Essqys on practical Education, chap. x
La compassion de Tenfant pour la peine qu*il a faite lui-même à ses parents nous semble plus sin«ère, bien qu'elle puisse n'être encore, en dernière analyse, que de la sensibilité par imitation et suggestion. Car c'est bien à l'enfant qu'on peut appliquer le vers d'Horace :
Ut ridentibus arrident, ita flentibus adsunt Humani vultus.
La sincérité de la sympathie se prouve mieux par les faits que par les apparences. Ainsi dirons-nous que les enfants sont réellement sensibles seulement lorsque nous constaterons en eux le désir effectif d'éviter de la peine et de faire plaisir aux autres. Ce désir se manifeste en particulier par ce qu'on appelle les bons procédés, les égards qui constituent la civilité, la politesse. Locke attachait le plus grand prix à la civilité dans l'éducation, et il lui consacre un chapitre plein de finesse. Parmi les causes qu'il assigne à Tincivilité, férocité naturelle, mépris, raillerie, esprit de contradiction, susceptibilité, attachons-nous à la première. « La première, dit Locke, est cette férocité naturelle qui fait qu'un homme est sans complaisance pour les autres hommes, de sorte qu'il n'a aucun égard à leurs inclinations, à leur tempérament ou à leur état. Le vrai caractère d'un homme grossier et rustique, c'est de ne point faire de réflexion sur ce qui plaît ou déplaît à ceux avec qui il se trouve.... Quiconque veut persuader aux autres qu'il a la moindre teinture d'éducation ne saurait se rendre coupable d'un tel vice, puisque l'essence et la vraie fin de l'éducation, c'est d'adoucir la férocité naturelle des hommes et de vaincre la rudesse de leur tempérament, afin qu'ils puissent s'ajuster à ceux avec qui ils ont affaire ^ »