B. Ferez, l'Éducation dès le berceau, chap. u
de ce côté-là, lorsqu'ils ont Tesprit détendu par paresse, ou fortement appliqué ailleurs ^ » Nous irons plus loin que Locke, et nous dirons que cette épreuve ne doit pas seulement revenir à certains intervalles, mais qu'elle doit être constante et se répéter plusieurs fois dans la journée, par l'institution d'un règlement de travail qu'on imposera le plus tôt possible à l'enfant, et qu'on lui fera exécuter avec une stricte ponctualité. On peut être sûr qu'il lui arrivera souvent, en commençant tel ou tel exercice, d'éprouver un sentiment de contrainte plus ou moins pénible ; mais ce qui est salutaire, et ce qu'on doit le plus désirer, c'est quUl prenne l'habitude d'en triompher et de s'appliquer à un travail qui ne l'attire par aucune séduction.
Grande est donc, à notre avis, Terreur pédagogique de ceux qui veulent que le travail soit toujours attrayant pour lui. « N'use pas de violence envers les enfants, dit Platon, dans les leçons que tu leur donnes; fais plutôt en sorte qu'ils s'instruisent en jouant *. » Nous retrouverons ce précepte sous bien des formes dans Plutarque, Sénèque, Quintilien, Montaigne, Locke, Rousseau. Il ne faudrait pourtant pas le prendre trop à la lettre. Stuart Mil! nous paraît avoir un sentiment beaucoup plus juste des nécessités de l'éducation, lorsqu'il doute qu'on puisse uniquement, par la douceur et le plaisir, amener les enfants à s'appliquer avec énergie et persévérance. « Il y a, dit-il, beaucoup de choses que les enfants doivent faire et beaucoup qu'ils doivent apprendre, qu'ils ne font et n'apprennent que par la contrainte d'une discipline sévère. Sans doute, on fait de louables efforts dans l'enseignement moderne pour rendre autant qu'il est possible les études des enfants
i. De Véducation des enfants^ sect. 8, trad. Goste. 2. République, édition Tauchnitz, p. 242.