‹ L'éducation maternelle dans l'écoleChapitre 11 sur 34 · LE REFUGE CONFORTABLE ET ENSOLEILLÉ · texte numérisé non relu

LE REFUGE CONFORTABLE ET ENSOLEILLÉ

GHAPITUE I

lies préjugés contre les bains tendent à se dissiper.

Pour qui s'est rendu compte de la nécessité impérieuse à laquelle répondent les écoles maternelles dans les grandes villes, et dans tous les centres d'industrie ou de grande culture, il est incontestable qu'un local, fût-il irréprochablement construit, dans un endroit favorable, et fût-il — ce qui ne s'est encore jamais vu — pourvu d'un excellent mobilier et d'un matériel complet, le local ne constituerait pas encore une école modèle.

Tant qu'il y aura dans les mansardes, ou au fond des impasses sombres, de malheureux enfants que leur quasi-nudité ou leurs guenilles tiennent éloi-

gnés de Técole; tant qu'on ne pourra faire admettre d'urgence dans nos établissements de première éducation tous ceux dont les parents indignes se servent pour apitoyer les passants; tant que l'école maternelle, enfin, ne sera pas obligatoire pour tout enfant dont la mère ne pourra pas ou ne voudra pas s'occuper, ou dont elle s'occupera pour le dépraver — cela existe, hélas! — tant que l'école maternelle, dis-je, ne sera pas le refuge tiède et ensoleillé ouvert k l'enfance malheureuse, elle n'aura pas complètement rempli son rôle philanthropique et éducatif.

Or, pour que l'enfant nu puisse être admis à l'école, il faut que l'école l'habille après l'avoir baigné, après avoir fait disparaître la dernière trace de ses misères et des ignominies de ses parents, s'il a des parents dénaturés; il faut enfin qu'elle le mette en état de se mêler à des camarades.

La salle de bains, le vestiaire sont donc indispensables comme la cantine dans une école maternelle qui ne ment pas à son titre. Cependant le vestiaire a été jusqu'ici un luxe presque inconnu. Quant à la salle de bains, elle n'est plus tout k fait un mythe, grâce k la généreuse initiative de la Ville de Bordeaux, où fonctionne, depuis quelque temps, l'œuvre des Bains à bon marché (Bains-douches chauds à 15 centimes). Nous saluons l'œuvre nouvelle, et faisons des vœux pour qu'elle se généralise.

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