‹ L'éducation du caractèreChapitre 45 sur 52 · CHAPITRE V Éthologie individualiste (J.-J. Rousseau et Stuart Mill · texte numérisé non relu

CHAPITRE V Éthologie individualiste (J.-J. Rousseau et Stuart Mill

L'éducation doit respecter le caractère individuel inné. On s'efforcerait en vain « de le changer et de le contraindre » ; on ne doit viser ([u'à le « former et le développer ». Opposition do l'éducation privée ou personnelle et do l'éducation publique (Rousseau).

Celte opposition n'existe pas réellement. L'intérêt social, aussi bien que privé, est que chacun développe son originalité (Stuart Mill). Le conformisme social est la plaie de notre temps. Rôle des individus dans la société : ils sont les initiateurs du progrès. Ils sont « le sel de la terre ». L'excentricité même est un bien. L'idéal n'est pas de former des hommes médiocres et neutres. H est dangereux de comprimer les individualités par le despotisme social. Le nihilisme n'est pas autre chose qu'une revanche de l'individualisme (Kropotkine) Cl

Le caractère et l'iiabitudo.

A) Du caractère. — Même réduit au tcinf)éramcnl, le caractère comporterait des changements continuels et profonds. Le tempérament en effet comprend dos éléments naturels et acquis. 11 est modifié par lo climat, le régime; il est donc modifiable ou susceptible d'éducation. En fait, il est modifié par des cau.ses, non pas seulement naturelles, mais sociales (ex. : la profession). Le chef-

d'œuvre de l'éducation : tel type national (ex. : le Spartiate, le Romain) ou professionnel (le soldat, le magistrat, le prêtre). Le caractère est, en un sens, un produit social.

B) De l'habitude. — L'éducation n'est qu' « une habitude ». (Rousseau.) Mais l'habitude est de deux sortes : une violence faite à la nature et un développement de la nature. Fragilité de la première. Expérience des faux civilisés. La race plus forte que l'éducation. L'habitude toutefois peut être plus qu'une suite ou confirmation de la nature.

C) Accord de l'habitude avec le caractère et développement du caractère par l'habitude. — L'habitude n'est réelle et durable que si elle est adoptée par le caractère, si elle fait partie de la personnalité, ne lui devient pas étrangère et à charge, n'est pas un lien de servitude, mais un lien d'aiïection. Les habitudes ne sont pas le caractère, car il y n des habitudes qui ne sont pas nôtres, qui ne sont pas nous; il y en a même qui s'opposent au caractère, qui sont un joug, d'autres, qui sont un faux semblant de caractère, une attitude. Cependant c'est par l'habitude que le caractère s'affirme et se réalise. 11 est l'habitude consentie, le pouvoir de se créer soi-même, c'est-à-dire de contracter des habitudes et de rester maître de ses habitudes 79

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