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U Éducation progressive, liv. II, chap. m

LA BONTÉ 36t

cun acte d'impatience ou de colère, aucun accent aigre, aucun regard farouche, ne vienne frapper les sens des petits enfants.... Les enfants ont une inconcevable facilité à recevoir le mouvement, à partager des impressions dont ils sont encore incapables d^apprécier la cause.... En entourant les enfants de visages riants, d^expressions de douceur et de bienveillance, on leur communique bientôt des sentiments affectueux ^ » Ar* rivés à Tàge adulte, nous pouvons, en recueillant nos souvenirs, nous rendre compte de Tinfluence profonde exercée, en ce qui concerne les sentiments sympathiques, par le caractère des parents, par leur manière d'être entre eux et avec nous, et constater qu'alors notre sensibilité a pris une direction qui ne sera plus que difficilement changée.

Mais Tenfant n'est pas seulement un être passif subissant le contre-coup de notre conduite. Il faut faire appel à son activité pour développer ses qualités effectives; car s'il a besoin que nous l'entourions de bienveillance, c'est pour le mettre dans une disposition favorable à Téclosion de sentiments qui sont en lui à l'état de germe.

J.J. Rousseau, toujours paradoxal, voudrait qu'on se contentât de lui apprendre à ne pas faire le mal. « Qui est-ce qui ne fait pas du bien? tout le monde en fait, le méchant comme les autres; il fait un heureux aux dépens de cent misérables; et de là viennent toutes nos calamités. Les^plus sublimes vertus sont négatives; elles sont aussi les plus difficiles, parce qu'elles sont sans ostentation, et au-dessus même de ce plaisir si doux au cœur de l'homme, d'en renvoyer un autre content de nous. quel bien fait nécessairement à ses semblables celui d'entre eux, s'il en est un, qui ne leur fait jamais

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