‹ L'éducation du caractèreChapitre 89 sur 228 · LES DONS DE L'ENFANT · texte numérisé non relu

LES DONS DE L'ENFANT

appellent la nature, que d'autres appellent le Créateur. Ces différents pouvoirs qui existent en lui se développeront; ils seront, avec les circonstances extérieures et avec Téducation, les facteurs de sa destinée. Est-il bien, ou médiocrement, ou mal doué? Question inquiétante, à laquelle nul n'ose répondre à ce moment, si ce n'est ses parents, qui caressent de touchantes illusions dès le principe et qui fondent les plus belles espérances sur un être chez lequel Tintelligence et le sentiment ne se manifestent encore par aucun signe. Peut-être est-il né pour une brillante destinée; peut-être une vie douce et calme Tattend-elle; peut-être, si Ton pouvait voir en lui les éléments moraux qui y sont en germe, aurait-on le droit de lui prédire une existence agitée et misérable. Le bon Perrault nous raconte que Ton donna pour marraine à la Belle au Bois dormant « toutes les fées que Ton put trouver dans le pays (il s'en trouva sept), afin que, chacune d'elles lui faisant un don, comme c'était la coutume des fées en ce temps-là, la princesse eût, par ce moyen, toutes les perfections imaginables». Si ce beau temps durait encore et si les fées entouraient le berceau de nos enfants, quels dons leur demanderions-nous? 11 est facile de dire à l'avance quelles seraient les prières des parents légers ; quant aux sages, à ceux qui connaissent bien la vie, nous croyons que d'abord leur embarras serait grand et qu'ils ne se décideraient point sans d'assez longues réflexions. Horace écrit dans une épitre à Tibulle : « Que peut souhaiter de plus une nourrice à son cher nourrisson que d'être sage, de bien exprimer ce qu'il pense, d'avoir la faveur, la réputation, la santé, une vie délicate et suffisamment d'argent ^? » Il y aurait beaucoup à dire sur cet idéal du poète. En réalité, dans une telle question est impliquée toute la

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