GRANDS PARENTS. DOMESTIQUES
tants. La pratique de la vie donne aux vieillards Texpérience ; elle a développé en eux des qualités précieuses de prudence et de sagesse; mais l'âge amortit Ténergie et dispose à une indulgence envers les enfants qui va facilement jusqu'à la faiblesse, défaut qui n'est pas, chez les aïeuls, toujours exempt d'égoïsme, puisqu'il fait souvent subordonner les exigences d'une éducation ferme au désir du repos, à l'envie de s'attirer, par toutes sortes de concessions et de gâteries, TafTection intéressée des enfants.
Il n'est pas besoin de répéter les conseils qu'on trouve partout concernant les relations d'amitié et de camaraderie dans le jeune âge . Mais on ne saurait trop éveiller la sollicitude des parents sur les humbles collaboratetirs qui vivent dans un grand nombre de familles en qualité de domestiques et qui, malgré l'infériorité de leur position sociale, sont capables d'avoir sur le caractère et sur les mœurs de l'enfant une grande influence, parfois des plus mauvaises. La part que prennent les domestiques dans l'éducation des enfants n'est pas, comme beaucoup trop de parents semblent le penser, une quantité négligeable ; elle a, depuis longtemps, attiré l'attention des pédagogues. Platon et Plutarque ne dédaignent pas de donner des conseils sur le choix de la nourrice, et recommandent de veiller soigneusement à ses propos, qui pourraient, dès le début, emplir une jeune âme de sottise et de corruption. « Ce qui arrive aujourd'hui à beaucoup de pères, dit Plutarque, est bien ridicule. De leurs bons esclaves, ils désignent les uns comme cultivateurs, les autres comme matelots, d'autres comme marchands, intendants, économes. Mais, lorsqu'ils trouvent un esclave ivrogne, glouton, incapable de toute fonction utile, c'est à lui qu'ils confient leurs enfants *. »