‹ L'éducation du caractèreChapitre 55 sur 228 · HÉRÉDITÉ DU CARACTÈRE NATIONAL · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ DU CARACTÈRE NATIONAL

certains usages, dont les autres persistent, comme le sol, le climat, etc. ; quelles que soient les causes, transitoires ou permanentes , les effets restent en partie et sont conservés par Thérédlté. Aussi peut-on affirmer d'avance, avec peu de chances d'erreur, sans les connaître individuellement, que tel Gascon et tel Lorrain par exemple, dans la physionomie et dans le caractère, ofi'riront certains traits généraux de leur province qui les feront distinguer. Quoique assez éloignés l'un de l'autre, et vivant sous un ciel différent, à proximité de peuples aussi peu ressemblants que les Allemands et les Espagnols, ce Lorrain et ce Gascon offriront aussi, surtout sous le rapport du caractère, des traits généraux de leur nation commune, la France, par lesquels ils se ressembleront; car il y a un caractère national, qui se forme en grande partie sous l'influence de l'hérédité. « Si nous possédions, dit Ribot, quelque bonne psychologie ethnographique, nous verrions plus clairement le rôle de l'hérédité dans la formation du caractère d'un peuple. Les historiens ont fait depuis longtemps des remarques décisives sur le caractère des peuples et l'impossibilité de le transformer. Ainsi, le Français du XIX* siècle est, au fond, le Gaulois de César. On trouve dans les Commentaires^ dans Strabon et Diodore tous les traits essentiels de notre caractère national : l'amour des armes, le goût de tout ce qui brille, l'incroyable légèreté d'esprit, la vanité incurable, la finesse, une grande facilité à parler et à se laisser prendre par les mots. Il y a dans César des réflexions qui sembleraient dater d'hier *. »

Ce passage peut soulever des objections sérieuses ; on peut dire que le Français y est imparfaitement défini, qu'il faut se défier de ces généralisations dans lesquelles

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