De l'éducation des enfants ^ édit. Tauchnilz, p
Si nos mœurs ne donnent plus lieu à une semblable critique, il n'en est pas moins vrai que l'on constate souvent dans les familles une regrettable négligence touchant les rapports qui existent entre les enfants et les domestiques, ces témoins muets et envieux de notre vie intime, prompts à saisir nos ridicules et nos faiblesses, et toujours disposés à rechercher auprès des enfants, par de mauvais moyens, la familiarité qui leur est interdite auprès des maîtres. Locke a signalé le mal que les domestiques font aux enfants lorsqu'ils rendent inutiles par leurs flatteries les réprimandes des parents, dont ils diminuent ainsi Tautorité. « En voici, dit-il, un autre fort dangereux qui vient du même lieu, je veux parler des impressions que peuvent faire sur l'esprit des enfants les mauvais exemples qu'ils rencontrent dans la compagnie des domestiques. 11 faut les empêcher, s'il est possible^ d'avoir absolument aucun commerce avec eux; car la contagion de ces exemples, également contraires à la politesse et à la vertu, gâte étrangement leur esprit toutes les fois qu'ils y sont exposés. Ils apprennent souvent d'un valet mal élevé ou débauché des discours, des manières indécentes et des vices qu'autrement ils auraient peut-être ignorés toute leur vie. Il est fort difficile de prévenir tout à fait cet inconvénient. Vous sei*ez sans doute bien heureux si vous n'avez jamais des domestiques grossiers ou vicieux, et que vos enfants ne prennent jamais d'eux aucune mauvaise habitude. Mais on ne doit rien négliger pour parer ce coup *. »
On le voit, il y a plusieurs collaborateurs, assez différents les uns des autres, dans l'éducation que l'enfant reçoit au sein de la famille, avant de fréquenter les écoles. C'est une œuvre commune, où l'entente parfaite est rare, dont la direction est difficile et réclame beau-