‹ L'education intellectuelle et morale. --Chapitre 3 sur 65 · IV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT-PROPOS

objet principal. De plus en plus on reconnaît qu'à Féducation générale doit s'ajouter pour les futurs maîtres de nos écoles une éducation professionnelle. Il ne suffit pas de posséder les connaissances dont on aura à transmettre les éléments à des intelligences naissantes ; il faut encore avoir appris par quels moyens, les plus efficaces et les plus sûrs, on les leur transmettra. Il ne suffit pas de savoir : il faut savoir enseigner. N'attendons pas d'être entrés dans nos classes, ni d'avoir acquis une expérience personnelle pour nous rendre compte des méthodes d'enseignement que nous aurons à appliquer.

Sans doute, — et nous le disions déjà il y a plus de vingt ans, en publiant notre Cours de pédagogie théorique et pratique j — « la meilleure des pédagogies, aussi bien que la meilleure des logiques, est celle qu'on se fait à soi-même par l'étude, par la réflexion personnelle, par l'expérience ».

Nous ne songeons pas à nous en dédire. Oui, l'expérience est féconde. Elle est l'ouvrière du progrès. Elle l'est, parce que le maître, aux prises avec les obstacles qu'ellelui révèle, réfléchit aux moyens de les vaincre, les cherche, les trouve parfois, et se perfectionne sans cesse. Ce n'est pas un paradoxe de dire que ce sont les enfants, les enfants avec lesquels nous vivons, que nous instruisons et que nous élevons, qui nous enseignent la vraie pédagogie. En observant les difficultés que rencontre, pour être fructueux, l'enseignement qu'il leur donne, le maître se rend compte des défauts de la méthode qu'il pratique ; il la corrige ; il imagine de nouvelles manières plus pénétrantes, plus appropriées, pour ouvrir leurs esprits et pour former leurs caractères. Les élèves sont souvent en partie les éducateurs de leurs maîtres.

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