PIN DES NOTES DU NEUVIEME CHANT
POEME
ARGUMENT
Séminaires. — Leur ulililé. — Tableau d'une ordination. — Dispositions dos jeunes lévites. — Discours de l'évèque ordinant. — Sujets pour les missions étrangères.
— Eloquence sacrée, fortiiiée par Tétude des sciences et du chant. — Vœux pour le rélablissenicul des psallettes.
— Institution de musique religieuse. — Etude des grands modèles. — Avantages que l'art relire de celle institution.
— Ecoles de médecine et de droit. — Nécessité d'une instruction religieuse adaptée à chacune de ces écoles. — Ecoles des Arts. — Musées de sculpture et de peinture.
— Esquisse de quelques chefs-d'œuvre anciens et modernes.— Grands maîtres desdivers«'s écoles. — Harmonie.
— Instrumens de nuisi(|ue. — Cloche, Orgue, I*i;iiio , Harpe, Violon, Basse, instrumens de cuivre. Harmonica.
— Voix. — l'sage et intluence de la musi(|(ie. — ('."est le pn'mier des arts. — Grands maîtres. — Où s'inspire le p^.nic. — S's œuvres manifestent la gloire et la puissance de Dieu. — Ecoles militaires. — L'éducation religieuse y maintient la Itoruie discipline , et prépare le succès de»
armes.
i^«|nfin , de la jeunesse au culte consacrée ,
^ L'épreuve est plus suivie, et ses cours plus complets ; Par des goûts corrupteurs pouvant être égarée , Du monde elle doit fuir les dangereux filets. Sagement établis , de vastes séminaires (1) , Dès que parlent ses sens , l'appellent dans leur sein. Dans ces lieux , les esprits de divers caractères , Tournés vers un seul but , un unique dessein , Puisent des mêmes mœurs une sainte habitude ; Et , s'immolant aux lois d'un austère devoir , Savent vivre en commun , aimer la solitude , Et n'ambitionner que le divin savoir.
Lévites du Seigneur , vos passions domptées , Deviennent , par son aide , un amour chaste et pur ; Du céleste sentier les âmes écartées , Viendront trouver , en vous , leur guide le plus sûr. Depuis vos jeunes ans , habitant dans le temple ,
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Et du culte , formés aux soins religieux ,
Vous donnez , sans effort , en tout , un digne exemple ;
VolJ*e devoir n'est plus un maître impérieux.
Puisqu'il vous faut lutter , vaincre par la parole ,
De loucher et de plaire ayez les heureux dons.
De la sainte clo(]uence , en votre docte école ,
Ecoutez, chaque jour, les suhlimes leçons (2).
Elle a restreint , chez vous , l'argument scolastique (3) ,
Dispute acre de mots, décriée aujourd'hui ,
Et les subtilités de la dialectique ,
Dont quelques sages lois du discoui-s sont l'appui.
IMus lilire, son gi-uie écai'tanl tout nuage (i) ,
Four orner la rais* mi , j)rend des accens divins.
Est-il , pour la pai'ole , un plus noble j)artage?
Elle M ri (liiiicipiclc aux sacrés écrivains.
De sa (l(M iiiiic . alors, l'irrésistible emjure ,
Gagnant jus(|u'aux médians . par voire aimabh^ voix ,
Fera . daii^ loiis les «(l'iirs , ii leur fatal délire
De l'ordre mk (•('•dti' les ^ahilaires lois.
Ciillive/, bien les s(»ns de celle voix piiissaiile (5) ; Ou'ellc ait la majesté des bynmes du Seigneur! ])ii ( iilir des autels (|ne la pompe est louchante , (.)iiaiMl la iid leiniiii des aecoiiU d'un iieaii < Ineur (6) !
Qu'il est grand , d<\aiil Dien . le lilne sa( riliie
\h\ I é\i|r qui siiii rflemjil il ic\ere !
Quand de ce Dieu jaloux il se voue au service , Monde , plaisir , nature , il a tout abjuré (7) . Plus de frère , de sœur , plus de père , de mère ; Adieu, du chaste hymen nœuds < harmans, heureux sort ! Doux espoir de renaître en une race chère , Adieu donc pour toujours ! Dur et sublime effort !
— Eh ! quoi ! n'a-t-il donc plus un cœur tendre, sensible?
— En lui l'amour divin domine tout amour. La grâce le munit de sa force invisible Contre tous les dangers : inexpugnable tour , Du lion rugissant il brave la menace ,
Et peut des passions repousser les assauts.
Sois donc son bouclier , son glaive , sa cuirasse ,
Grâce , qui convertis le plus ûiible en héros !
Ah ! s'il est des héros , vous en êtes l'élite , Apôlres , qui volez au bout de l'univers (8) ; Qu'un invincible amour pour vos frères excite A braver les périls , l'avanie et les fers , En allant de la Croix étendre les conquêtes , Arracher dos mortels à leurs viles erreurs. A vous seuls est donné , célestes interprètes (9) , De changer en vertus les plus barbares mœurs.
D'où reçoivent-ils donc une telle puissance ? Autour du sanctuaire , avoz-vous vu rangés Ces courageux soldais , armés pour sa défense? P;n- d'immuables vœux ils se son( engagés.
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Avez-vous eiilendu le j^>asteur vénérable , Tout haut , leur imi»oser ces devoirs rigoureux . Ces inflexibles lois d'un serment redoutable? « Soyez de vos discours l'exemple généreux ; » Allez d'un Dieu de j^aix enseigner les maximes , «Faites bien plus, enioi" , sachez les faire aimer. » Convaincre les esprits par des discoms sublimes , i> N'est rien , si votre amour ne vient les entlanuner.
«»Ce l)ien qui des mortels fait le bonheur suprême,
» L.'i liberté , vous est enlevée à jamais :
» Obéir à ce Dieu que l'on craint comme on l'aime,
» Voilà le seul désir qui vous sied désormais.
» Vous n'avez plus d'amis , de parens , de patrie :
" Dieu seul est tout pour vous, soyez donc lt>ul à lui.
» Voyez dans le tnjupeau (pi'à vos soins il confie ,
» \ (tiif uFiique famille , et soyez-en l'appui.
n pour v«»iis <(»ula sou <^:\n<^ , il essuya l'outrage ;
»> l'niii- lui , s'il le fallait , s;i( b<'/. aussi mourir ,
» Kndurer les tominms , l'exil et l'esclavage (10).
» De la gloire du <iel le chemin va s'ouvrir :
" Counv.-y , l'Kspiit-Saint vous accorde ses grâces:
» Kh ! (|Mf' |)oiirri('/-vous craiiidn' aver un tel secours 'i'
Tniis , dudi(.;ncpr«''lat . vont m.urhei sur h's traces,
l"!l l.i religion suit son ;mtique cours.
Klle a vu n-Liblir ses f<^les solennelles ,
D.'Mis ses temples rouvnts. ii farauds fr;ùs réparés (1 1),
Se presser , à l'envi , la foule des fidèles , Refleurir, plus nombreux , ses collèges sacrés.
Aussi beaux qu'autrefois , sortis de leurs ruines , On les voit s'enrichir des hauts enseignemens. Gardant la pureté des anciennes doctrines , La science moderne y joint ses ornemens (12). Ce flambeau , du ministre instruit de la nature Assure le triomphe , en montrant son auteur , Eclaire les trésors que contient l'Ecriture , Fait briller ses beautés , éclater sa grandeur.
Comme un fleuve abondant , majestueux , paisible , Embellit tous les lieux que parcourent ses eaux , L'Eloquence sacrée , au cœur noble et sensible , Partout répand la joie , et charme les travaux. De l'antique Forum la célèbre tribune , Qui , dans des temps fameux , chez les peuples anciens, Régnait en souveraine , et réglait leur fortune , Seule , ne règne plus chez les peuples chrétiens. Du temple saint la chaire est plus que sa rivale ; Quel empire est le sien sur les esprits , les mœurs ! Dans les temps orageux elle n'a point d'égale ; Les dangers et le ciel font les grands orateurs.
Auguste Vérité , ton fidèle interprète , Toujours blessa l'orgueil des coupables mortels, Pierre , devant Néron , te paya de sa tète :
Mille aulres sonl tombés aux pieds de tes autels.
l M mouarque absolu se montra magnanime ,
Loixiu'à ta sainte audace il prêta son appui ,
Et se dit liautement , })ar un aveu subiiinc .
Aussi content de toi que mécontent de lui.
Kevèlez-vous de force , ô généreux apôtres !
La chaire est la tribune : ayez l'arme à la main.
Les foudres des anciens sont-elles moins les vôtres ?
Egalez Démosthène , et l'orateur romain.
Grtuidez, tonnez comme eux. L'or, la fraude, le crime,
Ce sont là vos Antoine , et vos Catilina ;
lYajtpez ces conjurés , noirs enfans de l'abîme ,
(Juc l'albéisme impui- , |»arini nous, déibaîua.
N'envie/ point les biens, les honneurs polititpies;
Ndlic (''lo(|ii<ii(e , esclave, alors s'endormirait.
Libre, cl toujoms gardant la loi , les moiirs pnblicjues,
Elit' a , jioiii- les défendre, un invincible Ir.iil.
De Mon .iiiibilioiis l'esle/ in-epfo(Iiables ,
Pasteurs, foulez aux pieils toutes nos vanités.
r.li ! «jnels biens avons-nous (pii vous soient di'-sirnbles?
\ ous êtes le dépôt de nos pi()Speiit(''S.
Le savoir , les vertus , votre seule ri«besse ,
De vos nobles elloils assnieni le succès:
A jamais ileniimnl ianuMn de la sagesse,