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V. Gomment faut-il l'aire quand il s'agil de fautes graves

VI. Consens généraux : les principales maximes de la science de l'éducation.

On ne s'aperçoit pas du défaut capital de nos programmes d'éducation. Tandis qu'on perfectionne beaucoup Les détails des systèmes pour le tond et pour la forme, on n'a pas encore remarqué la plus regrettable lacune; on ne s'est même pas douté qu'elle existât. Préparer la jeunesse aux devoirs de la vie, tel est l'objet que les parents et les maîtres reconnaissent tacitemenl comme le but de l'éducation, et, Tort heureusement, c'est à ce point de vue qu'on se place aujourd'hui pour apprécier la valeur des choses enseignées et l'excellence des

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méthodes d'enseignement. En conséquence, on a jugé nécessaire de substituer à l'éducation puremenl classique une éducation qui fail une large pari à l'étude des langues modernes. Pour des raisons semblables, on insiste sur l'étude des sciences. Mais, en dépit du soin qu'on prend de préparer la jeunesse des deux - i la vie

sociale et aux devoirs de citoyen, on n'a nullement songé à la préparer spécialement aux devoirs du père et de la mère de famille. Pour savoir gagner sa ne, il faul préparer laborieusement, on n'en doute p;is: mais, pour élever une famille, aucune préparation n'est nécessaire, et il paraît qu'on n'en doute pas davantage. Le jeune homme emploie plusieurs années à acquérir des connaissances dont l'utilité la moins discutable est de faire un homme du monde, un gentleman : la jeune fille consacre autant d'années aux talents d'agrément, qui seront les délices des soirées : mais des connaissances qui serviraient à l'un ou à l'autre à remplir le plus grave de tous les devoirs, à élever et à gouverner une famille, pas un mot. N'y aurait-il là qu'un devoir éloigné, problématique? Pas du tout : neuf fois sur dix, ils auront à porterie poids de cette responsabilité. N'est-ce donc qu'un devoir à la portée de tous, facile à remplir ? Certainement non : de tous ceux qui incombent I Fliomme, c'est le plus difficile. Mais alors vous êtes sur que le jeune homme et la jeune fille sauront, sans l'avoir appris, élever des enfants? Erreur : on ne songe même pas à la nécessité de cet art, de cet instinct, si vous voulez, et, d'autre part, cet art étant le plus complexe qu'on puisse imaginer, la nature laissée à elle-même ne saurait le donner complètement. On ne peut invoquer aucun motif raisonnable pour laisser en dehors de nos cours d'étude l'art de l'éducation. Que Ton se place au point de vue du bonheur des parents eux-mêmes ou bien au point de vue du bonheur de leurs enfants jusqu'à leur postérité la plus reculée, on doit regarder la connaissance des meilleures méthodes d'éducation physique, intellectuelle

L'EDUCATION. l.'J."i

ci morale comme extrêmement importante1. Ce sujet devrait être le couronnement de toutes les études du jeune homme et de la jeune fille. Au physique, la maturité est caractérisée chez L'homme et chez la femme par l'aptitude à devenir père et mère; au moral, pur l'aptitude à bien élever ses enfants, Le sujet qui enveloppe tous les autres sujets, celui par conséquent qui marque le point culminant de l'éducation, c'est précisément la théorie et lu pratique de l'éducation.

Par l'absence de cette préparation, il arrive que la direction des enfants, e1 particulièrement leur direction morale, est détestable. Les parents n'en prennent aucun souci, ou, s'ils \ réfléchissent, Leurs méthodes sont gros- Bières et inconsistantes. Le plus souvent, les parents, et surtout les mères, a'onl d'autre règle que Leur caprice du moment: pas de plan, pas de méthode, aucune vue un peu suivie sur Le bien de l'enfant ; le seul guide est le sentiment mobile «les parents, aussi la «lire, lion variet-elle avec leurs diverses manières de sentir. C'est la passion qui gouverne : que s'il s'y joint quelque vue théorique, ce sont <lcs doctrines surannées, des méthodes héritées du passé, des réminiscences de leur propre éducation, des billevesées de nourrices ou de servantes, toutes les suggestions, non de la science, mais d'une ignorance invétérée. C'est le chaos dans les opinions et dans les habitudes, c'est Le règne du hasard et du caprice si bien décrit par Richter 2 :

Essayez de cataloguer et de réduire en plan d'études les opinions de la plupart des pères en matière d'éduca-

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