‹ L'éducation des sentimentsChapitre 12 sur 60 · DES INCLINATIONS · texte numérisé non relu

DES INCLINATIONS

I. Définition de l'inclinalion. Réfutation des théories sensualistes. L'amour, le désir, la haine. — II. Causes qui influent sur le développement des inclinations. Leur valeur au point de vue moral. —

III. Importance de ces distinctions au point de vue pratique. —

IV. Sul'lit-il, dans réducalion, de suivre et d'aider la nature?

De nos analyses précédentes il ressort que l'être vivant tend non seulement à agir, mais à agir et à se développer conformément à des fins déterminées ; d'où, pour lui, la possibilité de jouir et de soullrir. Un être dout l'activité, — en admettant qu'une telle nypothèse iilt intelligible, — serait, pour ainsi dire, amorpbe et n'aurait aucune préférence innée pour certains états ou certains actes, iguoierait à tout jamais et le plaisir et la douleur'. Or, c'est précisément à cette activité prétormée, à cette force de tension qui nous pousse vers certains objets ou nous en éloigne que l'on douue le nom iV inclination.

(I) Nous devons donc écarter à prioriles théories sensualistes qui assimilent l'esprit à une simple table rase sur laquelle rien n'est écrit et qui peut indistinctement recevoir toutes les impressions. L'esprit, au contraire, apporte en naissant certaines dispositions qui lui sont propres, certaines tendances originelles qui seules rendent possibles les difTérentes émotions. Celles-ci sont Veff'et des inclinations, elles n'en sont pas la cause ; « elles suivent leurs changements connue l'ombre suit les mouvements du corps », (Hibot. op. cil., p. 199), bien que, plus tard, elles intluent, d'une manière ellicace, sur leur développement et sur leur orientation.

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