‹ L'education intellectuelle et morale. --Chapitre 4 sur 65 · AVANT-PROPOS. V · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. V

Mais nous n'en persistons pas moins à croire que Tétude préalable des théories pédagogiques s'impose, comme une nécessité de premier ordre, à tous les éducateurs. Le temps est passé où il était de mode d'affecter, à l'égard de la pédagog-ie, je ne sais quel dédain élégant et un scepticisme moqueur. On reconnaît enfin que l'éducation est une science et un art, dont on doit connaître les principes et les règ-les, et qu'il ne faut pas livrer la pratique de l'enseignement aux hasards de l'inspiration, aux fantaisies de l'inexpérience ou aux errements de la routine. 11 y a cent ans que l'Allemagne « pédag'Og-ise », et il ne semble pas qu'elle s'en soit mal trouvée. Toutes les nations civilisées, celles qui tiennent la tète dans la marche en avant de l'humanité, rivalisent à l'envi dans la recherche des moyens les plus propres à assurer aux maîtres de l'enfance et de la jeunesse un sérieux apprentissage de leur profession. Et la grande démocratie américaine, pour ne citer qu'elle, ne se contente pas de nous étonner par l'admirable épanouissement de l'instruction à tous ses degrés : il n'y a pas de pays au monde où le souci de former de bons maîtres, après avoir construit de magnifiques écoles, se traduise par un effort plus vig-oureux, par une étude plus approfondie de l'art d'enseigner et de l'art d'élever les hommes.

En France, l'org-anisation nouvelle de l'école normale supérieure a montré quel prix on attachait, au point de vue de J'enseig-nement secondaire, à la formation des professeurs des collèg-es et des lycées, à leur éducation professionnelle. C'est dans ce sens, aussi, qu'a été conçue, en août 1905, la réforme de nos écoles normales primaires et la refonte de leurs programmes. Sans rien retrancher à la culture générale qui, pendant trois ans, prodigue aux élèves-maîtres et aux élèves-maîtresses

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