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CfUr pièce est dr la liinesU' aiiiitr ilu ilioItT.i i I85'2), r.iitr»' aiilics viclimcs iCi;ivUabks, cv leniblc tlcau cnh'va, au conuueiict'iiK'iii de son coui-s de uicdeeiiic , ri i)ivs(ia'en <|uittant le pensionnat de notre collé}»»', Auguste .Maignée *, l'un des plus ainiahles et des plus Ibrts élèves (pie j'aie eus, (pii, pendant loules ses études, î>*élait , aujug<'Uienl de ses ntaitivs comme de ses condieiplos, rendu le plus recomniandable di*s ëcoliei"s de son temi)s , par ses vertus et si*» succès. Sa iM'rle nous causa une vive douleur. Sa tendre mère (pii avait pris de si j;rands soins pour lui ins|>irerune snlide pié'té, snp|M^rta ce malheur avec une admirable résij^nalion. l'n de mes plus jeunes élèves, (jui n'avail jamais tail (le >ers lran(;ais ', se ciut assez inspiré p;ii" ses alléclueux sentiinens, pnur leuicr l'honorable essai d'une élégie sur ce d(''])lui-abl(; e\enemenl. Je la place ici , connue un monument l'Ievé à un écolier >eilueu\ , par un condisciple dii/rir d<- lui.
* Ko sVnfuyanl de Paris, il Tut atteint de la iiuiladif ù Courville , où rrponrnl m-^ rpsti"^ honortW trimc in<<(Tiption compustr pur un «M^vc <lu collégr.
*• No» réftlftnrno dC-fi-ndt-nt sagonMiil A'\ exercer les élèves, ù cuusi' de Iti («erte de Icinp» qui m rronllernit.
Quel horrible lléau , diinsnos Irisles cilés \'i! lit répandre le deuil et les calamités ! D'arrêter sa fureur on n'a plus l'espérance. Le Bengale , en son sein , le vit prendre naissance. Ce monstre décimant les peuples malheureux. Pénètre jusqu'aux bords , autrefois si fameux , Oii , fier de traverser des <\impagnes fécondes, L'Indus roule en grondant les trésors de ses ondes. Du pays alarmé les pâles habitans Veulent fuir : sous ses coups ils tombent expirans. Bientôt il prend l'essor sur l'élément liquide ; I! vomit SCS poisons dans sa course rapide.
Après avoir franchi le vaste sein des mers , Dans l'antique Albion il infecte les airs , Au loin jette l'effroi sur ces tristes pai"ages , Et court chez les Français étendre ses ravages. Dans les murs de Paris déployant sa rigueur , Il y sème paitout une soml)re terreur.
On n'entend plus au sein de ces tristes murailles Que le sourd roulement du char des funérailles. L'un vient redeniandeiceux qu'il a tant chéris , Et l'airain gémissant répond seul à ses cris. L'autre part , il redoute une attaque subite ; Heureux , si le fléau ne l'atteint dans sa fuite !
De ses tendres pareus brillant et doux espoir , Auguste , dans Paris , |)uisait le vrai savoir. Pour aller aux beaux-arts consacrer son génie . Il venait de quitter le solde sa patrie. \u premiei' brnil du mal , d'cpcjuvante saisi , De sa mère , aussitôt , le co-ur a tressailli : < Accours vei-s tes pareus , hàle-toi , lui dii-ellr ' De \rnii' dissiper iKiin- t'tavenr mortelle : '
Ki.tc.n:.
h«' I. Mirer |(>s lolllN .iVJiicilt flli (If Sfs \(ll\ ; Il ir;tprn«-\;iil |»liis h-m-s sixiiiiitib oi«,'ut'iiU'UX. MU If [Kiiiil de ifNdir Irs lieux de son eiirance . \ii{;ustt' ftail rcnipli d'espoir, de conlhiiiee . I.(M-S(|ii";uiii(tn<;ant le suri doiH il esi nieiKie<' .
I II frisson le saisit , et son sang est glace.
Arrête! arrête! o eiel , daigne épargner sa \ii-
«iiand Dieu, ne permets pas(|u'elle lui soit ravie !
.Mais les t'iroits de l'art sont inipuissans : liélas ! yuel ait humain pourrait i'arraeher au trépas?
< > toi , ( iindiMipIf lidelf .
(,>iii, pour le soulager, près de lui l'euipress^iis ,
i'-u'U!' généreux ' , aneun sneeès .Na donc récompense ni les soins ni ton zèle I
— Toujours , toujours mou triste etpur Aiuie à se ra|>peler sa dernière prière.
\u milieu de notre doideur, S«' voyant sur le point d'ahandnnn<i la terre .
II me lait approcher, et me si'rrani la main :
« Quel service , après moi , tu peux encor rne i f mlif .' » Calme le désespoir d'une mère si tendre . 1 Vm lui disant ces lieux où Je serai demain. •
Aux débiles accens de (elle \(iix sinistre .
Qui n'aurait pas vei-sé des pleui-s' 'roiirnanl ses veux ('leinls vers le pieux Miiiisire,
Kl sans partager nos lerrem-s :
f Je vais mourir , dii-il , loin de loni ( c ijuc j'aune . * iMi lien (|ni m'a mi naiire, el de mes doux parens. > ilelas! pinsipraiiciin d'eux , dans ( c moine ni siipiènif » Vadoucira l'horrfiir de ( es ci iids insians . » F.nvoyc du TnVIlanl , \(tiis donl la hinilaisaiK f
* r^mr , jeune étudiani rn m^drcinc , qui, rc«fiianl de l'un» a\iT AuRuili- MaigriN*, mla uiiprèA de Itn ,i ( ixir^illr, |i(iiit lui prddiitun lo »rrniiri de l'.irl rl de l'amilK.
Dans iiuju cd'ur aballu ramène l'espérance, * Qui venez de ni'duvrir le chemin vers les deux , » Âh ! ne rejetez pas le plus doux de mes vœux ! » Bientôt mes yeux mourans vont perdre la lumière : ^ Demeurez près de moi !... tenez-moi lieu de mère ! » Le Pasteur attendri ne l'abandonne pas ; Et l'implacable mort l'a frappé dans ses bras.
Quand à ce triste jour succède la nuit sombre , Dans ce lieu solitaire , on aperçoit dans l'ombre Un jeune adolescent , les yeux baignés de pleurs , S'avancer vers la tombe , y jeter quelques fleurs ; De regrets , de soupirs il repaît sa soulfranc^e , Puis se levant enfin , il s'éloigne en silence ; Vers des cyprès voisins il dirige ses pas. Là , sous l'ombrage épais des arbres du trépas , Pour soulager les maux dont son âme est atteinte , En ces tendres accens il exhale sa plainte :
« Auguste !... ce seul nom réveille ma douleur !
) Ton image présente en moi la renouvelle...
» Auguste !... tu n'es plus !... ma voix en vain t'appelle :
» J'ai perdu mon seul bien... pour moi plus de bonheur !...
1 Hélas ! qui uk; rendra l'ami de mon enfance ?
t Qui pourrait égaler ses vertus , sa candeur,
1» La bonté de son cœur, > Sa sincère amitié , son aimable innocence ?
» La vertu , pour toujours , me paraît avoir fui : » Partout je n'aperçois que fraude , que malice ,
» Partout on voit le triomphe du vice ; >' Non , ce siècle pervers n'était pas fait pour lui !
» Pourquoi pleurer cette perle cruelle?
» Pourquoi ces soupirs douloureux ?
» L'absence n'est point éternelle :
» il n'est pas loin le joiu- heureux.
» I '» KLKl.lt.
» «Ml (It's liiMis (lu coips mon ùmc (U'Iivice , » A l'altri , désormais , «les caprices du sort ,
» Vci-s la voûte azurée
» Va piendre son essor.
» Ton image «si toujoin's pivsente à ma Icndresse : » Ali ! «|iiaii«l le «lou\ pi'intcmps l't'vcrdiia nus bois, ) Oui . mon ami, jf veux promener ma tristesse . Alix lieux «>ii,i<' !«' vispourla (l<'rni«''r«' fois. » An iiin«'l»i«' séjour oîi tu pcnlis la vi«' ,
• i'Iem «le ton souvenir et de mélancoli«' ,
> Je vi«'n(li-ai (rniie aimaMe Heur » Orner ton simple maus«)li'e, > Kt sur la loml>e , «'iicor, de mes lai nu s mouillée . » Ue«lir«' l'hymne de douleur!... »
l'dur s«ni «i«'niier adieu , (!«' ses lèMcs presse»linliiie sur la pieiK- , il la tieiil eml>iass«T. Il rahaiidonni* , enlin , tout Iniinide «le pleurs . I II ninrmuranl c«'sniots: « Ici «lori sons «es llenis ( ) lui (pii du ll«-au tut rin!ioc<'iit«' proi«' !
• \ii printem[)S «le ses jours, à lui Dieu ra|ip«'la.
» \riius, lalens, j«'iiness«' , «•! mon ««eur el ma joie I Tout «st la !!!... •