‹ L'éducation du caractèreChapitre 22 sur 228 · Bernard Ferez, VÉducation dès le berceau, chap. v · texte numérisé non relu

Bernard Ferez, VÉducation dès le berceau, chap. v

se montre un réel effort à la suite d'une impulsion altruiste dont l'animal le plus apprivoisé serait incapable.

La libéralité, la facilité à donner, la protection des faibles, la véritable bienfaisance, c'est-à-dire l'action de chercher à soulager la souffrance et la misère, apparaissent tôt ou tard, suivant l'éducation qu'ils ont reçue, chez les enfants convenablement doués. Tel enfant de quinze mois, quand il a quelque chose de bon, dit à sa mère : « Oh! maman, c'est si bon, je voudrais que tu en goûtes ». Si on lui donne quelque chose, il réclame pour son frère Lolo, pour maman, pour papa, pour grand'mère *. L'auteur auquel j'emprunte ce fait est d'avis qu'on en peut constater de semblables chez les animaux. Je les crois fort rares, et j'ai toujours vu les animaux se disputer pour la nourriture et pour le gîte, sauf, bien entendu, quand il s'agit de la mère à l'égard des petits; mais les petits s'affameraient volontiers réciproquement pour avoir meilleure part.

L'enfant, si disposé en maintes occasions à faire abus de sa force contre de plus faibles que lui, et capable d'aller, dans ce sens, jusqu'à la cruauté, en particulier avec les animaux, devient cependant très volontiers protecteur de la faiblesse ; il sera, si l'on sait s'y prendre, et suivant les circonstances, un gardien attentif et un soutien dévoué d'un petit frère, d'une petite sœur, d'un camarade. Peut-être est-ce là un curieux mélange d'égoïsme et d'altruisme; et l'orgueil d'exercer une protection sur des faibles, ce qui rehausse la force et la dignité de celui qui l'exerce, se mêle-t-il au charme de la sympathie.

Il ne faut pas s'étonner de ce que 4a bienfaisance est peu développée chez les enfants. Ceux des familles

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