CHAPITRE VIII
De l'éducation dans l'hypothèse de la modificabilité indéfinie du caractère.
Cette hypothèse paraît être le postulat de l'éducateur. Mais elle a contre elle l'expérience qui montre que le caractère original persiste en dépit de l'éducation, expérience, il est vrai récusable, l'insuccès de l'éducation pouvant toujours être imputé à l'éducateur, ou à l'élève. Mais l'éducation, dans cette hypothèse, pourrait elle-même être dangereuse, pourrait devenir une confiscation des Ames au profit de l'état, d'après un système philosophique, religieux quelconque. Elle serait alors l'annihilation de l'individu.
Antagonisme de l'éducation et du caractère. (Rihot.) L'éducation n'a prise que sur les hommes sans caractère ou les amorphes. Elle est dèsorganisatrice des caractères ou produit les instables. Elle est donc nulle ou dangereuse. D'autre part l'éducation, ayant le caractère contre elle, tend à l'alTaiblir. (M""° N. de Saussure.)
En réalité, on peut accorder l'éducation et le caractère, si on entend par éducation une influence consentie, non subie et si on conçoit le caractère, non comme stable, mais comme changeant et ayant en lui-même le principe de ses changements 125