‹ L'éducation joyeuse en vacances - en familleChapitre 5 sur 10 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

abdiquer tous leurs droits, ils ont pris une conscience plus délicate et plus tendre de leurs devoirs. Ils craindraient presque tous, je pense, d'être des pères nobles, des pères de comédie, solennels, gourmés — et bernés — s'ils avaient toujours la longe en main ou la chambrière, pour gouverner et pour effrayer leurs grands garçons : tout homme qui fait trop claquer son fouet amuse ou esbroufe les passants, mais n'en conduit pas mieux son attelage et il risque même de l'effaroucher. Et alors, au lieu de régenter leurs fils, de les morigéner perpétuellement, de leur faire la leçon, les pères ont fait amitié avec eux : ils ont cherché à les comprendre et à les connaître ; ils ont essayé — et ils ont presque toujours réussi — au lieu d'imposer toutes leurs idées à cette jeunesse avide d'initiative et de mouvement, de la faire profiter amicalement de leur expérience ; ils se sont entretenus avec elle ; ils ont provoqué sa confiance, ils l'ont méritée, ils l'ont obtenue.

Tout le monde y a gagné. L'éducation dans la famille est devenue plus libre et plus souple qu'elle ne l'était; l'intimité aussi est devenue plus chaude, plus cordiale et plus expansive. Les esprits se sont ouverts ; les âmes, épanouies ; les générations, fondues; la douce chaleur du foyer rayonne mieux dans toute la maison. On

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