‹ L'éducation du caractèreChapitre 36 sur 228 · POUVOIR DOMINATEUR · texte numérisé non relu

POUVOIR DOMINATEUR

moindre motif en révolte déclarée. Les robes, les chapeaux, les écrans, les petits ouvrages, tout ce qui lui tomba sous la main fut porté au milieu de la chambre sur le plancher; elle chantait et dansait autour du monceau avec des joies indicibles; le courroux assez réel de sa mère ne l'arrêtait point. Elle avait bienTidée du mal, sa rougeur trahissait bien les reproches de sa conscience, mais le plaisir consistait à en étouffer la voix ^

Gomme nous l'avons fait remarquer tout à l'heure, la volonté ne se contente pas de réclamer son autonomie ; souvent, par une tendance naturelle, elle cherche à imposer sa domination. Il y a bien des enfants exigeants, capricieux, impérieux. Rousseau en a vu « qui voulaient qu'on renversât la maison d'un coup d'épaule, qu'on leur donnât le coq qu'ils voyaient sur un clocher, qu'on arrêtât un régiment en marche pour entendre les tambours plus longtemps, et qui perçaient Tair de leurs cris, sans vouloir écouter personne, aussitôt qu'on tardait à leur obéir. Tout s'empressait vainement à leur complaire ; leurs désirs s'irritantpar la facilité d'obtenir, ils s'obstinaient aux choses impossibles, et ne trouvaient partout que contradiction, qu'obstacles, que peine, que douleurs. Toujours grondants, toujours mutins, toujours furieux, ils passaient les jours à crier, à se plaindre '. » Certes un pareil tableau n'est pas exact pour tous les enfants volontaires ; mais la tyrannie de ces faibles peut prendre des formes plus^ douces, moins désagréables, sans perdre de son exigence.

Examinons plus attentivement encore dans l'enfance la volonté considérée comme pouvoir dominateur, régulateur, des instincts et des inclinations. Sikorski l'appelle « volonté inhibitoire » lorsqu'elle exerce une action

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