‹ L'éducation du caractèreChapitre 76 sur 228 · OBJECTIONS DE HERBERT SPENCER · texte numérisé non relu

OBJECTIONS DE HERBERT SPENCER

nion domiDante, absurde selon lui, qui a une confiance si grande dans les eflets moralisateurs de la culture intellectuelle. D*abord il y a toute une série de connaissances qui n'influent en rien sur le caractère. « Quel rapport, dit Spencer, peut-il y avoir entre apprendre que certains groupes de signes représentent certains mots, et acquérir un sentiment plus élevé du devoir? Gomment la connaissance de la table de multiplication, ou la pratique des additions et des divisions, peuvent-elles développer les sentiments de sympathie au point de réprimer la tendan(?e à nuire au prochain? Gomment les dictées d'orthographe et l'analyse grammaticale peuvent-elles développer le sentiment de la justice? Pourquoi enfin des accumulations de renseignements géographiques, amassées avec persévérance, accroîtraient-elles le respect de la vérité • ? »

Get argument était facile à trouver. En voici un autre plus profond, et qui contient, à notre avis, une grande part de justesse. On prétend que la connaissance de la conséquence des actes, donnée par l'instruction, est de nature à influer puissamment sur la conduite, et par là sur le caractère. L'ignorant, que rien n'éclaire, cherche aveuglément à satisfaire ses instincts; faites pénétrer dans sa cervelle quelques notions claires sur les conséquences les plus certaines de ses actes, il commence à réfléchir, à réprimer le premier mouvement, qui est souvent le mauvais; il exerce sur lui-même le pouvoirinhibitoire de la volonté; c'est le début d'un travail d'amélioration du moral par Tintelligence, travail qui produira des effets de plus en plus grands, à mesure que l'instruction se développera et fera connaître les conséquences lointaines et complexes des actions. Or, d'après^ la remarque de Herbert Spencer, les idées, en tant que

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