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VÉducation progressive, liv. III, chap. vi

2, Emile, liv. III.

répressive, et Preyer remarque que le caractère de l'en* faut est surtout défini par le degré de ses capacités répressives. Voici un exemple. « Si, assis, un livre à la main, ou occupé à écrire, vous enjoignez à votre enfant de tâcher de rester aussi tranquille que vous-même, il commence par vous obéir avec plaisir; mais vous vous absorbez dans votre travail, et quelques secondes après il s'abandonne déjà à sa mutinerie habituelle. Si vous lui rappelez qu*il est bien plus turbulent que vous-même, il réprime, de nouveau pour quelques instants, tous ces actes impulsifs et instinctifs, toute sa mécanique psychique, sous rinfluence de l'idée que vous venez de lui souffler. C'est déjà beaucoup de volonté ferme pour ce petit cerveau *. »

La volonté enfantine est capable aussi de réprimer la sensation de la faim sous l'influence d'une autre impression, par exemple de l'attrait exercé par un jeu, une occupation quelconque. Elle peut aller jusqu'à ce qui est pour elle un commencement de courage, jusqu'à triompher d'une répugnance, d'une souffrance véritable. « Ma fille, dit Sikorski, âgée de deux ans, après avoir goûté quelque chose d'amer, n'en voulut plus. L'observation de la lutte qui eut lieu chez cette enfant est asses instructive. Elle repoussait instinctivement le verre contenant sa potion amère, comme le font souvent les enfants; alors on exerçait sur elle une pression morale, en cessant de manger et en lui disant que personne ne pouvait manger parce qu'elle ne voulait pas prendre une médecine amère. La résistance durait plus d'une minute, puis l'enfant, encore indécise, approchait sa main du verre pour la retirer de nouveau; mais l'hésitation était de peu de durée, la résolution s'aflermissait, et, les encouragements aidant, elle finissait par prendre

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