Revue philosophiqucy mars, avril, mai i
rapport à ses manifestations extérieures, une analyse psychologique très élémentaire distingue autre chose ; car un mouvement ou une répression de mouvement peuvent n'être que le signe extérieur d'un acte mental bien plus important. Par exemple, il faut le même mouvement à Tenfant pour frapper un meuble ou pour frapper sa mère, et Tenfant qui réprime, par un commencement de sensibilité reconnaissante, un mouvement violent dirigé contre sa mère, exerce sa volonté autrement que comme « principe répressif des mouvements ».
Quoi qu'il en soit, Tauteur signale d'abord chez le nouveau-né cette espèce de contractions musculaires, sans but et non coordonnées, que Bain appelle mouvements automatiques et Preyer mouvements impulsifs ; ils tiennent probablement à Texcitation immédiate des centres moteurs par l'effet de la nutrition et de la croissance. Puis viennent les mouvements réflexes, et apparaissent les premiers signes de suppression, émanant du cerveau, des mouvements réflexes, d'un cri par exemple excité par un motif quelconque et arrêté sous l'influence d'un son entendu par l'enfant, d'une menace, d'une caresse, d'un léger coup. Bientôt la volonté produit des mouvements plus importants. Preyer en a relevé quelques-uns d'après les observations faites sur ses propres enfants : suivant lui, la tenue de la tête commence à la seizième semaine de la vie, les mouvements de préhension à la dix-septième, l'acte indicateur de la main à la trente-sixième, l'attitude assise et la station verticale à la quarante-huitième i.
L'enfant ne tarde pas à coordonner ses mouvements pour des actes plus complexes, et, quand il se croit capable de ces actes, il veut les faire seul, sans le secours d' autrui. Ainsi, lorsqu'il a compris le mécanisme de la