « À chaque enfant nègre, il faut donner accès à l’instruction en Proportion de ses capacités individuelles, »
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preuve qu'ils pouvaient venir à bout de problèmes compliqués en mathématiques, et comprendre pleinement la construction des passages difficiles des classiques. » |
Si l’on accorde que le nègre est capable d'atteindre ce haut degré de culture, la question qui se présente immédiatement à l'esprit éminemment pratique de l'Américain, est celle-ci : « Quel profit en retirera-t-on? » Et ceux qui voudraient discréditer l'éducation libérale pour le nègre font ressortir qu'une partie de l'argent ainsi dépensé a été littéralement gaspillée, alors qu'elle aurait pu être utilement employée à l'entretien d'écoles élémentaires et professionnelles. L'écrivain Charles D. Warner, dans son ouvrage sur l'Éducation du Nègre, dit: « Des millions de dollars ont été dépensés pour l'éducation libérale du noir, tandis que l'instruction primaire, si l'on considère la masse, a ot totalement au-dessous de ses besoins. Il en a été ainsi à cause de cette supposition que les plus élevés entraineraient le relèvement des plus bas chez la race nègre non développée, comme cela se fait chez la race blanche plus parfaitement développée. Examiner dans quelle mesure cette attente était raisonnable ne nous éloignera pas beaucoup de notre sujet. | j*
« Ceci ne veut pas dire que l'éducation libérale est responsable de la condition présente du nègre. D’autres influences ont relardé son relèvement et le développement de sa propre nature; des moyens plus importants ont élé négligés. Je dis seulement que nous avons été déçus dans les espoirs extravagants que nous fondions sur l'éducation donnée à une race non développée, à laquelle manquent certains éléments moraux, et que des millions y ont été consacrés, alors qu'ils auraient pu être mieux employés (1).»
(1) Charles Dudley Warner, Education of the Negro, p 12. De l'Inter-Ocean (Chicago), 21 mai 1900. Compte rendu d’une interview du Rev. Dr J. G. Merrill, doyen de Fisk University,
L'accusation que les fonds ont été mal utilisés est certainement sérieuse, et doit être mise en regard d’une sorte de relevé, rendant compte de la manière dont on a disposé des sommes affectées à l'éducation libérale, et des résul-
réimprimé dans le Report of the Commissioner of Education, 1899-
Dans un discours prononcé à Washington, il y a deux semaines, Charles Dudley Warner affirma que l'éducation libérale faisait au nègre plus de mal que de bien, et déclara que l’accroissement de la paresse et de la licence parmi les noirs était dû à de fausses idées sur l'éducation. 1l fit entendre aussi que l’enseignement professionnel, joint à des connaissances élémentaires et à l'instruction morale, était la seule méthode dont on pût attendre l'amélioration de la race nègre au point de vue de la moralité et de l'utilité.
Les remarques de M. Warner ont poussé les éducateurs des écoles du Sud pour gens de couleur à protester vigoureusement. Le D' Merrill est le chef de l’école de nègres qui est, peut-être, la plus importante : Fisk University à Nashville, Tennessee. 11 a une longue expérience de l’enseignement donné au nègre, et diffère d’opinion sur tous les points, sauf un, avec Charles Dudley Warner. Il accepte de grand cœur l’enseignement professionnel, mais il maintient que le nègre a besoin tout autant que l’homme de race blanche d'aller au delà des rudiments de la science.
« Je crois que le Dr Warner a parlé sans connaître son sujet, a dit le Dr Merrill à un reporter de l'Inter-Ocean. Il n'y a rien de si convaincant que les chiffres, et je peux fournir des statistiques qui renverseront complètement la théorie de Mr. Warner. Les faits valent beaucoup mieux que les théories, surtout quand il s'agit d'équations humaines. »
Bons résuilats à Fisk University. « Fisk University compte 400 diplômés, et sur ces 400, il n’y en à que 32 que je ne puis classer. La plupart de ces 32 sont morts. Voici la liste des 400 diplômés nègres avec leurs occupations :
Professeurs d'Universités. , . . . . CAS SEP LE 8 Directeurs d’Écoles secondaires et normales 107,0 12 Directeurs d’Écoles primaires PUDOTICUPÉS ER TT 34 RAPPEL SR M PMR NOR UTLEX. : 10) DDASS UNE ALT PIRE 4" = Le à 19 ROLE BOOM ME PR RS AE 9 | OUT ET AR PRE PR EE à 9 Fonctionnaires du gouvernement . . . . . . . , . . 9 RSC O TTC TCLLLES NE RD ATEN IN ERdiéCHe DEA AU TU UE 2 46
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tats obtenus. On a accompli une besogne importante en préparant environ trente mille instituteurs nègres pour diriger les écoles de couleur, ce qui en soi indiquerait qu'une grande partie de l'argent a été dépensée avec profit. On dit qu’il a été dépensé depuis la guerre civile entre 40,000,000 et 50,000,000 de dollars, provenant de sociélés ou de donateurs philanthropes, pour l'éducation des nègres ; beaucoup de cet argent a été employé au développement de l’enseignement primaire pour les enfants de couleur, mais une certaine quantité à été réservée à des écoles d’un ordre plus élevé; il faut ajouter que c'est là pour ainsi dire la seule source des revenus de ces institutions, puisque l'État leur donne fort peu d'argent. Citons le professeur Kelly Miller : « Cette somme (ces 40,000,000 ou 50,000,000 de dollars) est environ égale à ce que dépense en deux ans la ville de New-York pour l'instruction. Bb cependant, s'il faut en croire les rapports sur l’élat inférieur de la moralité administrative et les bruits de corruption el de mauvaise conduite, on verra que l'éducation n'a en aucune
Vivant Chez EUX UMTS PRE PRE EQUR CECI EC LE Domiciles non classés. FUN ER LRES RFO IE SLR ) Occupations et domiciles non ENTÉSISITÉS: Ne NT SNERSE 32
«Eh bien! Je défie toute institution du Nord de me montrer une liste plus honorable que celle-ci. Les élèves travaillent tous selon les études qu'ils ont faites.»
Le Dr. Merrill déclare qu'il n’est guère conforme àl'esprit scientifique de l’époque de refuser au nègre la faculté de développer son intelligence, surtout étant donné le rapport ci-dessus concernant L'usage qu'il fait de son savoir. Il faut que les nègres de l'avenir aient des maîtres. des avocats, des docteurs, des ministres du culte, et la civilisation du monde est certes trop avancée pour que l’on puisse soutenir que ceux qui excerceront ces professions et dirigeront la Société pourront être formés par une instruction élémentaire et manuelle. Tous les ans, l'Aryen qui désire entrer dans l'une de ces professions s'aperçoit que les études qu’il doit faire sont plus longues et plus ardues que par le passé. Certainement, une race n'ayant que cinquante ans de culture derrière elle demande un bagage qui ne saurait Ôtre inférieur à celui de la race qui en compte cinq cents ans
dans son passé.
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façon accompli une parfaite besogne dans notre métro- | | pole. Alors, pourquoi divaguerions-nous et écumerions- * nous, parce qu une somme à peine égale à ce que coûte en Et deux ans l'instruction dans une seule ville américaine a été éparpillée sur un territoire d’un million de lieues carrées, et distribuée pendant une période de trente ans, sans civiliser complètement une race non développée, qui ” compte quelque dix millions d’âmes (1). »
= Pour justifier davantage la dépense d'une somme considérable en faveur de l'éducation libérale de la race de couleur, il faut prouver que non seulement les nègres ont droit à cette éducation, mais encore qu’elle est une condition nécessaire à leur progrès. Il est évident que l’éducation doit faire plus pour le nègre que pour le jeune homme blanc, puisque la race n’a pas été graduellement développée à travers les siècles, et qu'elle a été jetée soudainement au milieu d'une civilisation avancée. Si la race n'avait pas cessé d’être esclave et n'avait pas de mission plus haute que d'accomplir les ouvrages serviles pour l'Aryen, l'éducation libérale serait certainement inutile, et pourrait sérieusement troubler le travail imposé au nègre par le destin, en semant dans la race des germes de mécontentement. Mais il n'est pas du tout certain que la sphère d'action du nègre soit si limitée. Conjointement aux blancs, des hommes de couleur ont jadis travaillé individuellement pour le bien de leur propre race; mais aujourd'hui, les difficultés augmentent ; il faut, pour les résoudre, que ce soient des nègres cultivés qui s’y emploient. Leur préparation doit nécessairement être sérieuse et complète, puisque le jeune noir travaille malgré bien des désavantages, etrencontre des difficultés que ne connait pas le jeune homme de race blanche ; si l’on accorde que ce dernier
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(1) Kelly Miller, The Education of the Negro, Report of the Commissioner of Education, 1900-1901, p. 812.