CHAPITRE II
Les instincts altruistes dans Tenfant : attachement aux personnes qui le soignent, besoin de caresses, sympathie pour la soufTrance, désir d'éviter de la peine et de faire plaisir aux autres, libéralité, protection de la faiblesse, bienfaisance.
— Premières manifestations de la moraljté. — L'enfant a-t-ii, dans les premiers temps, un commencement de sens moral?
— La moralité de sympathie. — Les croyances morales de Tenfant ne sont d*abord que des actes de foi, sur la parole des personnes qui relèvent. — Influence de l'amour-propre.
— Critérium pour apprécier les instincts de l'enfant. 11 n'est autre que notre conception des Ans de Thomme. — La loi morale. Opposition de l'ordre physique el de Tordre moral.
— Au point de vue de la morale, classification des instincts en bons, mauvais et indifl'érents ou ambigus. — 11 faut, par réducation, agir sur la nature.
A Tégoïsme, qui fait du « moi » Tobjet et comme le centre de nos sentiments et de nos pensées, s'oppose ce que Técole positiviste appelle Taltruisme, qui nous porte vers autrui et qui est, si Ton peut s'exprimer ainsi, centrifuge.
L'enfant n'est d'abord occupé que de lui-même, ne cherche qu'à satisfaire ses besoins impérieux de nourriture et de bien-être ; de la non-satisfaction de ces besoins résultent en lui la douleur, l'agitation, les larmes, les cris, l'impatience, la colère; de leur satisfaction au contraire résultent le plaisir, le calme, la joie même et le sourire.