AU MANS, CHEZ FLEURIOT , IMP.-LEB.- EDITEUR
rnèS LA PRÉFECTURK,
in 2010 with funding from
University of Ottawa
http://www.archive.org/details/lducationpom02boye
POÈME
ARGUMENT
Education des (Mifans de la classe indi{;!:enle. — Combien rinslnictioii chiéliemie leur est ii«''cess;ure. — Enseiijnemeut éh'Uienlaire. — Tableau de l'école «les Frères, — Enseifrnement siniultinu*. — Itililé du (liant dans les écoles primaires. — (".haut du travail. — Ecole d'adultes.
— Salles d'Asile pour les petits enfans des pauvres. — Insuffisance de l'enseignement individuel dans l'instruction publique. — Tableau d'une école mutu«'lle. — Ce qui manque à ces établissemeus pour garantir lesa>antages ([u'ils préstMitent. — Utilité de la concurrence des écoles. — Aj>plication des deux métbodes , simultanée et uuituelle, ;iu\ arts, en général, et i\ la musi«|ue eu particulii'r. — Ecole des arts et métiers. — Exposition des produits de l'industrie. — Ecole d'agricullun'. — Comparaison du sonril-uiuctet de l'aveiigle. — Educalion des somds-muiMs.
— l'.ilicnce et générosité de l'abbé de lEpée, fondaleiu* i\r li'ur écuif. — Prodige de leur iiisliiiclion, — Classe do sourds-muels. — Education des .iNciigles, — Leurs exercices de lecture et d'éciitnre. — Elonnans effets de la délicatesse <b' Ifiir loin lier, cl du M'iitiment qu'ils acquièrent des distances. — Huse d ;neugle. — Condiien la linesM' et la josIcsM' di' leur oicilir, les rendent pro|»it's ;i la musicjuc. — .his(|ir;i ijut'l di'gré de |)erfecli(>n ils pruxiMil la (iillivcr. — Ilisloirc de llrice . a\eugle nuisicien.
^ Aïs il est temps, enfin, de quitter le collège : o^ Mon cœur, plus que jamais, est plein de son sujet. Etres infortunés, qu'un Dieu juste protège (1) , Vous , aussi , de mes chants soyez le digne objet. Ma lyre a réjoui les enfans de l'aisance ; L'état fait tout pour eux , sont-ils donc tout pour lui ? Ne doit-il aucuns soins aux fils de l'indigence , Dont il tire , à la fois , sa force et son appui ? Quel sort espèrent-ils ? la peine , la fatigue , Au milieu des cités , comme au milieu des champs ; Et si , contre la paix , ffuekiue ennemi se ligue , On leur réserve , encor , les durs travaux des camps.
Pour que le prince , en eux , ait des sujets fidèles , Qu'ils croissent dans l'amour de leur divin auteur ! La tendre charité les reçoit sous ses ailes , Et les confie aux mains d'un sage instituteur. Si notre sainte loi n'éclaire leur jeune âge ,
% L EDl'CATION.
De leurs grossières mœurs, comment les afTranchir? Sois(l<mc, ô piélé, sois leur premier pariai^e; Que lie temps, sous ton joug, il faut pour les fléchir !
Si l'humble instruction d'un cours élémentaire , De leur enseignement était l'unicpie fin , Hâter ses lents progrès deviendrait nécessaire ; Et , pour eux , le plus court serait le vrai chemin. Mais les mœurs sont le fruit d'une longue habitude (2) : Savoir vi«MU assez tôt , bien faire toujours tard. Adorer l'Éteinel , est donc le long prélude De leur apprentissage et des leçons de l'art.
^ ri , ]<' trmi»le sacré , rîmgés sur double file ,
J'aime à voir ces enfans s'avancer, au malin.
En présence de Dieu , leur cœur devient docile ,
Et perd son caractère incivil et nuilin.
Cet ordre, dans letjuel ils l'cgagncnl la (lasso ,
Est, déjà, le garant iU- leur alh'iition.
Sans ce frein , leur <'s|)i il «hi moindre cff(nt se lasse :
La iTglc 11- mainlienl dan.-^ l'a|)]ilicalion.
Mais«pici lrnii|.(;ni ii(»iMbr«'ii\ dans «cite ('-troite enceinte (3)
Tous du maille vont-ils parla^rr les jiiés<*ns?
J'admire ion pouvoir. religieu.M> crainte!
Les vo>anl alleiitils , et pr<'ssés sur leurs baiies ,
darder, avec res|)( r i . un Irampiille sili-iiee.
Ou«' mon cœur «si i«Mieiié! «pi'il rt'vëre tes lois ,
O sage discipline , imposée à l'enfance ! Soumise , elle obéit , d'elle-même , à ta voix.
La robe , le rabat , un œil doux et sévère (4) ,
Ce maintien , où respire une humble gravité ,
Ce parler rare et clair , donnent au jeune Frère
Le poids d'une imposante et vieille autorité.
La baguette qu'il tient , sceptre craint , mais paisible ,
Dirige l'écolier , sans se faire sentir ;
Les premiers élémens , qui n'ont rien de pénible ,
En décorant les murs , aux yeux viennent s'offi-ir.
Dans sa main , le signal , plus pi'ompt que la parole , D'une faute , aussitôt , sans aigreur aveitit : Interprète fidèle , à l'attentive école , Il transmet la pensée , et chacun la saisit. De celui que le maître exerce à la lecture , Dans des livres pareils , tous suivent les accens. Du chiffre , le tableau leur offre la structure ; Et les premiers calculs s'emparent de leurs sens. Plusieurs , de l'écriture imitent les modèles , Sur la table exposés dans toute sa longueur. De nos auteurs divins quelques extraits fidèles , Par la main retracés , forment leur jeune cœur. De leurs sa vans dessins , le fini , la justesse , Vient étonner , surtout , et charmer vos regards. Ce Frère qui n'a rien , donne ainsi la richesse , Assurant leurs succès dans les métiers , les arls.
A liro les écrits il les instruit encore ;
A ré^'leç un méraoii'e , à donner des acquits.
Devis , contrats privés , voilà ce qui doit clore
Ce cours d'instruction , pour eux long-temps requis.
N'oublions pas le chant ; apprenons à l'enfance A moduler sa voix , ce l)eau présent des cieux , Pour louer du Très-Haut les bienfaits , la puissance , Entonner, dans l'école, un cantique joyeux ; Oui , cet hymne sacré fait renaître sa joie , Ranime son courage , et charme les ennuis Auxquels son cœur timide est trop souvent en proie ; Par le chant , la doctrine obtient de plus doux fruits.