CHAPITRE IX
De l'éducation formelle du caractère. Comment se réalise l'unité du moi.
Le caractère considéré comme l'unité du moi, est un idéal, non un fait, une lin visée plutôt qu'atteinte. 11 n'existe pas d'emblée, mais il a à se dégager, à se constituer. La première forme de la volonté est la volonté instable, le caprice, la mobilité d'humeur, l'anarchie des tendances, la volonté sans nerfs d'arrêt. Types: l'enfant, la femme, l'Hassan de Musset. Au caprice s'oppose le caractère ou volonté suivie, réglée. Ruskin : symbole de la mouche et du chien.
Passage du caprice au caractère, Condition de ce passage : « la mémoire de la volonté •>. (Herbart.) Vouloir, c'est se souvenir, se souvenir, non pas seulement des choses voulues autrefois, mais de sa volonté même et persister dans cette volonté. Le caractère est la fidélité à soi et à son passé.
Par suite, rien di; plus contraire à l'éducation du caractère que la gâterie, l'affaiblissement et l'afTadissement des sentiments, rien de plus favorable (]ue l'affermissement du vouloir par la conservation des impressions remues.
Le caractère suppose, en dehors de la <■ mémoire de la volonté », la raison, qui supplée à l'insuffisance et remédie à la sécheresse des sentiments et des souvenirs, la raison qui e.-it le sentiment à l'état abstrait, le devoir. Le caractère est l'attachement à des principes. Mais la raison ne se distingue pas des sentiments, elle n'est que leur loi ou leur norme. Elle n'est point universelle ou abstraite, mais personnelle. Elle n'est point la raison, mais ma raison.
Résumé. L'éducation du caractère est le caractère se développant de lui-même, sous l'inlluence de l'expérience (mémoire) et de la raison 141