‹ L'éducation en Angleterre: collèges et universitésChapitre 3 sur 24 · Elégants · texte numérisé non relu

Elégants

les garçons vont souvent de Tune à l'autre ; on les reçoit au salon ; ils aident même à en faire

les honneurs Ainsi établi, \eprivate school

est une famille agrandie.

Etes -vous en peine d'un private school?

vous vous adressez à une des agences désignées dans le Times ou dans le Standard, laquelle vous fournit gratuitement nombre de prospectus. Pendant huit jours, c'est une avalanche de lettres et de petites brochures; une circulaire a fait connaître aux professeurs en rapport avec l'agence votre nom et votre adresse, et ceux-ci s'empressent de vous faire connaître leurs conditions en exprimant le désir de mériter votre confiance.

A l'envoi sont joints souvent des dessins ou des photographies représentant la maison ; on donne soigneusement le détail géologique du •sol et quelquefois l'analyse de l'eau à boire, en attendant qu'on ajoute : Filtre Pasteur, tout comme on inscrit : Ascenseur, h la porte des hôtels. Naturellement les choses sont présentées sous le jour le plus favorable, mais je dois* dire qu'en général l'installation matérielle est très satisfaisante.

Les private schools se divisent en plusieurs catégories : les uns sont de petites écoles préparatoires, les autres, de véritables collèges établis jiar une société d'actionnaires ou par un groupe de professeurs ; beaucoup tiennent le milieu entre ces deux espèces. D'autres enfin sont des « cramming.» : lisez des chauffoirs.

De la première catégorie je citerai Bowden House school, situé près de Harrow; les enfants sont admis de sept à quinze ans.

.Le prix est de 80 à 100 guinées par an (2000 à 2600 francs). Bien entendu, il y a toutes les facilités nécessaires pour le cricket et les autres jeux; cela vient presque en première ligne sur les prospectus.

Je citerai ensuite Saint-Edmund s collège — Elgin Crescent,.Notthing Hill. W. — C'est le premier des externats établis récemment par une association d'universitaires de Cambridge. On y prend les enfants à partir de six ans; ils peuvent être externes ou demipeasionnwes. Les heures de classe sont de 9 h. 1/4 à 11 heures, de H h. 1/4 à 1 heure, et, dans l'après-midi, de 3 à 5 ou de 2 à 4

selon la saison; prix : de 12 à 15 guinées par an (312 à 390 fr.).

Appuldurcombe collège, situé dans File de Wight, est l'ancien château des comtes de Yarborough; une splendide propriété, entourée d'un parc de 700 acres. On Ta confortablement aménagée pour sa nouvelle destination, mais tout en lui gardant son apparence seigneuriale; ce n'est pas seulement le château, c'est le domaine tout entier qui a été acheté, avec le droit de chasse par conséquent : moyennant 2 livres par an (50 francs), les élèves de dix -sept ans ont la permission de tuer les perdrix du collège. Mais la propriété sert à autre chose qu'à les divertir : s'ils se destinent à la colonisation (colonial lifè), on les dresse à l'agriculture, au faire-valoir, à l'administration d'une ferme;.... entre autres langues vivantes, on leur apprend Thindoustani.

Appuldurcombe peut contenir jusqu'à cinquante élèves; c'est beaucoup. On a beau séparer lès petits d'avec les grands, cette séparation n'est jamais bien complète. En somme le private school ne devrait jamais

viser à remplacer le public schooL II n'est bon que pour préparer les jeunes enfants au changement de vie, pour leur servir de vestibule scolaire.

Et, quant aux « cramming », ils ne rentrent guère dans le cadre de cette étude, où j'ai. l'intention de parler, d'éducation plus que d'instruction. Dans ces établissements, le but poursuivi est de meubler une mémoire en vue de quelque examen décisif. Heureusement leur rôle n'est pas bien important en Angleterre, où les examens sont tels qu'un travail régulier et modéré suffit presque toujours à assurer le succès. Il est donc inutile d'insister sur ce sujet préliminaire. Quelques explications seulement étaient nécessaires; c'est pour les public schools et les universités que je réserve la minutie du détail. On trouvera peut-être que je l'ai poussée trop loin; mais l'éducation, qui est une œuvre si belle, si grandiose, m'a toujours paru se composer d'une foule de petites choses, de petits détails, de petites considérations en apparence très secondaires. C'est pourquoi je n'ai eu d'autre but ici que de former une mosaïque de faite, sw

ïï L'ÉDUCATION EN ANGLETERRE

rangeant côte à côte ceux que j'ai pu recueillir dç visu.

J'étudierai d'abord les public schools du Royaume-Uni : Eton — Harrow — Rugby —

^Wellington — Winchester — Marlborough — Charterhouse — Westminster, etc., puis les grandes écoles catholiques; enfin les universités, et plus spécialement Oxford et Cambridge. On trouvera ensuite des considérations sur les problèmes scolaires en présence desquels nous nous trouvons en France , et que le système anglais modifié et approprié à notre race pourrait aider à résoudre.

C'est du moins ma conviction.

Cette fois, toutes mes préfaces sont achevées et nous allons prendre le chemin de fer pour Eton. Je veux seulement consigner ici les noms de ceux qui m'ont plus particulièrement aidé dans ma tâche et auxquels je suis heureux de pouvoir envoyer de loin un souvenir reconnaissant : ce sont MM. Bowen (Harrow), Lee- Warner (Rugby), Cornish, Mitchel (Eton), du Boulay (Winchester), Thomas (Marlborough), Gunion Rutherford (Westminster) , Cros

legh (Cooper's Hill), R. Lee (Christ 1 s Hospital), Norris (Edgbaston), Souter (Oscott), O'Hare (Beaurfont) , Liddon , Lane-Poole , Wilson - Lynch (Oxford), Sedley-Taylor, Waldstein (Cambridge), Arnold (Dublin).

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