‹ L'éducationChapitre 16 sur 47 · I.e ( iilic (je-, .lieux «lie/ le |m'ii|iI)- Ir.nieais · texte numérisé non relu

I.e ( iilic (je-, .lieux «lie/ le |m'ii|iI)- Ir.nieais

l'i rs lit- Ir-iisi'-iiK re . ;iii ! i ninbieii je le^Telle

CHANT DIXIÈME. 20 "i

Une petite école , autrefois en honneur !

Elle renaît , pourtant , cette antique psallette (13),

Avec son nouveau maître et ses enfans de chœur.

Le culte est embelli par leur chant séraphique :

Dieu toujours agréa les cantiques pieux.

Par ses brillans accords , une large musique ,

Nous enivre d'amour , en exprimant nos vœux.

Une élite d'enfans sauvés de l'indigence ,

D'un talent qu'on chérit , y reçoit le bienfait.

Cet art, qui sur nos mœurs marque son influence ,

D'une étude sévère , autrefois fut l'objet ;

Et la religion l'illustrant de sa gloire ,

Dans un goût noble et pur le fixait constamment.

A nos temples la paix , doux fruit de la victoire , Commence à rendre , enfin , un si bel ornement. Virtuoses fameux , qu'enfantaient nos maîtrises , Ah ! puissions-nous vous voir renaître dans leur sein Et qu'à jamais le Dieu chanté dans nos églises. Féconde le génie en son noble dessein !

D'un prince , ami des arts , la faveur signalée , Réveilla , parmi nous , les chants religieux. De jeunes nourrissons une enceinte peuplée, Fit retentir les airs d'accens harmonieux : Diiigés par un maître aussi sage qu'habile , Et la ville et la cour y vinrent applaudir (14). L'agi(''al)le on ce( ail, l'emportail sur riiliir;

•J()4 L'ÉDI CATION.

(Juaujoiud'hui les vertus à l'art viennent s'unir ! Vous donc , ijui du Seigneur célébrez les louanges , Chérissez s.'i doctrine , et pratii^ucz ses lois ; Car vous n'imiterez les ciuiliques des Anges , Que si de chastes mœurs embellissent vos voix. Dieu ferme son oreille à des bouches impmes , Ses temples sont souillés de leurs éclats bruyans. Des hymnes , sans amour , lui sont autant d'injures: Oui , vous lui phiisez mieux . villageois ignorans ! De vrais adorateurs la voix pm*e et savante , Porte , vers lui , l'encens c»ffert sur ses autels. Dieu seul peut inspirer à l'àme (jui le chante , Ces sublimes transports qui rendent iuunorlels.

Cette iiislitiilion , en deux maisons distinctes. Dès leur eiifanr c, admet les sexes séparés. Du Ni( (' on n'y seul point les funestes atteintes. Et du jniir le |i|iis |iiir leurs yeux sont éclairés, De l'éducation les principes solides A l'étude do l'art piéparent leurs esprits. Des rriv(j|cs plaisirs il les i-ciidiail avides. Si d'un pieux am<jur ils n'étaient tous épris. Vojlii lo fru sacré (pii peut seul, dans leurs âmes, Knianlcr ces a< < eus i|iii pciirlicnl \u*> ( nuis. (;<»nuii<nl , s'ilsnr brûlaiciil d<'< rsdiN incs llnMUifs, l'ourraicnt-ils ré< liaulTcr h's jucilanes tiéd<'urs'j*

Des insti uuniis (liNcr^ (l«»nl rrsonii» ni ii<»> huiplts ,

Ils cul li vent , encor , les sons mélodieux ,

Puissamment excités par de doctes exemples ,

Et le concours public , suffrage glorieux.

À la Sorbonne , on voit quelle élite s'empresse

De venir écouter leurs ravissans concerts.

Ainsi le chœur des cieux loue avec allégresse ,

Dans un hymne éternel , le Dieu de l'imiA^ers.

Choron , dont le beau zèle égalait le génie (15) ,

Sut ensemble accorder des masses de chanteurs.

Ces innombrables voix , imposante harmonie ,

Nous rendent Dieu présent , sa gloire et ses grandeurs.

Des élèves , quels soins pour mûrir la science !

Quels modèles «de goût sont, pour eux, ces beaux chants

De Vienne , d'Italie , ou de l'aimable France ,

Ces chefs-d'œuvre connus . si riches , si touchans ,

Ou de Benedetto les psaumes angéliques ,

Ton Stabat , Pergolèse , ou vos superbes chœurs ,

Rose , Lesueur , Méhul , Choron , tes beaux cantiques ,

Vos Messes , Per, Hummel , chères aux connaisseurs !

Rien n'égale les chants que l'Esprit-Saint inspire.

Le culte des autels , la majesté du lieu ,

Exaltent la pensée : Haydn inscrit sur sa lyre ,

Pour la rendre sublime : « Honneur, louange à Dieu ! »

A la gloire publicpie une si belle école Est digne d'ajouter un éclatant rayon.

Jeunes maîtres , votre art qui ravit et console ,

20G L'Émr\TioN.

Meltra fin nu \on<^ doiiil de la loligiou.

Allez rendre sa pompe antique et solennelle ,

Par vos brillans aecords , au culte des aïeux ;

Du florissant g^ninase , ah ! puisse la chapelle (16),

Par vos soins retentir d'accens di(?nes des cieux !

O qu'aimable serait la jeunesse chrétienne ,

Instruite à ces concerts par vos doctes leçons !

Nulle félicite n'égalerait la sienne ,

En mêlant le savoii* avec de si doux si»ns.

Lors^pie de son pays , il (juitte enfin lét (»le , L'élève d'accourir en nos gran<les cités. C'en esl i:iii , pour l'utile ahjuiaiii le lïivolc. Il s'assied à ces cours qui lui sonuiaiil vaiilt's. D'une pnjfession s'ouvre ii lui la carrière ; Il veut approfondir et praticpier son art : San^i pratiipiP . (|ue peut la llu'orie entière? Impuissiuilc , <in la voit ndpt'rer cpiau hasard. Mais aux moMus , c'est ici (]u il «Init être fidèle: Le<œur s'égare-t-il ? L'es|>rit n'est ]>lusqu'crrrur. I)»' la science, «'n v.iju . il t'iiiriid le modèle, Kn lui |)()m- la (ixej- , il faut la paix du coMir. Le plaisir . à ses sen>> en lait jK'idn' la (race; Ce qu'il ap|tren(i le jour sr dissi|w' la iniil. Le vi( c si'diKicnr des vnins prend la place ; Fniilsd*' nos lonj^srifuris . un insiaiil voiis<i('>iniil !

h«- I liuiiHM) qui II «si plus dlssi-quaul la dépouille ,

Au lieu d'en admirer les ressorts merveilleux , Si de discours impurs sa bouche , alors , se souille , S'il ne fait qu'assouvir ses regards curieux , Devenu plus infect que le hideux cadavre , Des vertus du Chrétien il perd la bonne odeur, Son athéisme affreux vous révolte , vous navre. Du malade il devait soulager la douleur , La dure impiété rend son àme insensible. Ne voyant qu'un corps vil en son frère souffrant , Aux élans du génie il reste inaccessible , Et ne sera , jamais , qu'un docteur ignorant.

Du droit se livre-t-il' à l'étude épineuse ?

Si des préceptes saints il éteint le flambeau ,

Son esprit s'égarant dans l'erreur ténébreuse ,

De la chaîne du vrai ne suit plus chaque anneau.

Du barbare égoïsme adoptant les maximes ,

Le juste avec l'injuste il allie , il confond ;

Dans son cœur , l'intérêt plaide pour tous les crimes ;

Il devient chicaneur , hypocrhe profond.

Pieux , vous l'eussiez vu l'appui de l'innocence ,

Et du faible opprimé le défenseur gratuit :

Impie , il ne se plaît qu'à rêver l'opulence ;

Et du lâche oppresseur l'or souvent le séduit.

Ce n'est donc pas assez qu'enfant , de la morale , Long-temps il ait appris les divines leçons. Avec pompe , à ses yeux , en vain on les étale ,

208 i/ÉorcATiON.

Si , soigneux , à son art nous ne les unissons. Non , il ne suffit pas des leçons et du maître , Pour qu'il sache s'aider de leur puissant secours ; C'est l'imposante voix d'un bon, d'un savant prêtre (17), Oui , sur ce grave objet , instruira mieux un cours. Quoi ! par de saints conseils , vous soutenez l'enfance , Près de vous , dans la paix des innocens désirs ; Et vous l'abandonnez «piand , dansTindépondance , Au loin , elle est en bulle aux tiaits des Taux plaisirs !

Dans ce vaste gymnase , et plus riche et plus belle , Une chapelle , encor , captivera les sens. Qu'en ses jours de repos , la jeunesse fidèle Y vienne d'un ministre entendre les accens ! Son air est noble et doux : à sa maie éloquence , Qui condanme et flétrit le savoir sans vertu , Jeune , il sut alliei" une ample coimaiss;mce De l'art (pii rend l'élève , en ces lieux, assidu. Il numtre le travail utile , nécessaire , Ses fatigues offrant, pour |>rix, mille douceurs; I.e bonliour, compagnon dun liouiièlc s.il.iiic : K.i uM'diocrilé , ses mod(Nlcs boimeui's: " I.e Inxcî , doiU la souir est la duie avarice , >- Dit-il , él<»uflera vos penchans g<''n«''reux : »» D'oi sans ( esse affame , le (aïeul joini au vice . • Du ni.d devidii r.-j^'enl . le coiuplice h(»iileu\. "

A I eulaul d i'!s( ul;ipe . il diiUUe le i uur.'igc

D'entendre, de sang-froid, les cris de la duuleui',

Lorsque son fer tranchant fait un affreux ravage ,

Pour extirper du mal le foyer destructeur.

Imprudence funeste , à tous il te révèle ,

Comme germe fécond d'inévitables maux.

Il montre à triompher d'un silence rebelle ,

Et, par d'heureux aveux, à rendre un doux repos.

De l'âme , sur les sens , signalant l'influence ,

Et des sens , à leur tour , l'empire sur l'esprit ,

Il en fait ressortir , sublime conséquence 1

Le plus beau des secrets que jamais l'homme apprit :

Que, pour guérir le corps , il faut soulager l'âme (IS) ,

Et que du médecin , quand le sensible cœur ,

D'un charitable amour nourrit l'ardente flamme ,

Souvent , d'un mal cruel il peut être vainqueur.

Pour l'enfant de Thémis , plus éloquent encore ,

Et de l'esprit des lois profondément instruit (19) ,

Le Prêtre-instituteur fait au Dieu qu'il adore ,

Hommage du flambeau dont la clarté nous luil .

!1 proclame ce Dieu l'auteur de la justice ,

Dont sa main vint , en nous , graver les premiers traits.

Sa loi qui réprima notre antique malice ,

A des humaines lois inspiré les décrets.

« Des citoyens , dit-il , vous serez la lumière. » Pour régler leurs accords , juger l(uu's différends , » Réglez d'abord vos mœurs : que votre vie enliore , II 11

210 LÉDl CATION.

» Par son aiilorilé , relève vos liilens ! » Combattez les pervers dune voix inlrépide ; » De la magistrature exerçant les pouvoirs , » Servez , dans vos foyers , de modèle , de guide ; » Et d'homme vertueux remplissez les devoirs. » Aux paroles , ainsi , joignez un grand exemple : » Le peuple sans murmure , avec un saint respect , » Suivra vos jugemons ; le barreau, c'est un temple ! >j Dans ses minisires , rien ne doit être suspect. » Que votre intégrité , de la ]»ubli(pie estime » Conquière le suffrage ; et l'élocpience , alors , » Prêtant à vos discours son accent flexunimc , » Vous rendia possesseurs du plus beau des trésoi*s. » Pour l'indigent ayez de sensibles entrailles ; M Qu'il obtienne de vous et secours et crédit : « Ses pleurs, ses vifs regrets, ornant vos funérailles. » Vous sauveront l'Iioireur d'une éternelle nuit ! »

\j' ministre x' lait , mais on refonte encoie. Des jeunes auditeurs , déjà l'esprit plus mui- Tioôte ses doux avis, les comprend , les iionore. l/orgueillenx , désarmé de son ceil lier ei dm , Sourit il la raison i|ui eonunencc à lui plaire. Attentif an diseour^ <lii in^desle oialenr, Cliacim voit son ami , son (lire<l(Mn\ un père. Oui vient onvrir :i l<»ii^ le < beinin <ln bonlieni".

C'est ainsi qnanx be.nix-arls , nne pinc niorah*,

Sagement appliquée , en dirige l'emploi ;

Et qu'au talent qui naît , le professeur signale

Des sujets qui , loin d'être aux mœurs un juste effroi ,

Fassent , par tous les sens , passer dans la jeunesse

Le zèle des vertus qu'animent de beaux traits ;

Que , d'un ton paternel , il lui dise sans cesse :

« Le talent tient des mœurs ses plus touchans attraits. »

C'est vous, par dessus tous , que mon amour conseille. Du plus charmant des arts , vous qu'Euterpe embellit ! Sans les mœurs , votre voix ne charme point l'oreille : Dans la voix , clairement , le fond du cœur se lit (20) .

Artistes , songez-y : vos expressifs ouvrages De votre âme, à nos yeux, peignent les mouvemens. Que les hommes devraient s'efforcer d'être sages , Puisqu'on offre de soi des portraits si vivans 1

O Muses , que ne puis-je , à vos sources sacrées , Abreuver mon génie , et peindre tou-s les arts , Captiver des mortels les âmes enivrées , Par de si grands tableaux offerts à leurs regards , Révéler les secrets des méthodes profondes Que suivent les esprits dans leurs élans divers , Comme , jadis , sortit de l'écume des ondes , Vénus , ou la beauté qui pare l'univers !

Oui , je voudrais montrer, de ce marbre insensible ,

212 L'ÉDir\ïTON.

Oiiun ciseau créateur auinie sous ses coups ,

Comment, la foudre en main, peut naître un Dieu terrible.

Devant tpii, tout tremblant, tombe un peuple à genoux.

Ou d'une déilé l'image si parfaite ,

Ou'on voit de ses a}t[)as l'artiste même épris ;

Comment , sous le pinceau , cette toile muette

Peut d'mi objet aimé nous rendre le souris ,

Imiter les aspects de toute la nature ,

Au point de captiver et de tromper nos sens ,

En nous charmant taïuôt par les bois , la verdui-e ,

Tantôt par une nu-r et ses Ilots bondissans ;

Comment des temps anciens tous les faits mémorables

Uenaissenl , à n(^s yeux , sous de vives couleurs ;

Précieux documens, témoignages durables.

Qui rendent inunortels la gloire et les malheurs.

Cet art mystérieux vciil une longue élude . Kl s(tii rnseignemeni a fait de grands progrès. Kn vain j)àlir(7.-vous dans votre solitude : \'(tir, sentir, imiter, <'('sl la clef du succès.

Au talent ,<|ni l"envie . es! ou\<'il iiii beau I cm [de , On \icnniiil linspirci' les ( befsHl'(envie des aris. I.es pr(''( cpies savans soni peidns, si l'e\(Mn|>le Des nmdèles fameux, ne fiappe les regards. I^a reine îles rih'-s . snr les bords de l:i Sein<' , Possèile le |ilns iie.iM <|ni snji d.nis l'nnivers. C'est Ini «ini . d.nis ses nuns , de Ions r«*»l(''s .mièiie

Les premiers citoyens de cent peuples divers. Sa noble colonnade , et son haut frontispice , Sont de l'architecture un riche monument ; ]\îajestueux portique , et du vaste édifice , Demeure de nos rois , admirable ornement.

D'abord, s'ouvrent à vous les salles des Antiques : Là , frappés de respect , de la grande Memphis Vous croyez parcourir les temples magnifiques , En voyant tous ces dieux que l'Egypte a servis. A vos yeux enchantés , le Parthénon d'Atliène , Offre des Phidias les marbres respirans ; Vous contemplez les traits de ce grand Démosthène,. Vous entendez sa voix foudroyer les tyrans. Voyez-vous l'Apollon et la Vénus pudique , Idole qu'encensaient d'impudiques amours ? Objets d'un autre culte , un artiste s'a})plique A saisir de leurs traits les élégans contours.

Mais j'entre au Capitole : oui , le Dieu du tonnerie

louait régner encore , ici , sur son autel.

Qui siège à ses côtés ? c'est le Dieu de la guerre ,

]\îars , père et protecteur de ce peuple éternel.

Oui , j'assiste au sénat , où ces maîtres du monde

Délibèrenf du sort des nations , des rois.

Je vois Calon qui prouve , et Gicéron qui gronde ^^

Auguste h l'univers , enfin , dictant des lois.

Sur Tibère je lis le profond hypocrite ;

21 i l'éducation.

Et j'aime à comi)arer (ians ces bustes pailans . Le ciseau du sculpteur au pinceau de Tacite : L'artiste à l'écrivain le dispute en talens. Ces marbres , du passsé vous font fi-ancbii- l'espace : Vous vivez , à la fois , dans vini^it siècles divers ; Des arts qui ne sont plus , ils vous offrent la trace , Et les révèlent mieux que cent auteurs diserts.

Plus haut, s'ouvr»' aux regards l'immense galeiie. Dont les murs sont ornés de tableaux pi-écieux. Les sujets , leurs auteurs , orjjjueil de leiu* patrie , Un livret en instruit l'amateur curieux. (Comment l'espiil humain peut-il de tant d'iinap^es (Contenir et j^ardei* les vivans souvenirs? Ne cruil-il pas tout voir, dans les difféi-ens âges. Et de l'Etre éternel partager les plaisirs? Votreœil n'est |M)int séduit par des objets frivoles : F.e b(';m se moiuie à v(»us louchant et sérieux. O sublimes pinceaux des dois grandes Ecoles , Vos clK'fs-d'dMnrr vantés sont tous religieux (21)! D'nii punirait cpie du ciel émaner le génie? I{é\èle-nous ton art : dis-nous , j)eintre inspire . De tous c(S traits divins la suave harmonie : Ne la puis.'is-lu pas dans le livre s;h ré?

() « clibir roiissiii , 1.1 s( eue (II) (l«'lu;.;e

A ^;iisi |(iiis mes si'iiN iliiiK' iii\iiu litje li(»rreiii

I'"iii rimiiiint' i|iii ptM II il M est pins di' lehige :

La femme , de ses maux , trop déplorable auteur , N'offrira plus ce fruit , cause de leur naufrage. Poussant les cris aigus d'un affreux désespoir, Elle suspend , vers lui , son enfant, leur doux gage. En vain , tendant les bras , il veut le recevoir ; Tous vont être engloutis dans les profonds abîmes ; Le serpent fuit la mort , gravit vers les buissons ; Bientôt, il va subir le sort de ses victimes. Au loin , l'Arche surnage à la hauteur des monts. Le soleil s'est voilé dans la pluie et dans l'ombre ; Quelques pâles éclairs percent le sein des eaux ; Et , sous ce coloris mélancolique et sombre , La nature paraît rentrer dans le chaos.

Que ne puis-je, ô grand maître, offrir tes beaux ouvi'ages,

La manne du désert , le sage Salomon ,

Et la femme adultère , arrachée aux outrages ,

Les aveugles , la cène , et ton assomption !

Champaigne , aucun moitel , de tes i-eligieuses

Ne rendrait la prière et le divin amour :

Ta fille agonisante , à tes larmes pieuses ,

Aux saints vœux d'une sœur, doit de revoirie jour (22)»

#, Avec de faibles vers , ces beautés ineffables , Ces peintures sans prix , ces poèmes parfaits , Qui peut les imiter? ils sont inimitables , Et ruMis no teiUri'ions que d'impuissans essais

2U) l'jj)1(.\tion.

Pareil du moins mes cliaiils, ô Vierge jardinière ! Eiifanee tic Jésus , eombals de sainl IMiehel . Saint George et le dragon à la dent meurtrière , Sortis de les pinceaux , su])lime Raphaël [-23) ; Du Corrège , la Vierge et sainte Catherine , Tableau de ceux qu'à Rome enlève mi fier vainqueiu' ; De l'Albaiie , brillant d'une couleur divine , La Salutation de l'Ange du Seigneur ; Ton chef-d'œuvre, Lesueur, Paul prêchant dans Ephèse, ( Aillems , sont tes tableaux (\u ( loîlre des Chartreux); Tes noces de Cana , ton Christ, Paul Veronèse ; Du vigoureux Rubeiis les ouvrages nondueux , De la religion le tiiomphe sublime , Le denier de Césai-, sainl Jean pleurant Jésus , Les traits du grand Henri , sa valeur magnanime . Kt son .ipothéose, illuslianl ses vertus.

Poui i;iis-je l'oublier, peinti'e de ces batailles Oui nous l'ont <l'Alexandie admirer la valeur, Lebrun , dont b's pinceaux ont embelli Versailles , Kt d'un loi i|ui n'est plus lont vivic la grandeur? Mais quel sujet autant inspira Ion génie, One la Nativité, Jésus-Christ mis en (H»i\ . f.f |iiiMii( 1 des m.iri\is i|iii , dans s<ni agome , An ri»! . ponr ses lionnca'ix . eirNc cneoi' la \<»i\ ?

Toi , des nnilateui's dr j.i Im'IIc nalnie . f)<' (on«. Il |ilns f('( (iiid . il' |ilns Mix<'inrn\ .

Admirable Vernet , le calme , une onde pure , Les effets d'un beau ciel , ou les vents furieux Tout-à-coup excitant un effroyable orage , Et brisant les vaisseaux contre les noirs rochers ; Les hommes ballottés , se sauvant à la nage , Gravissant les écueils , échappés aux dangers ; Enfin , ces vastes ports , l'orgueil de notre France , Leur horizon , ces mâts , ce grand concours des arts , Hôtels , travaux , commerce, aspects de l'abondance, Dans tes nombreux tableaux , enchantent nos regards.

Brûlant de parvenir au temple de ménioire , Les artistes vivans , de chefs-d'œuvre nouveaux , Vont orner ce salon , théâtre de leur gloire (^24), Ou brillent les beaux arts , avec des droits égaux. Là , de tous les pays se succède , sans cesse , Un peuple policé d'amateurs curieux , Attirés par le beau , digiies de leur richesse , Et couvrant d'or l'objet cjui captive leurs yeux.

Artistes , j)his que l'or chérissez la critique ,

Ces beaux-arts qui, pour vous, ont de si grands attraits,

Dans ces jours solemiels , la censure publique ,

Et la vôtre , surtout , assurent leurs progrès.

La vérité vous sied , et la noble franchise ,

Pure de toute envie , atteste le talent.

Emules généreux , il vous inunortalise ,

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