La Science de l'éducation^ liv. III, chap. ii
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entre lesquels sera réparti son temps de travail; mais on ne le laissera pas non plus éparpiller son activité. « L'activité désordonnée, ou dépourvue de plan, qui voltige d'un objet à l'autre, vaut à peine mieux que l'oisiveté absolue *. »
Nous avons dit que le mensonge est, comme la paresse, un défaut naturel chez les enfants. Ainsi que le remarque Mme Necker de Saussure, il y a en eux un mélange singulier de finesse et d'abandon ; ne se faisant pas encore une idée bien nette du devoir qui oblige l'homme à la sincérité, ils regardent le mensonge comme un excellent moyen dont se sert leur faiblesse pour plaire, pour obtenir ce qu'ils convoitent et pour éviter ce qu'ils redoutent. Ils sont parfois d'excellents comédiens. « Un enfant, dit Mme Necker de Saussure, emprunte un bel éventail d'une personne étrangère, puis, dans l'espoir qu'elle oubliera de le reprendre, il lui apporte successivement des fleurs, ses vieux joujoux, mille objets divers, les lui ofl'rant avec l'empressement de la politesse la plus marquée. Un autre demande du bonbon, ou la jouissance de tel plaisir, pour son petit frère '. «>
Toutes les passions portent au mensonge, et elles sont en germe chez l'enfant, même l'envie, une des plus mauvaises. « Une petite fille de trois ans, voyant que sa mère caressait son jeune frère depuis quelques minutes sans faire attention à elle, se mit à dire : « Tu ne sais « pas, maman, Henri a fait une grosse méchanceté au « perroquet ». C'était un mensonge par jalousie ^. »
Les mensonges de l'enfant sont assez souvent si ingénieux qu'au lieu de les relever avec sévérité, on en rit, comme on ferait des tours d'un animal amusant par sa