‹ L'éducation du caractèreChapitre 172 sur 228 · VEsprit de discipline, etc., p · texte numérisé non relu

VEsprit de discipline, etc., p

chercher autour de nous un être réel sur lequel nous puissions décharger notre colère *. »

Cette remarque est des plus justes; Tètre réel sur lequel l'enfant déchargera sa colère, ce sera Tun de ses éducateurs. 11 a déchiré un vêtement et vous le condamnez à le porter ainsi, ce qui Thumilie beaucoup : cette humiliation l'irritera contre vous, quoiqu'il sache qu'il est lui-même l'auteur responsable de l'accident. Il y a là une difficulté inhérente aux punitions en général, et à laquelle les punitions naturelles n'échappent pas plus que les autres; à moins d'être immédiates et instantanées, l'impression irritante qu'elles produisent sur le cœur de l'enfant efface trop souvent le souvenir de sa faute; alors il ne se considère plus que comme une victime, et il a pour ceux qui l'ont puni un sentiment qui est le contraire de la sympathie. La sincérité grâce à laquelle nous nous avouons nos fautes à nousmêmes et nous faisons antérieurement notre mea culpa^ n'est pas une vertu sur laquelle on doive trop compter avec lui.

Spencer lui accorde aussi trop de prévoyance en supposant que les leçons de l'expérience le mettent en garde contre des fautes nouvelles, parce qu'elles lui font prévoir les suites que ces fautes comportent. « Dès que les enfants, dit Bain, sont sous l'influence de quelque mauvais penchant, les conséquences n'existent plus pour eux » ; nous ajouterons : surtout quand elles ne sont pas évidemment immédiates et inévitables. La remarque est applicable même aux hommes faits, bien que dans l'âge adulte le sentiment des conséquences se développe et s'oppose plus souvent à l'envie de mal faire. Celui qui s'est brûlé une ou deux fois prendra garde au feu ; celui qui est tombé à l'eau fera plus attention en marchant près

Page 1