PREMIERE PARTIE
On peut enseigner de bien des façons. C'est la joie et l'honneur du métier charmant d'écrire que la confiance qui s'établit avec les années entre nos lecteurs et nous. On se fait ainsi des amis lointains et inconnus que jamais peut-être on ne verra mais dont la précieuse sympathie nous récompense, nous encourage et quelquefois même nous inspire... Une bonne grand'mère, installée à la campagne, entourée d'un monde d'enfants qui sont pour elle tout l'horizon et tout l'univers, avait bien voulu me demander, en juillet dernier, de l'aider à instruire, à distraire et à égayer « son cher petit peuple ». Elle a trop bonne
opinion de mes lumières, mais sa confiance me touche infiniment et je vais essayer de la mériter. Pour répondre de mon mieux à son appel, je voudrais traiter ici1, en quelques chapitres, un sujet d'ordre général, Y Éducation en vacances, qui me semble de nature à intéresser tous les parents, tous ceux qui ont la charge, si douce et si délicate, de jeunes esprits et déjeunes âmes.
Ce n'est ni un paradoxe ni une boutade, mais une vérité pédagogique bien établie, que les vacances sont le moment de l'année où l'on s'amuse le plus et où l'on travaille le mieux. Rien de plus naturel. On vient d'échapper à la geôle des internats, qui, même adoucie et tempérée par une pédagogie plus humaine que celle d'autrefois, est toujours pénible pour des enfants. On n'est plus prisonnier entre quatre murs; on a le droit de lever le nez et d'ouvrir les yeux; on est un évadé, joyeux et libre; on ne va plus à l'école, mais on est à l'école partout, dans un