PUNITIONS SOUS FORME DE PRIVATION
tion à Textrémité de la cour, sans pouvoir sortir d'un cercle donné; ensuite et surtout la privation de Tuniforme, remplacé par un habit d'étoffe grossière et d'une forme particulière. On sait qu'une punition employée parfois dans quelques écoles consiste à faire porter à l'élève sa veste retournée. « Ces moyens, remarque Bain^ produisent un grand effet sur les uns et sont sans action sur d'autres; leur puissance varie selon la manière dont la classe les envisage, et aussi selon la sensibilité du coupable. Ils sont sufQsants pour les fautes légères, mais non pas pour les plus graves; ils peuvent être efficaces au début, mais la répétition leur enlève rapidement tout leur pouvoir *. » Je ne vois, quant à moi, aucune raison sérieuse pour ne pas en user, quand ils sont efficaces, et tout le temps que l'âge de l'enfant le permet; car il est évident qu'à partir d'un certain moment on ne doit plus songer à y recourir *.
La privation de. ce que l'enfant désire est, d'après Kant, intermédiaire entre la souffrance physique et la souffrance morale.
Il y a sur ce point bien des nuances à distinguer. Le besoin de manger, par exemple, peut être considéré comme tout physique; il s'impose à nous, et la nature exige impérieusement qu'il soit satisfait. Priver l'enfant de toute nourriture serait donc une punition très forte, et d'un succès à peu près certain pour le réduire à l'obéissance dans les cas graves; c'est ainsi que l'on en use parfois avec des animaux que l'on veut dompter. Mais qui oserait recourir à ce moyen extrême?
Le désir de se procurer le plus largement possible la