ARGUMENTATION
l«'fiducatio]i doit être séparée de PEnsef finement.
Laisser ïéducalion aux pères de famille on à leurs re(M'és»€n:ants, et Venneignemenl à r£tal, voilà, si nous ue nous trompons, le vrai pnnci|>e de la matière.
Nous resterions sur le teiTain d'une dispute interminable, si nous prétendions avec les uns que « le droit du père de famille est abso'u, » c'est-à-dire qu'il comprend exclusivement tout l'Enseignement et toute l'Education, et avec les autres que a le droit de l'Etat est absolu, » c'està-dire qu'il comprend exclusivemçT\\.\QW\&V^ducation et tout i'Enseîgnemenl.
Nous nous placerons, au contraire, sur un terrain moins contesté, si nous établissons, d'une part, que le père de famille pouvant donner TEducation mi^ux que tout autre, il est de Tintérét de notre société, telle qu'elle est aujourd'hui constituée, qu'il la donne, et d'une autre part, que TËtat pouvant donner TEnseignement mieux que tout autre, il est également de l'intérêt de notre société qu'il le donne.
Qu'on ne nous objecte point tout d'abord que la Charte, dans sa haute sagesse, ne distingue point entre l'Education et T Enseignement; qu'elle les confond tous deux dans la même parole ; qu'elle veut tout ou rien, et que c'est au plus rusé ou au plus fort à s'emparer du cœur et de l'esprit des générations futures.
]N^OQ, la Charte n'a mérité ni cet honneur ni G^tte injure. Il ne faut pas trop lui en vouloir de $pn article 69; car elle en est bien innoç^pte, ceMe pauvre Charte, bien innocente d'iotfntjpn et de fait. Eh, qui le sait mieux que moi, puisque j'assistais, cpriipie témoin ofQciel et requis, aux douleurs de son enfantement, et
qae j'ai va et touché de ma m^ les buiU an peu hâtifs 4e cette gestation.
Voici, aa pli|s juste, cpoioi^t les clioses se sont passées.
Je De me prévaudrai pas des expressions textuelles de la Charte.
Je les prends poar ce qu-elles valent. C'est M. de Lafayette qui les a laissées tomber de sa plume sur les marches de Fhôtel de ville, mêlées et incluses avec les autres promesses de l'anide 69. Et, sans ptos d'examen» la Chambre des députés, qui. dans son trouble et ia presse du moment, ne savait pas trop de quoi il s'agissait, ni ce qu'elle faisait, y a apposé son cachet législatif, ni plus ni moins qu'un commis qui regarde seulement au bas de la pièce et légalise une signature.
Nous n'avons donc besoin que de voir ce que voulait M. de Lafayette, l'auteur exclusif et, sans amendement, de Tarticle 69.
D'un côté, entendait-il la liberté de renseignement telle et dans le sens absolu que l'entendent quelques membres du clergé et quelques
pcTfs de famille, lant Gaulois que Belges ? Nous répondrons : Non.
De l'autre côté, ^ M. de Lafayette voulaît-îl que, par un amour insensé du Grec, on ne t< iichat pas à un seul cheveu de Tuniversité, comme le prétendent certains universitaires? Nous répondrons : Non.
M. de Lafayette voulait-il, en demandant une loi sur ïinslruclion publique, que toute Vïnstruction fût publique, ouverte à tous les regards et à toutes les fortunes, donnée devant tout le monde et graïuitemenl? ou bien, n'entendait-il par instruction publique, que Tinstruction donnée en commun et à plusieurs, par opposition à celle qui se donne en particulier et à un seul? Enfîn ne comprenait -il, ce qui est plus probable, par liberté d'enseignement, que raffranchissement du monopole qui p' sait du temps de la restauration, et qui pèse iiicore de notre temps, sur les cours de T instruction supérieure ?
Voilà ce que le digne et excellent général aurait élé fort embarrassé de nous expliquer, car il ne le savait pas lui-même*, ou €V\ \^ "s^^-
lit, il n*a pas trouvé roccasion de noas le dire, : qai revient absoloment au même.
Comment donc nous tirer de ces versions >ntradictoire8 snr la vérité absolue du sens de article 69? Nous serons plus d'accord avec la érité relative, en soutenant que la Charte a oulu» n*en eût-elle même pas dit un seul mot, u'uneloi organisât, dans un esprit sincèrement ibéral, tout Fensemble de rinstrnction publi- [ue, savoir : Tinstruction primaire, Tinstrucion secondaire et Tinstruction supérieure.
Après nous être dégagé de cette objection Ittérale, arrivons à nos propositions.
Le père de femUle doit donner l'Bdncatlon.
Nous disons d*abordquele père de famille loit donner VEducalion, En voici ies raisons :
ifaus ne vivons pas, comme les ipeu^Xe^ ô»
raotiqiiité ,- dini de pêtitas réjmbliqBM en plein yent. Nous ne faîtens pis, eomme eax, 8or la plaee du Foram, nos quatre repas, et en entre, de la péroraisoni de la gymnastique» du gonvernement et de la finance. Nons n'atons pas, comme eux, soas nod teits^ an maître et vingt esclaves.
Nous habitons des maisons à six étages dont le palier du derrière ignore le nom et la figure des locataires du palier d'en face, et où Ton se coudoie sur Tescalier sans se regarder et sans se eonnaltre. Nous ne descendons pas sur la place publique, et nous ne sacrifions pas nos femmes, nos enfant», nos fortunes et nos vies sur Tautel de la patrie. Nous nous murons dans notre intérieur, au coin de nos foyers, avec ces chers objets de notre tendresse. Les peuples civilisés ciilti véiïl beaucoup les dieux lares ; c^est à côié d'eux qu'ils placent la liberté, et, à vrai dire, dans la loge du charbonnier comme dans le palais des grands, c'est là surtout qu'elle est.
Nous vivons tous en égaux au milieu de très-
gnndes agrégations d'hommes, cik Von ^«oîL
Msmr beaucoup i faire à cha^quA laiià>\<à
qm l'Etat m^mè dé cette Hhèrté ddMsti^ue de foire et d'agir. Âucontrairëi la pleine aisance de la pérsoiine, qài l'éptigne aiix tdtttèl {otites dérndcr^tlél, et je le eon^iâ; ads mivédtâ dé liioilte^ et atli attirés espèces dé conmittilMItés, est le charme et Mi là dotlcëtlr dé dOS sdéiétés ibodéhlés, où le problème à rédoudi^é éi^t ëeluid : le t»lili dlifdëpètidaiiéé poss\h\e ûïïtiS le citoyM, Érèè lé p\iis débilité possible daiis FEtat.
Tout mon plan esteonfornie à celte donnée.
Je m^explique :
La nature a éner^qiiédieiit dOllé les pMê et les meta de famille d'tine tendreèsé ; d'une i^tlAioli, d'dii lostinet dé sûreté , dé iect et d'àetioiij que l'Etat, par lés cofnbtdsisonâ les plus SAtatites, ne saurait l-^mplàbëi*.
Qui connaît mieux que le péfé è( là mère, les vices de conformation, les maux secrets, les felbléSses, leé infirmités pliyàii]t]ë$ et tmn*ales dé leur ènfknt 1 Qui, mlétix qu'eiii^, dont Fajaïdirr est une si haatè intelligence, 4ot\\.\^ ^t^ réir^ace est ane si rive lumière, %«»xiiV»
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nom, il délègue le pouvoir qu'ila reçu de former le cœur et de soigner la santé de ses enfants. Ces soins religieux, moraux, iiygiéniques, économiques, sont ce que nous appelons ïEduccUion. Là pension, c'est la famille associée ; c'est la maison paternelle qiii se continue.
On a vanté la règle inflexible du collège unitersitaire ; mais c'est là ce qui ne vaut rien. Où a-t-on vu qu'il y eût dans les familles, des règles inflexibles? Plus la pension privée imite la Camille pour l'éducation, mieux elle remplit son but. Je ne sais pas si ces prétendues inflexibilités de réducation universitaire font les vigoureux citoyens, et j'en doute. Car où sont-ils donc, dans notre siècle d^argent, ces vigoiueux Citoyens ? Mais je ne crois pas qu'autant que les éducations famUiéres et particulières, elles fasseot des Gis dévoués, tendres, respectueux, soumis, moraux et religieux.
J'en appelle au cœur des pères de famille et à leur raison. Que leur importe, pour leur bonheur in"^rieur, que kut 6l\^ ^\\. ^^^\\^\^ gtee dans Buinoof q\k daoa Id «xxvx^ ^<c^<&^'»x^x
^6 remèdes doux, vigoureux, appropriés, qu'il faut pour ces maux-là ?
L'Ëducation, c'est la conscience du père, c'est sa morale, sa religion, ses affections, ses f ntrailles, et, en quelque sorte, une portion de sa vie, de son cœur et de son être.
L'Education a donc pour le bonheur common dus pères et des enfants, pour leur union, pour la conformité de leurs humeurs, pour la oonûdcnce secrète de leurs sentiments, pour leurs destinées, pour leur intelligence morale, pour leurs consolations religieuses, pour leur entente cirdiale, ime importance qui passe toutes les mitres importances de la vie.
Quel est le père de famille, même immoral, qui ne voudra pas que son fils soit moralement élevé f La société peat donc s'en rapporter avec confiance, sur ce point, aux pères de fomille, boas ou mauvais.
Or, si la société reconnaît au père de famî' celte mission, elle doit la reconnaître aux rep sentants du père de famille. C«nt à lui qu lliomde la société, encore plus qu'en son prr
noàt, il délègae le pouvoir qu*ira reça de former le cœar et de soigner la santé de ses enfants. Ces ^ins religieux, moraux, iiygiéniques, économiques, sont ce que notis appelons ïEduccUioii, La pension, c'est la famille associée ; c'est là maison paternelle qui se continue.
On a vanté la règle inflexible du collège universitaire ; mais c'est îk ce qui ne vaut rien. Où a-t-on vu qu'il y eût dans les £unilles, des règles inflexibles? Plus là pension privée imite la Camille pour l'éducation, mieux elle remplit son but. Je ne sais pas si ces prétendues inflexibilités de réducation universitaire font les vigoureux citoyens, et j'en douie. Car où sont-ils donc, dans notre siècle d^argent, ces Vigomeux cAoyens? Mais je ne crois pas qu'autant que les éducations familières et particulières, elles fasseot des fils dévoués, tendres, respectueux, soumis, moraux et religieux.
J'en appelle au cœur des pères de famille et à leur raison. Que leur importe, pour leur bonheur in"^rieur, que leur fils ait appris le pftc dans Bomouf ou dans tel autre glossaire^
IS et qu'il sache un peu plus d'algèbre ou un peu plus d*histoîre du moyen âge? Mais si le père est pieux et que le fils soit sceptique, et réciproquement que le père soit voltairien et Tenfant dévot, pensez-vous que la conversation du foyer, que la vie d'intérieur, n'en sera pas gênée et rendue insupportable ?
Sans doute, si TEtat avait un culte à lui , il devrait distribuer avec les prêtres de ce culte, quel qu^il fût, rinstruction religieuse. Mais quand les cultes sont libres, c'est son propre culte que le père de famille fait distribuer comme il l'entend, chez lui et à domicile, ou par son représentant. La liberté de l'éducation est la conséquence de la liberté des cultes.
De même,si l'Etat s'emparait de tous les enfants à la mamelle et les élevait en communauté, sans père ni mère, l'Etat devrait logiquement prendre soin, selon qu'il le jugerait le plus avantageux pour eux et pour lui, de leur morale et de leur hygiène. Mais la France n'est pas ainsi laite; nos différents gouvernements, il faut leur readre cette justice, ont eu iuaï\\3LVt\ XvlX^'dM^
4^ de ne nous prendre que notre argent ; ilg ont bien voulu nous laisser encore nos enfants, et U liberté de Téducation morale et hygiénique, est la conséquence de notre société domestique t( individuelle.
I/Etat doit donner l'Bnseiifiioment.
- Mais s*il e>t de rintérél de la société de laisser Véducalion aux pères de famille ou à leurs représentants, il est de son intérêt aussi de laisser VeMeignemeni à l'Etat.
En voici les raisons :
Les pères de famille se sentiraient gênés, froissés, opprimés, si on voulait les forcer à vêtir, à nourrir, à exercer le corps et les membres de leurs enfants de telle ou de telle manière ; à leur imposer un régime hygiénique ou médical de telle façon qui ne serait pas la leur \ i V»a nfpreadre hg dogmes j les maxuaes ^X. V^ Vcv
io
tiqii«ë de tétlé rdl^Khi m dé telle nldrile flartibiilièit, sut* leSqtiêls ilâ n'adrdiedl \^s été cMutilt^s? Ile erdiraiedt, riches da pâdvres, lettré» dtt IgnoNdts, êtt sâ^bir là-deâsds tnieux et plus long que les professeurs lés plti^ liàbiles et que le grand maître de funiversité lui-même, et, eertes^ ils n^autaient pas idrtda le eréire. En contraignant sur ce point leur volonté, oh commettrait un acte d'oppression, ei, de plus, la pafiernîté de TEtat ne faudra jamais Taatre» quoi qu oa fasse.
Mais nos pères de famille^ si sensibles, si chatouilleux, et si instinctivement, si admirablement bien avertis et écIai^ë§ â Téfadrôil dé Tbygiène,ule la morale et de la religion de leurs enfants, redeviennent fort ignorants et fort indifférents sur les matières et les méthodes de l'étiseigiiemeiit. Ils s'en rappôi-tént tous, làaés«uâ, auk professeurs, et ils d'ont pas d*objecildiis.
Il» sdm, a^àilléars, pbds^é^ tëH les écoles de VÈUki, pai*detii stiHés dlntérélâ viVât^s et petéMinéls qui s'èngéndrént Tun de Tautre.
yuflquiest te 6ommeiicedient dèà étddei)
siYQîr, reyifrîgi^epenUtxMiiiMrahé, etTaptre, qai est la C4)q$(équ«DC9 dfs ^tude^ sayoif , 1)^ f mplqî qiiplcqnque de Y^h
Il f|)ift s'eipliqpef çlaiirerocmt sur ^m deu;i poiqtf capjtaaf .
^9 çom^vom pas notre payi gu^ aiitfei piyi de rEarppe.
La division de» prppri^t^, qui a fait, en si peu d'aoqées, la força, la richjesifa e( U paif d^ la Fr9pce, £t Tégaliié des partages de siiccetsien, ont amoindri les fortunes de la classe nioyt nne, en même temps qu'elles en élargisr faiçnt 1^ cadre; d'un autre côlé, les progrès de )a ciyilissitiop, la penie des mœurs, la Tusion aujourd'hui presque consommée des hautes et moyennes classes , les annonces de la publicité et les intentions économiques de rindustrîe, ont augnienté le besoin de Taisance et le goût du luxe. C'e^i à celte dpuble cause, marchaiit dan$ dçu^ seps contraires, Tqne de diminution d'avpir, et Tautre d'accroissement de dépenses, qu'il f^ut at^ribu^r cet aniour de l'argent, qui est )ç «jgne ^^ le mfàl des ^iéjés civilisées et besoigq^^s.
Or, qui peut donner le meilleur enseignement et au meilleur marché, si cen^est PEtat?
On a le meilleur enseignement lorsqu'on a les meilleurs professeurs; et Ton a les meilleurs professeurs lorsqu'on leur offre tout ce qui peut d'abord les rendre tels, savoir : une excellente école normale entretenue aux frais du Trésor ; ensuite, tout ce qui peut les honorer, grades et rangs, dignités, décorations et pouvoir ; enfm tout ce qui peut les enrichir, primes et subventions, traitement et pensions, c*€st-â dire, ce que nul autre que TEtat ne peut donner.
On a ce meilleur enseignement par les mcil' leurs professeurs au meilleur marché possible, lorsqu'on l'a pour peu de chose et, même au besoin, qu*on pourrait, sur une prière du ministre exaucée par la chambre, Tavoir pour^rien. Les pères de famille ont donc tout intérêt à venir aux écoles de l'Etal ; et dans tous les cas, c'est presque là une question oiseuse, puisque l'Etat est maître, en ouvrant des cours gratnitSy de les y faire tous venir, quand il voudra.
Mais c'est surtout la fin de l'enseignement, Je veux dire un emploi quelcon<\ue de l'Etat
qai allèche le père de famille. C'est là lubsessîon continuelle de son esprit, son affaire de chaque minute, son but unique, son idée fixe.
Pour bien comprendre le père de famille, sous ce rapport, comme il doit être compris, rendons-nous donc un compte exact et complet de ce qu'est aujourd'hui notre société officielle.
Ce qu'on appelait jadis les deux premiers ordres de TEtat a cessé d'être, de droit et de fait.
Nous n'avons plus que quelques noms historiques, la plupart dégénérés et qui ne se portent pas, mais qui se traînent. Sur vingt personnes titrées, quatre, et même deux tout au plus ont le droit de se qualifier, et il n'y a rien qui ait moins de valeur et dont on se raille plus, en France, que Tusurpation.
Cette noblesse délabrée, qui se recrutait jadis par les grades de l'armée, par les charges de la magistrature et par les emplois de la cour, s'éteint, chaque jour, avec la masculinité des races et ne se renouvelle plus. D'ailleurs, la noblesse, par tous pays, implique des prérogatives de juridiction et des exemptions d'iro^ôt, Or^ il
k*y a plus, fort heureusement/ d^priTÎIéges de iridiction, ni d^exeuiptions d'impôt. Tous les Yançais, uo))]es ou f oturiers^ petits ou grands, mt passé sous le nivefiu de Tégalité devant la >i.
Il n'y a paS| eu France, sur trente-cinq mil? ions d'hommes, plus de dix mille anciennes amilles nobles dont les trois quarts, besoignfues, sont continuellenfieqt en qi^éte d'emplois.
Le clergé n'a plus ni richesses, ni jugerie, m Mtroaage, ni pouvoir.
Le peuple des artisans et des cultivateurs pç igure pas dans les rangs dç la société officielle.
Ailleurs, règne Taristocratiç de naissaficf^ ; lilleursy Taristocratie de fortune. Ailleurs, e pouvoir descend par étage, dans les cer* clés provinciaux, les tribunaux judiciaire^, es corps d'état, les adminiçt rat ions des villes. Ailleurs, le prince gouvj&rne sans contrôle, saqs responsabilité, avec quelques agents dont topte la science est de servir aveuglément.
Mais la France vit soiis un régime à part. Il 7/ UD temps oùy du petit au çraxiA^çWtv^QH^vt c/j/ne et faissdt Ja courbelle *. c'èvaXX ^w v«wv^
de Louis XIV. Un anUe Itups oil, dQ ptlît au grand, elle révplutîoniiQÎt, c'était du temps de la Répabliqae.TJn temps eiiOa oà, du petit %^ grand, ellç se battait, c^étaîtdu tempa de l'Empire.
Aiûonrd'littî, elle fonctiomie. Toute la jouv-' née, la plum^ I l'oreille, une main tur dea saca d'écus ^l'autre sur des paperasaea, elle s'assied devant soii bur^u et donne audience.
Officiellement parlant » il n'y a plus d^aristocratie, ni de dém<ipr«tie, ni mépae de mouaccbie. H n'y a plus de visible, de supérieur, d'influent, d absqrbant» do prjviiégiff en hlu si ce n'est en droit, qu'une seule classe incomparablement plus nombreuse qu'en aucun autre pays de TEurope, et que j'appellerai la liante^ moyenne et basse bourgeoisie (1).
(i) Pairs» dépi}t4«i ministres, fooctionoaires, officiers, juges, professeurs, employés, gens d'états libéraux, électeurs, propriétaires, négociants, nous sommes tous de la bourgeoisie, et nous ne devons pas nous ^Imd.^ àe celte fusion incessante des races, des ttin^*, ^^ ûpinions et dea intérêts, puisqu'elle nous ^ou&%«i ^
Elle n'est pas toote la nation, tan . bien, mais elle est tout le goavern< gooTernement est son héritage, elle s ]e gouTernement est sa propriété, elle Tout père de famille bourgeois fait c de sa fortune, celle qu'il tient de et celle qu1l tient de sa place. Il join bouts oisemble, et il vit comme il peut lui soutire par rimpôt de l'argent, il le l'argent de remploi.
Tout bon bourgeois, père de fami
de pins en plus, Ters l'égalité et Tcrs l'uni ^i nous est si chère. Nous ne pouvons chai naus ne le Youlons pas ; nous le prenons ti nous l'exposons , et nous nous bornons à conséquences qu'il renferme. Oui, c'est | psrce que, d'un côté, il y a foule et presse d aux abords du pouvoir, et que, de l'autre cô ▼oir est responsable, qu'il peut choisir se c'est parce qu'il peut les choisir, qu'il peu âéquent, leur imposer les conditions de son parce qu'il veut s'assurer le mieux possil aptitude, qu'il doit leur donner lui-même ment.
: garçons, élèf e û fonctioiiiiaires» «I • il n'est int par trop de ropposition, il a droit à sis nues places, mnnies de six bons traîtemenu.
peot choisir. Que Tcat-il être, on que yent-il ilb soient?
Roi? c*est dommage, il n*y en a qa^nn.
Ministres? c'est mknx, il y en a neuf.
GoDseilters d'Etat on maîtres des reqaéte ?
y en a deox cent deux.
PréfeU? il y en a quatre-Tingt-six.
Sou^-préfets? il y en a deox cent soixantes-sept.
Ambassadeurs, secrétaires, consuls, yice^on- Is? il y en a deux cent soixante et un.
Conseillers de cassation ? il y en a cinquantc-
Maîtres des comptes ou référendaires ? il y i a cent six.
GHiseillers de cour royale? il y en a sept cent iquante.
Procureurs généraux , procureurs du roi, bstituts, présidents ou juges de première stance ? il y en a deux mille six cent soixante-
Gr€ffien, jqge9 de pair, ayoqés? il y <9i) «^ sept mille quatre cent quatre-vingt-un.
Professeurs royaux ou communaux, censewni proiri#eur$, ^cqnqmes? il y en a sept mille qpfitrp cent quarante-troi.«.
Inspecteurs, ing:éniears, élèves etcondueteprs des ponts et chaussées et des mines; dire(!t(nin 't < et commis des administrations ceniralei, des B finances, du Trésor, des contributions directes, 1 des droits réunis, de Venregistrement et ieê domaines, des hypothèques, des douanef, des tal)acs, des postes, des forêts, des eaqiL ; Qn|f ployés actifs, embrigadés, sédentaire!, auxiliaires; surnuméraires de tous grades, 0e tontci g» couleurs et de toutes sortes, mais es^ntielle- *|< ment parties prenantes? il y en a par milii|srs, w\ par dix milliers. ^
Et n'oubliez pas qu'il dépend de FEtat iml, u c'est-à-dire, pour parler le langage desaCfaîves, 9 qu*il dependraitdesnfiinistrcsresponsahleiydanp « chaque département, de relier leur agr^inent | aux dix mille notaires, aux mille greffiers, 9nx 1 commis des préfectures el de% %^ToÂ\\\i\ic%>Mwe^ l * locales, et aux innombvaVAes olVmex^ ^ç^xssoî»* \
iriMi 4al tte ÊimM pas mtï ad moibs baèhelien ês letinài; oii baeliellM es aeitoee»; ou hacheliet» eik droil^ et mèimi à oéut qui en iadillieraleiii M dlpiôme; car UA t&i leur bon lilaMr.
Biles rillràfebès les atitreU ilÈWms eWiMié^ QQ état dé hWm ftàï reMmble I eélttl-11, fet 1*11 tf di tout pas téiilf eomptè.
29'<HiWlCs dffnt (MÉj n'ouMiea jamais eeél :
Tout ée jqui (RirUs habit, qtli a les maiiis Manchâi, qttl se fait la barbé; qui Ht coiil'atiiilMBt^ etqulééHtrorthogitipfaei est fonctionrialfè bu ta rétré.
Quel éSt éëlàl flé bodâ â)raiti (rigiibii îiïb rtié, ^elqoCé écUSdâbs Soi! gbussët et tiriltit fërs Yiié, ittti tfait été IbBètiOttnaiffc? A qiifii ddnc aspire l'opi^bUtion, datas son èhthoiisisl^ni^ le f)\m por étiê plus patriotique? A être fdafctioilbairé. Le roi liii^ttiéiiie n*éèt que lé premier dés fonctiomiaireset le ntiédi appointé, le plasénrié par eitttâéqaént A qnbi abôtilissétit léS luttes des partfil, tes diseburs de tribttne, les trahi^dns de êabihét, les éfr^escencéS dé la pté^^^V^ x^ MtiikmsM rigide palais, d'armte^X «1^\%^
^0 htore? A se. prendre les places les un antres, et snrtont à les garder. La chainl] députés est, à plus des trois quarts, plein de gens en place, mais de gens à places, Teut dire de gens qui en ont ou en y< avoir. La chambre des pairs n'est plus q gérontocratie de hauts fonctionnaires.
Les Français ont tant besoin d'emplois, spot si impatients, si disputants, si reluqua friands, si jaloux, si amoureux, qu*à la renoe de tous ceux qui ont bâclé ou qui ront les chartes et constitutions des autrei les Français ont mis dans leur article 5, seraient tous admissibles à tous les emplois dition irritante qui, pour le dire en passa radicalement incompatible avec un gou' ment à bon marché. Uarticle 5 de la < reuTcrse à jamais Téconomie du budge
La législation conspire dans le même JBllea créé, elle crée, elle redouble, elle d ble, elle embranche, elle multiplie une ii de gestions, d'administrations» de commis de directions, d'inspections, de vérifîcatio contrôles; et il n'y a pas de diambre^ bai
^P tNKsef mais bien avisée, qui ne batte des maina ' i rinstiUition de nooTeaax emplois, sons le pré- * leite que le bien public Texige, et que d'ail* ' )«ors, tous lei Français y sont admissibles, ^ eooune on sait. Qa*adyient-il de ce qu'il feint occuper tout ce monde-lk? Les formalités s'enrhcfètrent, les correspondances vont, viennent, retournent, s'échangent ; les écritures foisonnent, les comptes se gonflent, le budget crie " i et se rompt.
~ i! La France actuelle, je le répète, n'est ni une '^i république, ni un empire^ ni une monardiie; eDe est une fonctùmocratie^ et le mot vaut la chose.
Il fout ajouter que le corps électoral est pris tout entier dans la bourgeoisie quémandeuse, et il n'envoie à la chambre, terme moyen, que des bourgeois moyens et quémandeurs.
C'est encore une autre singularité de notre régime, que les emplois salariés ne se donnent pas à Télection, mais au choix. L'élection n'est réservée que pour quelques fonctions gratuites et honorifiques.
Il suit de là que, comm« le désir des places
5t MknnilsiMéi H que la sdlltettatiôii d«i pères d ttliiilte eèt sànstepds^ 9âns mesure, sans limiu sans assottvissemëiit, il ftittt bienqo*Hsse plies aux exig^ces de grades et aox conditidns d'ei ieîgnentent que le gouvèmemeDi leur impose douces exigences, eoiiditi(M tâcWesj puisqb'elk sont les atennes toutes droites qui mètiént Ifeui enfants à ces places si désirées !
Aussi, il n'y a pas un prince, pas un ministfi pas un inspecteur, pas un recteur, pas un dire teur qui, en s'adressant à cette jeune bourge< aie, moitié or, moitié argent, ne lui dise : « Yo êtes, mesenfantS5re8poir,rtionneur,la force < la patrie, c'est-à-dire, de la patrie officielle.Yoi allez nous succéder, c'est-à-dire^ hériter de n dignités, dé nos salaires et de nos places. I tous seuls dépendent la gloire ou rabaisseilie de la France, c'est-à-dire, de la France que na sommes et que tous allez être. »
Or, ils ne sont en tout que soixante mil Jeunes hommes qui forment le séminaire i gouvernement. Tout le reste de la nation é par derrière, qui ne compte pas, et il a'ed e paiinéffleqiiestion«
Est-ce qu'en Angleterre, en Allemagne, en Bossie, en Italie, en Amérique, le centeinquantième des habitants se dignifie et s'appointe comme chez nous, pour administrer, réglementer, couper à blanc et manger le reste de la compagnie?Est-ce que la centralisation y est, comme chez nous, le mode, le lien, le ressort, Tânie, la puissance du gouvernement ? Est-ce que l'université, comme chez nous, s*y lance contre le clergé et le clergé contre l'université, pour s'entre -dévorer et ne pas laisser pièce et miette, l'un de l'autre? Ces trois choses, qui ne se retrouvent pas ailleurs, changent entièrement Tétat comparatif de la question.
C'est, d'ailleurs, sottise de s'imaginer que l'u^ nitéde Tadministratiou sesoutienne sans l'unité de l'enseignement. TSom avons, tous tant que nous sommes, nous autres Français, la tête un peu folle, pardon, un peu légère. Mais j'espère bien que nous ne l'aurons pas jusqu'à nous éparpiller, à nous diviser, k nous individualiser, ou même knous fédéraliser. Noos ne briserons pas étourdiment cette admirable centralisation
que TEurope dous envie, el qui noii9 prés^ye à la fois et de la guerre civile et de la ^Qerrje étrangère.
Dans la réalité, dans le vrai de la théorie et du fait, chez nous, chez nous, répétons-le bien sans cesse, renseignement clas>ique et secondaire ne peut être coa^déré que comme Tune des branches du service public.
L'enseignement secondaire mène tout droit aux grades, et les grades tout droit aux places. L'eiiseignement et les grades sont les moyens, et les places le but. Tant donc que TLlat donnera les places, il doit donner renseignement. Il faut cela pour les pères de famille qui veulent que leurs enfants arrivent aux emplois^ par les plus courts et les meilleurs chemins. Il faut cela pour TEiat qui peut étendre, limiter, éprouver, conditionner le choix de ses serviteurs. Il faut pela pour les i^inistres dont la responsabilité, sans cela, i^'aurait pas de sens, d*elfet, de garantie, de prise.
D'ailleurs, IfS 4jeyoir d'epseignemenf ne se rephrme pas, pppr l'Etat, daqs les seu|jç§ prj}-
^fUspfïiw aussi p^ (f^^U'ç^ cppsidéraMop^ m-
Résumons-les foates.
1,'pi^t <}Qi( reifseigpçïTiept :
Çopinae ponféqu^fice ()e ^ r«spqp^|jilî(â , pour garantir le })on çliQi^ d^s foactiopnair^ ;
CpiDfp^ ppps^guence <1e 1^ centr^lisatipii du Çpuyefp^r^erit, ppqr maintepir Tqaité ck sqq es- ()f it dans Tupité de ses ^ctes;
Gopime cpi)3^quf|pce 4p la gloire intell^tuelle fin p^ys, ppMr répandre, élever ^t soutenir à un l^autdegri^ l'éclat 4qs études littéraires et çpjeqlifîques;
Conjpae copséqppqce fip Tégali^^ constHptionl^elle des citqyeps, pour puvrir T^ccès des emglqjs publics au mérite indigent;
ppipme cppséqu|ence de noire natjons^lii^, jjfilfj^ r0çbj|uffe|r, pour ppir tous les cœurs ({^r \p lie^ de^ mêipes enseignemcpts, dans T^ippur 4^ )^ çpfppupoe patrie.
Ç|) I ippp Die|i, ne voyons pas les chpscs étrpjl^p^ept, fpesqpjpeqaent et cinppiie des gen» de IiarM; ÇP t^pt qpfjnous srriops léi.Uwv^V«s»^^^ f^pbÛqiiq^^f^ copfîfinalfiuif§\^oi<«ç-\wk^
plos hant et comme Français, à Tayantage de fous, pour la grandeur de la France, et dans Tintérêt suprême de TEtat.
Ce n*est pas pour vous, que l'Etat exige et confère des grades et des diplômes, c'est pour luimême. En effet, vous n'avez pas besoin d'un diplôme pour savoir si vous êtes savant ou lettré ; vous Têtes ou vous ne Têtes pas. Personne ne sait apparemment, mieux que vous, ce que vous savez ou ce que vous ne savez point Qae servirait- il donc que vous vous donnassiez à vous-même, la satisfaction puérile d'un diplôme qui ne vous conduirait k rien ?
Mais il n'en est pas de même de TEtat.
L'Etat, responsable envei-s la société, ne Toubliez pas, vous accorde, au nom de la société, le privilège d'une profession libérale, celle d'avocat, de médecin et autre. A quelle condition et sous quelle garantie? A la condition et sous la garantie que vous produirez un diplôme de licencié ou de docteur, délivré parles facultés de droit ou de médecine. Pareillement, TEtat vous accorde le bénéfice d'un (m^loi civil, administratif, judiciaire. A. queWe co\iâi\À»ii ^\ «ftioa^
qaeUe garantie? A la conditîoii et loas la garantie que TOUS produirez un diplôme de bachelier, délivré par la focuhédes sciences ou des lettres. Or, ce diplôme, pour être sincère, doit être précédé de Taocomplissenient des quatre conditions suivantes : Assiduité aux cours de TEtat, temps d*é(udes requis par l'Etat, épi*euves écrites de TEtat, épreuves orales de TEtat. Libre à vous sans doute de ne pas suivre les cours publics et gratuits de TEtat et d*en suivre de pareils hoit chez vous, soit ailleurs. Que rien ne Fempèche I Mais alors ne vous plaignez pas de ne pouvoir être médecin, avocat, fonctionnaire. Qu'y a-t-il à dire et quoi de plus juste?
Je cherche également, et je ne trouve pas, ce qu'au cas posé, le clergé aurait à dire.
En rendant l'éducation complètement indé- [tendante, toutes ses objections tombent, parce que tous ses vcpux sont remplis. Il n*a, tn effet, à revendiquer, d'après PEvangile, que la direction morale et religieuse de l'homme, et il ne peut tenir g/orieusemeniceWQ m\s&voik, c^'t ^^ /a libre concurrence. Il aura celle WYixe towixa-
rente; cmfévine â lll Gh&rté ^di tëttt IH libëKt deâ coites, conforme dd s^tititrïent des (lèrës dé fârtiilife qdl tenletit pdttvolr khoisll* ledh rèprëdentants^ et (sourdrme â 1 ititéi-et du clergé qui, potir plaire aux paretits et raii^er sdds éôii gdù- Tememe nt spiHtuel le plUs gratid tionlbi'ë possible d'élèvèS) sera obligé de s'ttvanter dâiiâ la science de \A vie, de se perfébtiotinet' dails là pratique de toutes softès dé tertuS, de se raj^probher dâlvâtit&gë de l'esprit tiiodëtiie, et Hë (ttirè Tdir m mdndë les trésors de patîëiibë^ dm détouemetit, d*ltumanité et de pdrëté chrëtietllie qb il retlfëritie dans soh selri:
Lorsque JésaS-Ghrist a dit à ses ât)6(f*ë9 :
Allez et cnseij^iicz î cela voulait dire : .Allez et enseignez etf iilOti tidnj, à eroîrë à nibii Hbtil, à mes dogmes, à riia morale; à ma ditiiiité. Gëh ne tOulait pÀé dire : Allez et ènselgftiei àxit iiatidii.^j U gNhfma're de Lboitiotid, lés rHëiiii» grecques et Thistoire de France I
Gomibiftlt le clergé n'àditiettraitil [iiis tiotre âistJnctioh si conciliante et »! rationnelle, etltre rëdacation et renscigàenlfeiiv^ ^^ wiv^^Wa doac pas à ses yeux ^ue \eà VôM^jx^ A^ ^^S^^*
néhiènt et \eé chifttbrëi pcuîJlfet-bm, héirissetont chaque ville, de collèges royaux et cbiDthunaux pdttr y àtlirèfr, pbiit y absorber toute Jà jeunesse ^tbdt^ùse f
Qde le clërgë ne â; fdssé i^as illusioii Ik-àeÈ-^ siis, et (jd'il âë le tiëhdè pt^ur dit : k liberté dé rènâèigbeiitêiit «ût-iitiè été dans la nootelle iôl, lié serait pdint ild^éé dans la nouvelle pratique.
Le ëiëi-gé sHtëaWèt peut à peiné ÈxHùte atii labédhâ ad sëi^Ubë qàotidiëd. GdtHmerit poùrràit-tldlssëcothëi'flâhé uitéquatitité de colletés à lui, Sè6 diiVHëfs éi^abgéliques? S11 n'a qu'Uti ti'ès-iiètit noiiibre de ôdlléges, à ^libi bon, et fâiitfl, pour lé ihinceàVaiitagedë tédir quelques classes de iétlféà hnftiâtneà, laisser rédiicâtioiti du reste inimen^e des élères, aut mains aventùreiises de rinternat universitaire ?
Ce serait là un véritable marcbé de dupes, et là conscience des bons prêtres est intéressée à ce qu'il ne se fosse pas. i
Et ii tant dire qiie l'Etat, s'il veut se dÂ%^%^i
de ses préjugés et de son aveugVemtivV^vC^X.
pas moias intéressé que le clergé Wv-m^vûRi ^
dénouer le nœud de la question, de la manière que je propose.
En effet, l'Etat, délivré de Tinternat collégial, remonterait dans la sphère d'où il n'aurait jamais dû sortir. Il laisserait le clergé et les établissements particuliers se disputer, par une rivalité généreuse et profitable à tous, le choix dis pères de famille, et il ne garderait sur eux que sa haute et nécessaire surveillance de mœurs, de salubrité et de police. A Tinstant, transportée sur un autre terrain, sur celui de la libre concurrence , la lutte cesserait entre le clergé et l'université, ou plutôt entre le clergé et rstat. La lutte serait où elle doit être, dans un pays libre, entre des rivaux de même force. Au lieu qu'il n'y a pas, répétons-le bien, un établissement particulier, clérical, laïque, ou môme épiscopal, qui ne serait à toute heure menacé dans son existence par les collèges royaux, devenue bientôt richissimes de leurs propres épargnes < u des subventions arbitraires de TEtat, organisés comme une armée, et qui ne doivent jami's mourir.
Si, au contraire, l'internat universitaire était
aboli, alors TEtat^rpar la main de ses conéges, ne vendrait plus, à tant par an, du bœuf et de la soupe, du cirage, des plumes et des bonnets de coton. Le grand mal ?
L'Etat ne placerait plus des économies de réfectoires et de dortoirs en rente sur le Trésor, et ne se ferait plus spéculateur et ramasseur de gros sous. Le grand mal?
Les professeurs, devenus libres, ne seraient plus obligés de feindre et de pratiquer telle ou telle religion. Le grand mal?
Les élèves qui suivent les cultes dissidents, et qui, dans les grands collèges de l'université, ne pouvant exercer le leur, n'en exercent aucun, ce qu'il y a de pire, sauraient où aller pour se sitîsfaîre religieusement. Le grand mal?
Lf*s parents, qui, écartés par les inflexibilités de la règle, n'osent se confier à un proviseur, fonctionnaire public, iraient plus volontiers se confesser à Toreille d*un directeur de pension, pour les soins physiques, moraux, religieux, dont leur tendresse inquiète, capricieuse parfois, mais, dans ses écarts mêmes, plus respectab e ({u'une règle absolue, plus en rapport avec la
dobbéhr él là fJcitKiS de nos Mœurs, véiit qù'od entbiirë \eim jeunes érifaiits. Le grand mal ?
Les âaiHôhiëKs c|bidfat à peine à glaner quelques épis de morale et de hëligioti pariiii \éé nttfisSdiiS llttérsiil'é!) deâ ctilléges, repassëtdient ayVn joie dàris Ifeâ ibstitutidhs (iMvëes et ààûi ïés cadres ÉtIiiliài^ëS dé Torditi jire blériciil^ oà leur zèle et leurs leçons recueillerkietit dés frtlitj iiliié kUbndkiits. Le grànci Hial?
Léâ ëtâblIgâëtiiëtiU ÎHfqileâ étrellglëtix, ^lii ne se verraient plus âttàqdëS, déj:ids$ëdës, ïtihé (iâr M iidiibûi't'eilcë âbsorbahtè et inéotitëtiâbU dé rdtiiVëiiîltë, hiâstirés sur tedr ëiistëiice; ii dëtoaèraiëiit avec pius d'ârdëur et de succëi ï îënltrttr les irèiix éddcâidires des pôrës dé famille, et â ^écidtider les répétilibhs dés cours publics de TEtat. Le grâiid itial?
tts â'édHbliiraièht des élèves royaiix et comiliunâtii, entre eut l-épirtis. Ad lieu delatlguii dïds des campagnieS od des bJnrg4 bbscîiH Idiii dé tout contrôle et dé toute émulation, ifi Tléildraiéilt ié grouper dans tes villes, âbtbiîi' àes cdùts rofmt et communatix. \\% \.Vt«c^Vdt leur pèttéctàoàiketn^lûX dé letts ^t«itfdD&&i
ment, de leur conciirretice et de leur srcuritc. Indépendants et divers à l'infini pour les matières; \é& procédés; les expériinedtatioas de 1 édilaitiolt; \\ê se rattacheraient tdus â runiié (terfitiît^ (fiirrufaltiS dé ren!)èighettietti.Le grand mal?
i€ ih*ârrétetci ntt ttioment.
J*ai éVà\AU fàl Joatiflé la diiâtliiMidn lëpara-* titil M rMiodtiéHè de 1 lustrttotidii «ei^tidâlre m déâi hnuMs^ Wvoir t Yfdutàtim et Ven^
têUfWNMnMi
Là Hlîërté d« rédtieatldtk et Tôbligation de rims^giieiiiMit^ cdmttie nous l'avons déjà fait prèiSétltir; iaipli)|aent nécessairement là cou- Tersiéa dan collèges royàus et coinmuniux en eoitfB publics^ et la suppression des internats iinlfersiialres:
L'intentât des oollégesroyanx etoominanaux, e*est la corporation tmitersiulre^ ce n'est pins rBui,pérëde ms\ l'internat, tfeal\ù.wiVjLt«k gui se cache, qui se ainr^i «l^l «>^Vt w» vm^^
ce n'est plas la fontaine aux eaux publiques et jaillissantes où tout le monde vient puiser ; Finternat, c'est la gêne des cœurs, ce n'est pas la liberté ; Tinternat , c'est le secret, ce n'est pas la publicité; l'internat, c'est la spéculation, ce n'est pas la gratuité ; l'internat, c'est la rou« fine et la somnolence, ce n'est pas la concurrence et l'émulation ; Tinteroat, c'est quelquefois la corruption des consciences, pire que celle des moeurs , ce n'est pas la surveillance inquiète et tendre des pères de famille.
Maintenant, me demandera-t-on ce que deviendra la rivalité tant prônée, et dont on espère de si bons fruits, des établissements particuliers et des établissements de l'Etat ? J'avoue que j>n suis peu touché, lorsque, d'une part. Ton commence par contenir que cette rivalité est sérieusement impossible, puisqu'il dépend de l'Etat, quand il lui plaira, de la faire C( sser à son profit; et lorsque, d'une autre part, Ton sait bien que la concurrence de l'enseignement, livrée à la spéculation, ne peut engendrer que la dégénérescence des esprits et l'appauvrissement des études.
Me demandera-t-oii aussi ee que deriendra , lins la concorrâicey le perfectionnement des méthodes?
Je concevrais Tobjection pour l'Education dont les systèmes yarient à l'infioi, ao gré des fantaisies individuelles ou associées des pères de famille, des médecins et des utopistes.
Mais j'ai peine à a*oire que, lorsque le corps le plus lettré de France s'appliquera exclusivemeiït à l'enseignement, qu'il sera stiinuté par la multiplicité des professeurs, il ne soit pas en état de trouver les méthodes les meilleures et les plus expédiiives.
D'ailleurs, est-ce bien dans un pays où la presse et la tribune peuvent tout dire et disent tout, qa'nne découverte de méthodes supérieures et nouvelles resterait inaperçue et inappliquée? Le corps enseignant n'aurait-il pas intérêt à s'en servir, et si, par esprit de jalousie, de rou* tine ou (de système, il s'y refusait, les chambres, et Topinion plus forte que les chambres, ne les loi imposeraient-elles pas?
Vidons encore quelques autres objections :
Quelles mesures prendra-Von , dans notre
qrtUmc, k Vi§ni det mMm fl^étpde ?
Que deviendrcHit )e§ mille pensions et institutions libres ?
Et les bourses de r£tatet des eonununes, cfQ'en fera-t-on?
Si l'enseip:oeiiient est ^atuit^ quelle sera la charge fie TEt^l?
^e reprends cf 8 Q)flÇf(|(|ll?, Tupe^pr^ j^ijlre.
Ayec réducatîon libre et la simple répétition des cours, la question des maîtres d*étude se réduit facultativement à un brevet de bachelier es sciences ou de bachelier es lettres, selon les matières enseignées. Est-ce qu*!! ne faut pas s*en rapporter à 1- intérêt bien entendu des instituteurs dont les pensions tomberaient, li les répétitions et Tétude des leçons étaient négliges?
Les ecclésiastiques, mattres d'étude, se prépareraient soit à tenir des pensions, soit à oonctfurir pour le professorat : dernier avantage qu'ils n'ont pas avec Tintemat laïque et clérical ^es cQÏlésff^ i'^'^\h d'op^ pa^ \p fai^, jm les
a*9dyieiidçalMl de« institotipof et neqsjqt^ ainpagp^ ?
a elles-mêmes, presque toutes les pemiopy sont tenues dans de petits boorgs ou «n camie, regorgent inévitablement d^abps, quelles soient la science e( la vertu de leurs directeurs* s échappent au poptrôle deTauiorilé. Les es, à demi doîtrés, y vivent en moine;) p(us n citoyens. Qui pent répondre de leurs nés mcf urs, de leur discipline far tiop sévère »ar trop relâchée, de leurs élqdes sufHsanles, a nationalité de leurs principes et même de hodoxie de leur i eligjon, pour les parents y tiennent? £n quelque système que cesoit, )ensions ne peuvent exister hors des villes, s leur intérêt même.
otre plan les fait vivre, la concurrence Iqenable des internats universitaires l(ss tue.
éme facilité dç solution pour la qiiestion tN>nrses royales et commupales.
es bourses, dont nous ne sommes guère paris, p^çe gu'eilçs eng^pdre^t une fouk ^
roent^ ionâ le régime de la liberlë d^éducatîoa.
Les famiîles qui y ont droit, chobiraient elle»mêmes les institutions où elles défirent que letui enfants soient élevés.
Le giouvernement cesserait de se donner le ridicule d'être maître de pension. Leii parents ne seraient plus génës^ contra inlsdRus leurs affections relifîieuftesT comme ils le sont fiujourd'hui par les désignations obligatoires de TEUt Les institutioiiîi se dispnlereient par la bonne économie de leur éducation intérieure et par Texcelleuce de leur renommée, ks i>our,ses délivrées à la demande et sur le choix des parenis. Tout le monde y gagnerait.
Je ne veux pas attacher plus dlnîporîance qu'elle n^cnfiiériie, à la considératiim linancière de la diminullon Û^n frais d appropriation des bâtiments collégiaux, débarrassés de rinternat. Je laisse de côié ce boni. Je n'envisage que la facilité qu'aura toute ville de trouver plusieurs salles de cours, puisqu'il ne sera pins nécessaire de s'occuper des dortoirs, des réfectoir des chapelles, des préaux^des lavoirs, des bu
derîes, du jardin, des eipplacemeptadefnriPDaftique et des logements de Tétat-inajor écoppniiqoe et directorial du collège inlçrne. II n'y aurait pas de >ille, rhef-lieq d'arrondissement, |ui n'eût son collège d*externat commanal^ autour dui|uel se grouperaient les pensions. Il n'y ilirait pas de ville, chef-lieu de département, :|ui n'ei^t un ou plusieurs collèges d'eiterq^t royaux, selon les besoins de sa population, an- Ipur duquel se grouperaient les pensions et I^ institutions, pour venir y puiser, soir et matin, la science, la littérature et Tarf, comme à un ibreuvoir commun des eaux les plus pures et les plus abondantes.
Pareillement, chaque ville de sous-préfecture ?t de préfecture serait dotée et ornée d'un ou Je plusieurs coiifs libres et gratuits de facultés supérieures, dont les cl aires seraient obtenues ip concours par des gradués.
L'obligation des cours pqblics ne commencerait qu'à la sixième et ne s'étendrait pas aux leçons manuePes, professionnelles, industriel- Ie8| commerciales, artistiques, linguistiques . et
tes noncomprisesdansle programme, ni aux iresétudes littéraires ou scientifiques, dont la adance et la fin ne seraient point des fonçons privHégiées ou des emplois publics.
En ceci, comme pour Tëducation, liberté ileine et entière.
Il n'y aurait rien à changer à Tinstruction primaire dont les bases sont bonnes, et les matières à peu près suffisantes aujonrd'bui, si ce n*est que renseignement serait gratuit, et que les maîtres d'école, soumis à^des épreuves de concours, plus étendues et plus sévères, serai»>nt rétribués comme les curés et divisés en plu sieurs classes.
Je laisse k juger si ces premières donné n*ont pas quelque simplicité, quelque libéral et quelque grandeur.
Pour moi, j'ai le sincère f spoir que, lorsqi aura traversé Fanarcliie, le mensonge, les possibilités, et Timpuissance de lant d'ai systèmes, il en faudra bien venir à celui-ci
Mais je n'ai pas encore fini, et ponr ne rien omettre, il me reste à traiter la question de la philosophie. Il faut débarrasser le terrain de cette grosse objection, de cette pierre d'achoppement, de ce pavé que le cUrgé jette à la tête de Funiversité, et (|ue Tuniversité reprend, à peine tombé à terre, pour le jeter à la tête du clergé.
Je vais droit au cœar de la question et je demande : A quoi sert la philosophie dans renseignement secondaire?
Les professeurs de philosophie, qui sont Télite, Fhonneur, la perle de luniversité, trouveront la question fort impertinente. A quoi sert la philosophie? mais elle sert à tout.
A louti c'est beaucoup! mais enfin, à quoi?
peut-être à enseigner les préceptes de la morale ! est-ce que 1 Evangile ne renseigne pas encore mieux qu'eux ? peut-être à enseigner la pratique de la morale ! est-ce qu'une simple sorar de Charité n'en sait pas plus long là-nlea-
sus et n'en fait pas cent fois plus que le plus sublime philosophe? peut-être à démontrer la sagesse par leurs propres exemples I est-ce qii^ les profesi^eurs çt les élèves de philosophie soqt plus sages que nous autres, qui nç sommes ni euseign^urs, ni enseignés ? peut-être à noqs apprendre Tesseiicç de Dieu ! est-ce qu'ils le savent? la nature de Tâniel est-ce qu'ils ie savfinl? les secrets de l'univers I est-ce qu'ils Je 9avQii( ? I^s mystères du cœur I est-ce qu'ils le savent? les facultés de l'entendement humain I est-ce qu'ils le savent? le commencement et \^ fia de toutes choses ! ei»t-ce qu'ils le savent? et pour tout dire, la manière de s'entendre en- Ire eux et de se comprendre quelquefois euxmêmes! est-ce qu'ils le savent?
On fait de la philosophie dans les collèges, à coups de Manuel^ comme on fait des vers latins, à coups de Gradus. Son étude sérieuse ne passe point l'aspirant au sixième accessit, et les seules raisons que le reste de la classe en retienne, c*e8t en masse, c'est vagurment, C'^t, en résultat final, les raisons de douter 4e tout.
L'année de philosophie est consacrée à Tappr entissage des mathématiques et de la physique, et à la préparation du baccalauréat. On y repasse, oii y range, on y catalogue, tant bien que mal, dans les cases cle sa mémoire, Thistoire, Tarithmëtiqiie, la géoméirie, la chimie, le laiin et le ([rec. itals de pénétrer Kant, pénétrer Kant I Dieu dû ciel j comme c'est facile ! et quand on aurait pénétré Kant, vous voilà bien avancé ! Mais ae savoir ce qiiehous ont appris de mieux sur Tâme, sur la nature^ sur Dieu, Platon, Zenon, Spinoza, Reid, Hégèl et les autres, allons donc t Vos écoliers, au sortir de vos mains, savent Dièii, Tàme et la nature, n'est-ce pas?
Vous vous moquez I je dis et je soutiens qu'ils ' li'en savent pas Jà-desstis plus que vous. £t quelle est donc votre prétention d'apprendre aux autres ce que vous ne savez pas vousmêmes? Songez qu'il n'y a pas de marchand de vin, de maître bottier, de racleur de violon, d'éplucheur d'herbes, de gâcheur de plâtre, qui, par la permission de runiversité, n'atteste sur l'honneur, dans un certiGcat, que son fiis a fait sa philosophie chez lui^ aou&fu^^^aoai^^
Vous y croyez ou plutôt ^ous faites semblant <ry croire. Mais en quoi, je vous prie, un marchand de vin, un maître bottier, un racleur de violon, un éplucheur d^berbes, un gâcheur de plâtre, pourra- t-il vous dire, sans que vous ne riiez» qu'il sait de science certaine et de manière à le signer, que son fils a parfaitement pénétré Kant I Allons donc I allons donc !
Nous n'admettons pas plus, nous, dans Tenseiinement secondaire, les déclarations des pères bottiers philosophes, que les leçons des professeurs philosophes et non bottiers.
Tant qja*il ne sera pas établi et prouvé que les écoliers qui, depuis vingt ans, au sortir de leurs classes littéraires, étudient ou, si Ton veut, sunt censés étudier la morale, la loi^ique et la philosophie, sont plus moraux, plus logiciens et pins philosophes que les écoliers de la génération antérieure, qui n'ont pas étudié ces trob choses-là, je serai obligé de demander s'il est. indispensable que la philosophie entre dans les cadres de l'enseignement secondaire. J'ai eu beau chercher parmi les jeunes gens du bal MabWe, au rJob Jockey et del'Opéra, je n'ai pnren-
contrer encore nn seul moraliste, on seul logicien, un seul métaphysicien de force à valoir la peine qu'on lui demandât ce qu'il sait en morale, en logique et en métaphysique. Si vous en connaissez, ayez la bonté de me donner leur adresse. Je ne serais pas fâché, une fois dans ma vie, de voir quelqu'une de ces raretés-là.
Ce que j*ai plus de peine encore à comprendre, c'est que des cerveaux de dix- huit ans ne se détraquent pas à concilier le pour et le contre de sept à huit métaphysiques qui se disputent entre elles jusqu'à se dire de gros mots, et qui se pillent, se dévorent et s'entre-détruisent de façon à ne pas laisser subsister chacune, Tune de l'autre, un atome de poussière. Vraiment, les yeux des écoliers sont trop tendres, trop délicats pour supporter l'éclat de nos soleils de métaphysique; et afin de conserver la vue des pauvres enfants , ne ferait-on pas mieux de transporter ces astres de flamme dans les espces d'un autre hémisphère ? Ils y brilleraient, avec leurs merveilleuses et éblouissantes clartés, sur des esprits plus fermer ^ \«!^ ^tkVt\fiL-
pler. Il ne faut pas traiter nos aiglons comm des aigles.
Sérieusement, est-il donc sage de faire tant d bruit pour tous ces inconipréliensiblcs réveui d'outre-Rliin? Est-il opportun d'enfler de tant d vent ces outres de philosophie qui s'aplatissen si vous les crevez d'un coup d'épingle ? Estprudent, est-il politique d allumer la guerr entre TEtat et le clergé, entre deux personnt faites pour s'entendre, lors(|u*on peut Tétein dre, rien que de souffler dessus ?
Je ne veux pas déclamer, je ne déclame poin
contre votre philosophie, je constate seulemen
son impuissance. Je dis qu'il faut que vous voui
|. I expliquiez sur ces fameux progrès de Tesprii
humain, que vous dites qu'on lui doit.
Est-ce en métaphysique? Mais il n'y a pas un seul théorème de Kant ou de ses pareils, qui m soit plus ténébreux quêtons les mystères réunit du christianisme.
Est-ce en législation? Mais ce n'est pas la philosophie, c'est le christianisme qui a dit que la femme était l'égale de l'homme, qu'il n'y avait plus d'esclaves, et que le pauvre valait le
riche. C'est là, j'imagine, trois assez belles lois.
Est-ce en politique? Mais c'est Jésus qui a rëHatiililé le peuple. Le prêtre est du peuple, révëque est du peuple, ie pape est du peuple, lé Clirist est du peuple. Il n'y à rien de plus peuple qiïë le christianisme. C'est TËvarigile qui, sous les auspices de dieu, a scellé réternelie et ifiaghiSquè alliance de l'autorité et dé la libertë.
Ëst-iië en œuvres de génie ? Mais quel est récrtVaiii baiiiiiéisté qui puisse se comparer à Pascal, à Bossiièt et â iSewton ?
Esl-cé en 1-éligiôn? car oii a prétendu que la philbsôphie aidait beaucoup la religion, et qn*bn n'enseignait aux élèves que des philosophies religieuses. Mais de deux choses Tune : ou cet enseignement n'existe que siir le papier des fifôgràmmes, oii cet enseighement est enseigné fort ihal ; car, sur Vingt jeunes gens sortis de riiuivëi'sitë, combien y en a-t-il qui ne soient pas irréligieux de droit et de fait ? Vous dites qu'il n'y en a pas plus de dix-huit. Soit, il n'y en a que âix-huit. J'en prends acte. Dix-huit &ut
viniçt? et encore, je crois que vous vous tezlEhbien, me direz vous pcut-élre, inieaxsi, grâce au panlliéisme, il n'y a sui élèves que deux superstitieux , deux i deux esclaves qui rampent aux pieds du C
Alors Je demanderai, à mon tour, que!
ces fermes courages, quels sont ces génie tiques, quels sont ces désintéressements si quels sontees hommes si charitables, que ces penseurs sublimes, quels sont ces di ciens transcendants que Técolede la philo actuelle ait formés? Qu'on m'en nomme i seul, et je jette au feu tous mes argumen
Depuis vingt ans que le vent sec et brûl Téclectisme a passé sur l'université, elle la Ses fleurs pâlissent et ses fruits se deis( flans leur germe, avant la maturité. La g< lion actuelle des esprits n'a pi s d*ailes Riiuffle. Nos jeunes lettrés sont tous poussi hennissent, font un pas et tombent. Noi vons pas d'hommes, pas même Tespéranc homme! La philosophie éclecticiue a proc qu'elle avait semé, le néant. C'est que, cl ^/ iia/re, tout homme sans croyance, ne sî
où s'appuyer, chancelle et se trouble entre la licence et le desputisme. C'est que presque toutes ces métaphysiques mènent à la né< gation de Dieu, et de la négation de Dieu à l'anai chie.
Où il n'y a plus de foi dans les âmes, il n'y a plus que corruption dans les mœurs et que lâcheté dans les actions. Cela s*est vu dans tous les pays et dans tous les temps. Quand Athènes se promena sous le Portique, les mains derrière le dos, à récoute des philosophes, Alexandre lui passa la chaloe au cou. Quand Rome dégénérée cessa d'adorer les dieux, elle se mit à f^enoux devant Tinràme Héliogabale. Quand le Bas- Empire, disputeur comme un sophiste, faisait cercle autohr de Técole, le Turc vint et jeta le Bas-Empire dans le Bosphore. Qiiand la Tcrnur, impie jus(iu'à trouver Robespierre dévc't, s'assit sur le maitre-autel de Notre-Dame, le sang des citoyens coula sous le couteau des citoyens. Aujourd'hui, le gouvernement ne croit à rien, les seigneurs de la cour à rien, les chambres à rien, les électeurs à rien, les professeurs à rien, les élèves à rien Aussi, (\\\(i ç•^mvcv*^vw^>^'^
tons devenus? Nous sommes devenus des valets. C'est pis qu'esclaves.
Ne I épëtons donc pas avec les universitaires dé la rue de Grenelle et dii Luxembourg, que la pliilôsdphië préfiàre à là religion. Gomment t Des jeunes gens de dix -huit et de dix-neuf ans ne sont encore que préparés à la religion î Est-ce qu'ils nY étaient pas déjà préparés ? Que fesaient donc vos aumôniers ?Comment'i Taumônier n'a pas enseigné aux enfants Timmortalité de l'ânie, sa spiritualité, rexisténce de Dieu, ses attributs ^ tî t^àudra que ce soit la philosophie de Afonsieur un tel qiii leur apprenne toiit ceJâ I D'oùril suit que nous qiii n'avons jamais vu malheureusement ni Monsieur un tel ni sa ptiilosophie, nous sommés condamnés â ne rien croire î
Ne vous moquez-vous pas de nous et de vousmêmes avec cette philosophie qui doit être, pour me servir clé votre argot, profondémeni religieuse.
Religieuse 1 Vous voulez dire à la manière de la religion naturelle ? Votre Dieu, c'est la liine et iè soleil, la terre et lès étoiles, la iia-
tiire, le tQut, le grand tout. INous le savions bienl
Je D'^JQQter^i plus qu'une question pour clore toutes mes impertinences, par une impertinence plus grande encore : Y a-t-il, à Fexception de ceux qui se destinent à renseignement, un seul élève de philosophie qui, après son coufs de philpspphie, sache un mot d§ philosophie? Ils p'eq savent rien, c*est U la vérité; et le sussent-ils, qu'ils n'en seraient pas plus avancés, puisqu'ils n'en sauraient pas plus
Faut-il en conclure qu-pn ne doive pas fnseigner la philosophie? Non, et franchement je ne
àl? ïfl^ ff !^ ^? PPRi^SHP %l!MS"r PP ?^' ^? î"'3RpelH MP b9rhi(re et ne me mcnoce pour ce, de in*ôter Vettime de l'Europe. Ce n'est pas que je
ne fu^sse assez ç«V*f ^^ ^^ V^^ 9?J?m^9i^^^W.^W W kiî^'ïpt'Wdr#ii mnxn.9 tï)fUi:epius mai ayfic
Teslime de l'Europe, qu'il n'y est lui-même.
L'Europe sait que noirè sooiéié offîcielle est |a plu§ ipéçréuntp du paoïlde, $t rBurqpe »? pp^^s en estime (as plus pour cela. L'Europe ne jet-
trra donc p«is les baiils cris, si je prends la berléde ne prendre Kant que pour ce (|n'il < c'est-à-dire un rêveur, et sa niétaphysitiue < pour ce qu'elle est, c'est-à-dire une rêverie jyimporte : erreur ou vérité, à chacun sa f laîsie I A chacun sa politique, sa religion et mé ga philosophie (1)!
(1) Je n'cntcmls point par philosophie, la morale turcllc qui a existé avant et qui existera après les ] losophes. ni la raison, ce rayon de Dieu sans \(u nous ne pourrions pas remonter jusqu'à lui, ni la giquc qu'ils sont incapables d'ensei;2:ncr aux autres, p qu'Us ne s'en servent pas eux-mêmes pour ar menter contre leurs propres erreurs. J'entends ic philosophes, ces mille et un songe-creux qui prête; expliquer l'âme, l'univers et Dieu. 11 n'est certe soin, en vérité, de se tant vanter qu'on possède sou souveraine, qu'on est uu philosophe indépe et qu'oa fait métier de libre penseur, ni de creuser Tabîme de l'entendement, ni d'échat'au ! ^ niblcment de si gigantesques systèmes, pour
comme un très-simple mortel, aux deux terme vulgaires de la question : croire ou ne pas cro cependant un troisième terme, c'est de croir grosses absurdités des métaphysiques les pi prâhensibles ot les plus opposées, et c'est en r particulièrement la philosophie éclcctiqw
Si cette dctiaration bien nelle sur la plus fçrande liberté de discussion possible en loul ï et sur tout, est -du goût de (Monsieur un tel, I je lui saurai un gré très-particulier de voulon* bien me réconcilier avec TEurope dont je tiens I beaucoup à ne pas perdre Testime; et pour achever de me mettre tout à fait bien avec Monsieur uu tel, lui-même, maintenant que me voilà remis avec l'Europe, j ajouterai que je regarde ^en^eignement delà philosophie comme une utile gymnastique de Tesprit. Mais, ainsi qu'il faut des terres mûres et préparées pour que le soc ne fasse pas que de les déchirer, ainsi il faut pour comprendre et digérer, tant bien que mal, les suiitilités abstraites de la luétaphysique, des esprits plus méditaiifs. Passez donc, théologiens et philosophes, passez, si vous voulez, dans les hautes et libres régions des facultés, où nous ne pourrions aujourd'hui vous suivre, sans nous écarter de notre route.
cela qu'elle enseigne ù nos enfants, pour la plus grande gloire de Dieu à ce qu'elle dit , de même que pour k pertectibililé iodélinie de l'esprit humain.
Autre raison :
Le Droit n'est que Téquitc naturelle, formulée en règles et appliquée aux disputes des hommes. La Médecine n>st qu^ la connaissance de la çtructur§ dn corps, de ses organes, de leurs lésions et de kurs reipèdps. L'Economie politique n*est que Tétude des richesses agricoles et industrielles, de leur production et de Içur répartition. Mais la Philosophie embrasse l'explication de Dieu, de rinielligenre et de Tunivers. Or, je demande s'il est raisonnable de placer le Droit, la Médecine et l'Econpmie politique, ces sciences simples ^t vulgaires, dans renseignement supérieur^ et la Philosophie, cette science complexe, raisonnée, idéale et sublime, dans renseignement secondaire.
L'année qui suit la rhétorique, la dernière année, devrait être la répétition générale, le résumé sérieux, suivi, complet, de toutes le» l(ialièr^ du baccalauréat, moins la philojQphie.
Je voudrais qu'il n'y eût pas un seul élève
qui, après six ans dctmles, ne lût et n^expliqurtlà haut 3 voix et à livre ou\'er(, ses auteurs grecs et latins ; pas un seul qui ne répondit sur les cvénements principaux de l'iiistoire ; pas un seul (|ui ne sût un peu de mécanique, de pliysiffue, de chimie et d'histoire naturelle ; pas un seul, enfîn, qui ne fît couramment ses quatre règles de l'arithmétique, ce qui esl beaucoup plus nécessaire pour les usages de la vie, que de loger dans les bosses de sa cervelle, la subjectivité coefiicieiite, germanique et barbare de Kant.
Voyons, Monsieur l'ccolier, savtz-vuusel dites -nous sans broncher et sa s rire, ce que c'est qite la subjtcti\itécoef(icien(e de maître Kant ? et ne vous penchez pas pour le demander, à Toreillede votre professeur en philosophie. Si vous ne me le dites pns tout de suite, je vous dé :lare. Monsieur l'écoiier, que vous èies à jamais perdu, uin^i que mai, dans l'estime de TEun-pe.
Ne croyez-vous pas non plus, c'e»l à vous.
Monsieur récolier, que je m'adresse, ne croyezvous pas que ce ne serait point se montrer trop exigeant qne de vous faire apprendre par cœar,
d'an bout à Taatre, le texte de la Charte ? N'estce pas le comble de Tabsarde, qae de grands garçons de vingt ans sachent à fond la constitution municipale des cités gauloises du temps de Jules César, et ue sachent pas le premier mot, le nom même, ni de la Charte de 1850, ni du code civil, ni des lois de leur pays, y compris celles que le grand maître de Tuniversité a formulées, éditées et appliquées?
Je m'expose, je le sais, à reperdre ici Testime de TÈurope, avec la vôtre, Monsieur Técolier ; mais je ne puis m'empéclier de dire que les notions élémentaires de notre Droit public seraient plus utiles à de jeunes citoyens d'un pays libre, que toutes les subjectivités possibles de tous les Kanis de la terre.
Quelle que soit, au surplus, la force de ces raisons, elles n'ont à mes yeux, je l'avoue, qu'une valeur d'argumentation, plutôt qu'une valeur de solution.
C'est dans la vraie dcHnition de la philosophie eile-méme, que git mon objection principale, mon objection décisive.
Qu'est-ce donc, de soi, que la philosophie t La
philosophie est la religion des rationalistes, comme le christianisme est la religion des chrétiens.
Croire à un Dieu en trois personnes ou à un Dieu en une seule personne ; croire ou ne pas croire à Fimm )rtalité de Tàme, au libre arbitre, aux peines et aux récompenses d'une autre vie ; affirmer on nier tel dogme, telle essence, tel attribut, tel principe spirltualiste, matérialiste, ou mixte : c'est avoir, c'est professer une religion, un culte. Qui dit philosophie dit théologie. Qui dit philosophe dit prêtre. 11 n'y a pas, il ne peut pas y avoir entre le clergé et Tuniversité, entre les prêtres de réclectisme et les prêtres du christianisme, d'autre querelle que celle-là.
Or, cette querelle palpitante, envenimée, perpétuelle, interminable on on l'a mise et où l'on veut la laisser, la Charte la résout pleinement. La Charte veut que toutes les religions soient libres : d'où il suit que si les philosophies ne sont, dans la réalité, que des théologies, des cultes, des religions, elles doivent être libres, de m6iie et aussi bien que toutes te% \3g^N»^>
Ions les cultes, toutes les religions. Si votre plii losophie n'était pas une religion, elle serait ui non-sens, une absurdité, une bassesse, et si ell est une religion, ne Tiniposez pasi
: I Qu'auriez-vous à répondre à Técolier chrétien
;■ ■■ qui vous dirait : Je n'irai pas à votre cours, je n
l veux pas, je ne dois pas être force par vous à n*
' pas croire ce que je crois, et à croire ce que j(
[ j ne crois pas. Vous m'apprenez dans votre chaire