VEsprit de discipline dans Véducation, p
sembleraient-ils point aux hommes réunis pour voir une pièce de théâtre? Us applaudissent en masse la loyauté, la vertu, et honnissent le traître : une fois la toile baissée, chacun reprend son vrai caractère et n'est ni meilleur ni pire. Voyez au bout de quelques années ces condisciples qui semblaient si bons camarades, si ouverts, si disposés à la confiance et à l'assistance mutuelles; La vie réelle les a entraînés dans ses âpres luttes, où les instincts naturels d'égoïsme, de ruse et de violence se réveillent et se donnent carrière ; il ne reste des sentiments d'autrefois que des « associations amicales » où Ton fraternise à certains anniversaires.
En donnant aux enfants Thabitude d'une vie réglée^ moins exposée au laisser-aller que celle de la famille, Féducation en commun présente pour eux un avantage qui ne paraît pas aussi sujet à discussion. « Mon père, dit le président de Mesmes, cité par Roliin, disait qu'en cette nourriture du collège il avait eu deux regards : Tun à la conversation de la jeunesse gaie et innocente; l'autre à la discipline scolastique , pour nous faire oublier les mignardises de la maison, et comme pour nous dégorger en eau courante. Je trouve que
ces dix- huit mois de collège me firent assez bien
J'appris la vie frugale de la scolarité, et à régler mes heures. »
Toutefois, en regard de cet avantage, il convient de mettre l'inconvénient, déjà signalé par nous, d'un excès de régularité qui enlève à l'enfant toute liberté personnelle et le déshabitue de l'initiative lorsqu'il a une volonté faible, ou, s'il a un caractère énergique, provoque en lui un besoin de réagir, d'où résultent souvent des fautes graves contre la discipline au collège et des folies au dehors. « Soumis en tout, dit Rousseau, à une autorité toujours enseigiia&le^ le vôtre ne fait rien que sur